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La mère de la fillette de cinq ans retrouvée morte dans les Vosges a laissé éclater sa colère mercredi, au lendemain de l'arrestation d'un adolescent qui, selon des riverains, avait déjà été hospitalisé en psychiatrie.
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"Je suis détruite", "c'est trop douloureux", a déclaré la mère de la victime, en larmes devant des journalistes sur le pas de sa maison de la petite ville de Rambervillers, où des bouquets de fleurs ont été déposés.
Le corps de l'enfant, déshabillé, a été découvert mardi après-midi dans un sac, à l'intérieur d'un appartement appartenant à un bailleur social, dans cette commune de 5.000 habitants.
Dans la matinée, l'adolescent, dissimulé sous une couverture, a été brièvement ramené par les gendarmes dans l'appartement. Ils en sont repartis au bout de quelques minutes, les forces de l'ordre ne faisant aucun commentaire.
"Hier à 13h00, il était derrière la maison, il m'a demandé si j'avais besoin d'un coup de main, il était toujours volontaire", a témoigné auprès de l'AFP Sefa Sackan, 44 ans, voisin du suspect. "Je ne l'ai jamais vu avoir un comportement bizarre auprès de mes enfants".
Mais d'autres riverains ont au contraire décrit un jeune homme provocateur voire menaçant. L'un d'eux a ainsi rapporté une "altercation" qui s'était produite l'an dernier.
"Il avait dit à ma petite-fille de 11 ans +je vais te violer+", a raconté Mario, un brocanteur âgé de 55 ans, qui refuse de donner son nom de famille.
"On le voyait tout le temps traîner partout et insulter tout le monde. Il importunait tous les enfants. J'ai appris qu'il avait un logement ici, il vivait seul, sa mère lui louait un logement", a-t-il complété.
Selon plusieurs riverains, le jeune homme avait effectué des séjours dans les hôpitaux psychiatriques de Rouffach (Haut-Rhin) et Mirecourt (Vosges).
- "Connu de la police" -
"Pour quelle raison ils l'ont laissé sortir ?", s'est insurgée la mère de la victime, âgée de 34 ans.
"Celui qui a fait ça, je veux qu'il paye bien, parce que moi je paye avec toute ma vie", a ajouté cette femme aux cheveux noirs, portant un épais gilet de laine grise.
Elle a confirmé avoir alerté les forces de l'ordre mardi en début d'après-midi après avoir constaté la disparition de son enfant.
"Les agents de la police municipale sont intervenus dans un premier temps, ce sont eux qui ont découvert le corps, et puis les secours sont venus, ils ont essayé de faire des massages cardiaques, mais il n'y avait rien à faire, il était trop tard malheureusement", a raconté le maire, Jean-Pierre Michel.
Selon lui, l'adolescent était "connu de la police municipale et certainement de la gendarmerie, pour des faits apparentés à des atteintes sexuelles".
"Il aurait attiré des jeunes enfants pour avoir des gestes sexuels déplacés", a précisé le maire de la cité située à une trentaine de kilomètres au nord-est d'Epinal.
"Ce jeune homme avait été placé. Il n'y a que quelques semaines qu'il était réapparu sur le territoire de Rambervillers, ce qui inquiétait un petit peu la police municipale, qui était attentive", a déclaré M. Michel. "Tout le monde est retourné (...) Un enfant qui décède, si c'est accidentel, c'est dramatique, mais dans de telles conditions, c'est encore plus douloureux, c'est inexplicable".
De nombreux habitants se sont dit "choqués" du drame qui s'était joué dans la commune.
"Je n'ai pas dormi de la nuit, ça m'a traumatisée", a expliqué une voisine, Florence Idoux, 53 ans. "Je pense aux parents de la petite fille, les pauvres. Ça me fait de la peine".
Selon le parquet d'Epinal, le procureur de la République pourrait donner une conférence de presse jeudi.