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Des milliers de personnes manifestent mardi en Israël pour dénoncer le projet de réforme judiciaire porté par le gouvernement de Benjamin Netanyahu, avant un vote clé au Parlement sur une des dispositions contestée du projet.
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"Nous vivons des jours tragiques (...) Face à un gouvernement (...) qui se précipite pour détruire la démocratie. Nous seuls, les citoyens, pouvons arrêter le train de la dictature", ont déclaré les organisateurs dans un communiqué appelant à cette nouvelle journée de mobilisation.
Depuis l'annonce en janvier du projet controversé, des dizaines de milliers de personnes manifestent chaque semaine dans le pays, dans ce qui est considéré comme l'un des plus grands mouvements de contestation de l'histoire d'Israël.
Non loin, des militants du groupe de vétérans de l'armée "Ahim laneshek" (Frères d'armes en français) ont formé une chaîne humaine pour bloquer la principale entrée du quartier général de l'armée.
- Moments "décisifs" -
Des milliers de personnes prenaient part à ces manifestations en milieu de matinée à travers le pays, selon des médias locaux. La police a fait état de deux arrestations pour "trouble à l'ordre public".
Cette journée fait suite au vote la semaine dernière en première lecture par le Parlement d'une mesure de la réforme visant à annuler la possibilité pour le pouvoir judiciaire de se prononcer sur le "caractère raisonnable" des décisions du gouvernement.
Et elle intervient alors que la commission parlementaire des lois poursuit mardi ses débats afin de la présenter dans les prochains jours au vote définitif du Parlement.
La clause dite de "raisonnabilité" avait contraint en janvier M. Netanyahu à démettre de ses fonctions le numéro deux du gouvernement Arié Dery, condamné pour fraude fiscale, suite à l'intervention de la Cour suprême.
"Nous sommes ici parce que nous voulons sauver notre économie", a dit à l'AFP Inbal Orpaz, 36 ans, employée dans la high-tech, venue manifester à Tel-Aviv.
"Depuis que la réforme est lancée nous voyons l'impact sur notre économie", dit-elle, déplorant notamment une baisse des investissements dans les start-up.
"Ce mois et cette semaine sont décisifs car nous saurons dans moins d'une semaine si cette première disposition du projet va passer (...) et nous ferons de notre mieux pour la stopper", ajoute-t-elle.
La réforme que défend le gouvernement, formé fin décembre avec le soutien de partis d'extrême droite et de formations ultra-orthodoxes juives, vise à accroître le pouvoir des élus sur celui des magistrats.
Le gouvernement estime qu'elle est nécessaire pour assurer un meilleur équilibre des pouvoirs, mais ses détracteurs y voient une menace pour la démocratie et ses garde-fous institutionnels.
"Par le biais d'actes de désobéissance civile non violents, nous continuerons à protester dans les rues jusqu'à l'annulation complète de la réforme", a déclaré à l'AFP Josh Drill, un des porte-parole du mouvement de protestation.
- Herzog à Washington -
D'autres mesures de cette réforme provoquent le mécontentement des manifestants, comme celle modifiant le processus de nomination des juges qui a déjà été adoptée par les députés en première lecture.
Une autre clause voulue par le gouvernement, dite "dérogatoire", qui vise à permettre au Parlement d'annuler à la majorité simple une décision de la Cour suprême, a elle été "abandonnée", avait assuré fin juin M. Netanyahu.
Ce projet de réforme suscite également des critiques à l'étranger.
Le président américain Joe Biden avait notamment appelé fin mars le gouvernement israélien à trouver un compromis.
Les deux dirigeants ont discuté lundi au téléphone, selon le bureau du Premier ministre israélien qui a annoncé que M. Netanyahu avait été "invité" aux Etats-Unis pour rencontrer M. Biden.
Interrogé à ce sujet par des journalistes, un porte-parole de la Maison Blanche, John Kirby, a indiqué que MM. Biden et Netanyahu étaient "tombés d'accord pour se rencontrer, probablement avant la fin de l'année", peut être "durant l'automne".
En attendant, M. Biden va accueillir mardi à Washington le président israélien Isaac Herzog, qui joue un rôle essentiellement protocolaire. Avant son départ pour les Etats-Unis, M. Herzog avait aussi appelé les parties israéliennes à trouver un compromis.