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Le policier qui a tué le jeune Nahel lors d'un contrôle routier reste en prison, a décidé la cour d'appel de Versailles jeudi, jour de retour à une situation "à peu près normale" après plusieurs nuits de violences urbaines.
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En déplacement à Pau, le président Emmanuel Macron a promis de "continuer de travailler" pour répondre aux difficultés des quartiers mises en lumière par une semaine d'émeutes, en soulignant que "la première réponse, c'est l'ordre et le calme, la concorde".
"On est revenu à peu près à une situation normale", s'est réjouie de son côté la Première ministre Élisabeth Borne, en visite à Lisieux (Calvados) dans un quartier touché par les violences urbaines.
"Comment expliquer ces violences ? On a besoin de comprendre, de prendre le temps du diagnostic", a-t-elle ajouté, critiquant les analyses "simplistes" de la droite et l'extrême droite qui attribuent les violences à une immigration mal maîtrisée.
A Versailles, la chambre de l'instruction de la cour d'appel a décidé dans la matinée le maintien en détention provisoire du policier auteur du tir contre Nahel, 17 ans, dont la mort le 27 juin a embrasé de nombreux quartiers du pays.
Ce motard de la police de 38 ans, Florian M., avait été mis en examen pour homicide volontaire et écroué le 29 juin.
Ce maintien en prison est "totalement désespérant" pour lui, a estimé son avocat, Me Laurent-Franck Liénard, qui a évoqué sur BFMTV une nouvelle "cauchemardesque". "Il garde espoir, il va continuer à se battre mais est-ce qu'il en aura encore l'énergie ?", a-t-il ajouté.
Le procureur général près la cour d'appel de Versailles a par ailleurs rejeté une requête en dépaysement déposée par Me Yassine Bouzrou, avocat de la famille de Nahel, qui visait à transférer le dossier, instruit à Nanterre, vers une autre juridiction.
Devant les enquêteurs de l'Inspection générale de la police nationale (IGPN), Florian M. s'est expliqué sur son tir mortel lors d'un contrôle routier effectué avec un autre policier.
Florian M. a justifié son tir en faisant valoir qu'il craignait que l'adolescent "embarque" son collègue en redémarrant.
- Classe politique divisée -
A la suite de la mort de Nahel, plusieurs nuits ont été marquées par des heurts entre émeutiers et forces de l'ordre, des scènes de pillages, des jets de mortiers d'artifice et cocktails Molotov sur des bâtiments publics et de nombreux incendies de voitures et de poubelles.
Après une baisse d'intensité en début de semaine, le retour au calme s'est confirmé dans la nuit de mercredi à jeudi avec 20 interpellations, selon un bilan provisoire du ministère de l'Intérieur.
De leur côté, l'IGPN et son pendant pour la gendarmerie, l'IGGN, ont été saisies de 10 enquêtes sur les agissements des forces de l'ordre depuis le début des violences, selon le ministre de l'Intérieur Gérald Darmanin.
L'une de ces enquêtes est menée par l'IGPN après la grave blessure à la tête dont a été victime un jeune homme, actuellement dans le coma, à Mont-Saint-Martin (Meurthe-et-Moselle), où intervenait le Raid le 30 juin.
D'autres investigations, menées par l'IGPN et la police judiciaire, concernent la mort d'un homme de 27 ans dans la nuit de samedi à dimanche à Marseille, possiblement victime d'un tir de projectile de "type flash-ball", selon le parquet.
La mort de Nahel et les violences urbaines qui ont suivi ont jeté une lumière crue sur les maux de la société française, des difficultés des quartiers populaires aux relations houleuses entre jeunes et forces de l'ordre.
La classe politique est profondément divisée sur ces sujets.
Interrogée jeudi sur France 2, Marine Le Pen (RN) a estimé que ces émeutes ne venaient pas d'"un problème social" ou "de pauvreté", en relevant que "des centaines de milliers" de parents modestes éduquaient "correctement leurs enfants".
A gauche, La France insoumise (LFI) a appelé, avec plus de 90 autres organisations, à des "marches citoyennes" samedi pour réclamer une réforme de la police et un traitement social des banlieues.