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L'Ukraine a qualifié mardi la Russie d'"Etat terroriste" devant la Cour internationale de justice (CIJ), l'accusant notamment d'avoir détruit un important barrage.
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Les deux pays présentent cette semaine leurs arguments aux juges dans une affaire dans laquelle Kiev accuse Moscou d'avoir soutenu les rebelles séparatistes dans l'est de l'Ukraine depuis 2014.
Ce soutien, bafouant le droit international, a été un signe avant-coureur de l'invasion de février 2022, selon la délégation ukrainienne.
"La Russie ne peut pas nous vaincre sur le champ de bataille, alors elle cible les infrastructures civiles pour essayer de nous réduire à la soumission", a lâché le représentant ukrainien Anton Korynevych devant la plus haute juridiction de l'ONU.
"Rien qu'aujourd'hui, la Russie a fait sauter un barrage majeur situé à Nova Kakhovka", a-t-il poursuivi.
"Les actions de la Russie sont les actions d'un Etat terroriste, d'un agresseur", qui ne sont "pas apparues de nulle part", a-t-il ajouté.
La Russie nie avoir financé ou soutenu les rebelles et, aujourd'hui, Kiev et Moscou s'accusent mutuellement de la destruction du barrage hydroélectrique de Kakhovka dans le sud de l'Ukraine.
- "Eradication culturelle" -
L'Ukraine allègue dans cette affaire portée devant la CIJ en 2017 que la Russie a enfreint les conventions de l'ONU sur le financement du terrorisme et sur les discriminations raciales et demande des dédommagements pour des attaques des rebelles séparatistes.
Le conflit avec les séparatistes prorusses a fait près de 13.000 morts depuis son déclenchement début 2014, un mois après l'éviction du président prorusse Viktor Ianoukovitch suivie de l'annexion par Moscou de la péninsule de Crimée.
Parmi les victimes figurent les 298 personnes tuées dans la destruction par un missile de fabrication russe de l'avion du vol MH17 de Malaysia Airlines en juillet 2014.
Kiev a déposé une autre requête devant la CIJ à la suite de l'invasion de 2022, accusant Moscou de planifier un génocide. La CIJ a dans cette affaire ordonné à la Russie de suspendre son offensive.
Mais, selon l'Ukraine, le mépris de Moscou pour le droit international ne date pas de l'année dernière.
"À partir de 2014, la Russie a illégalement occupé la Crimée, puis s'est engagée dans une campagne d'éradication culturelle, visant les Ukrainiens de souche et les Tatars de Crimée", a martelé M. Korynevych.
Avec son invasion, Moscou "essaie maintenant de nous effacer complètement de la carte", a-t-il lancé.
Les avocats de la Russie s'adresseront jeudi à la CIJ, créée après la Deuxième Guerre mondiale pour régler les différends entre les Etats membres de l'ONU. D'autres audiences sont prévues pour la semaine prochaine.
- "Exemple tragique" -
Un tribunal néerlandais a condamné par contumace l'année dernière deux Russes et un séparatiste ukrainien à des peines d'emprisonnement à perpétuité pour la destruction du Boeing du MH17.
Des responsables russes se sont rendus "coupables de financement du terrorisme" en fournissant le missile, en sachant que les rebelles l'utiliseraient pour abattre un avion, a estimé la délégation ukrainienne devant la CIJ.
Ce drame est "un autre exemple tragique des conséquences de la non-coopération totale de la Russie" dans le cadre de la convention de l'ONU contre le terrorisme, a lancé l'avocat David Zionts.
La Russie a également fourni aux rebelles des systèmes lance-roquettes utilisés contre des civils dans l'est de l'Ukraine en 2015, a relevé l'avocate Marney Cheek.
Rendre un jugement dans cette affaire pourrait prendre des années. Pendant ce temps, la Russie fait face à une série d'actions en justice à La Haye. La Cour pénale internationale (CPI) a émis en mars un mandat d'arrêt contre Vladimir Poutine.