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L'"enfer", "la peine, "la douleur", Marseille s'est réveillée sous le choc lundi, 24 heures après l'effondrement d'un immeuble du centre-ville qui a fait au moins deux morts, les secours fouillant sans relâche les décombres à la recherche d'autres disparus.
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Le ministre du Logement Olivier Klein est attendu dans la ville lundi matin, alors qu'environ 200 personnes, dont des familles, ont également dû être évacuées de leur domicile par précaution après le drame.
"Cette nuit la peine et la douleur sont grandes", a réagi le maire de la deuxième ville de France, Benoît Payan lundi vers 02H00 du matin, quand les marins-pompiers ont annoncé avoir retrouvé deux corps sans vie dans les gravats de l'immeuble d'habitation du 17 rue de Tivoli, abritant cinq appartements, qui s'est écroulé brutalement après une énorme déflagration la nuit précédente.
Les deux immeubles contigus ont été très endommagés et cinq de leurs occupants ont été légèrement blessés. Un de ces bâtiments s'est effondré plus tard dans la journée, ensevelissant la scène sous encore plus de gravats mais sans faire de blessés chez les sauveteurs. L'autre menace également de s'affaisser.
La procureure de la République de Marseille Dominique Laurens avait indiqué dimanche soir que les secours cherchaient toujours huit personnes présumées disparues, qui ne répondaient à "aucun appel" de leurs proches.
Ce sont "des personnes d'un certain âge et un jeune couple d'une trentaine d'années", mais il n'y aurait pas d'enfants ou de mineurs, avait précisé Mme Laurens. Aucune précision n'a été donnée sur l'identité des deux corps découverts dans la nuit. La procureure avait également évoqué dimanche une neuvième personne "qui serait actuellement recherchée au niveau du 19 rue de Tivoli".
- Recherches sans relâche -
"L'enfer", titre lundi le quotidien régional La Provence avec une photo barrant toute sa Une prise quelques heures après l'effondrement montrant des marins-pompiers sur les décombres de l'immeuble qui obstruent la rue, dans un nuage de fumée causé par un incendie qui a des heures durant dimanche empêché hommes et chiens de recherche d'aller fouiller les décombres à la recherche d'éventuels survivants.
Dans une ville marquée ces dernières semaines par la multiplication de fusillades mortelles liées au narcotrafic ayant coûté la vie à plusieurs jeunes d'arrondissements populaires, l'effondrement de l'immeuble du 17 rue de Tivoli, dans un quartier résidentiel, proche de rues aux cafés et restaurants très animées, a causé un nouveau choc.
"Je partage l'angoisse des familles et des proches et je salue les efforts et la persévérance de tous les sauveteurs", a écrit dans un message aux habitants le cardinal de Marseille Jean-Marc Aveline. La "communauté chrétienne de Marseille qui fête Pâques, se joint à moi pour exprimer notre solidarité et notre compassion", avec les personnes touchées par ce drame.
Comme souvent à Marseille, la solidarité s'est organisée. De nombreuses associations de parents d'élèves du quartier et des habitants se sont mobilisés pour proposer hébergement, vêtements et aide psychologique aux personnes évacuées par précaution d'immeubles environnants. La mairie a organisé des hébergements et un centre d'accueil des familles, avec aide psychologique, pour les proches de personnes portées disparues, a été ouvert.
"On a très vite senti une forte odeur de gaz, qui est restée et qu'on a encore sentie ce matin", avait ainsi indiqué à l'AFP Savera Mosnier, habitante d'une rue proche.
Même si le drame de dimanche a réveillé les images d'un précédent effondrement meurtrier (huit morts) de deux immeubles, insalubres ceux-là, en novembre 2018, rue d'Aubagne, dans un autre quartier du centre de Marseille, la situation est bien différente. Rue de Tivoli, "ce ne sont pas du tout des immeubles insalubres", ont souligné maire, procureure et préfet.