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L'incendie d'un gîte de vacances accueillant des handicapés mentaux légers a fait neuf morts et deux disparus mercredi à l'aube près de Colmar, soit le bilan le plus meurtrier en France depuis sept ans.
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En début d'après-midi, une équipe de l'AFP a pu voir les sauveteurs évacuer les premiers corps du bâtiment éventré par l'incendie, une maison à colombages de style alsacien qui avait été rénovée il y a quelques années.
"Trois (victimes) à ce stade ont pu être extraites du bâtiment, mais nous sommes toujours à la recherche de deux dépouilles que nous n'avons encore pas pu trouver ou localiser", a déclaré à la presse le lieutenant colonel Philippe Hauwiller, commandant de l'opération de secours.
Les victimes ont été retrouvées à l'étage ainsi que dans une mezzanine effondrée. Certaines personnes présentes à l'étage ont pu sortir mais pas toutes, selon M. Hauwiller.
Le sinistre est le plus meurtrier enregistré en France depuis l'incendie d'un bar à Rouen en 2016.
Les pompiers ont été alertés vers 06h30 pour ce bâtiment situé au lieu dit La Forge, un hameau entouré de collines vertes.
"On a été réveillés par notre fils très tôt. En sortant, on a vu un panache de fumée énorme", a témoigné à l'AFP une voisine, Solange Halter, 61 ans.
Florine, une voisine de 23 ans qui ne veut pas donner son nom de famille, raconte avoir vu "un gros nuage de fumée, de grosses flammes".
"Face à cette tragédie, mes pensées vont aux victimes, aux blessés, à leurs proches", a écrit le président Emmanuel Macron sur le réseau social X (ex-Twitter), tandis que la Première ministre Elisabeth Borne est attendue sur place.
- 17 évacués -
Le bâtiment accueillait pour les vacances deux groupes d'adultes en situation de handicap, encadrés par deux associations, a précisé la préfecture du Haut-Rhin. Parmi elles, une association de Nancy du nom d'Oxygène vacances adaptées, qui n'a pas souhaité communiquer.
Le secrétaire général de la préfecture du Haut-Rhin, Christophe Marot, a précisé que 28 personnes se trouvaient sur place au moment du sinistre et que seules 17 d'entre elles ont été évacuées.
"On dénombre une personne en urgence relative évacuée vers l'hôpital et une personne choquée", selon la préfecture.
Les rescapés ont été emmenés dans une salle communale de Wintzenheim, dont les forces de l'ordre filtraient l'accès. Une famille de Nancy était sur place, selon l'adjoint au maire, Daniel Leroy, précisant qu'il est compliqué de contacter les proches.
Le bâtiment a été le théâtre d'un "embrasement généralisé", selon les pompiers. C'est la propriétaire du gîte, habitant à proximité, qui a donné l'alerte à 06h33. Les pompiers sont arrivés sur place à 06h45, selon M. Marot.
- "En plein sommeil" -
L'adjoint au maire, arrivé vers 07h00, a rapporté qu'il "n'y avait déjà plus rien".
"Le bâtiment était entièrement consumé dans sa partie haute, la toiture était complètement effondrée", a-t-il dit. Selon lui, les occupants ont été "surpris en plein sommeil, tout le monde dormait".
En milieu de journée, les ruines continuaient à dégager de la fumée, surplombées par des pompiers dans une nacelle.
Le toit a été détruit par les flammes et au premier étage, l'armature en bois, carbonisée, est visible. D'autres pompiers déblayent le sinistre.
Les personnes manquantes sont un encadrant et dix adultes handicapés mentaux légers, a précisé M. Marot, disant n'avoir "aucun élément" sur les causes du sinistre. Une enquête judiciaire a été confiée à la vice-procureure de la République de Colmar, Nathalie Kielwasser, a-t-il dit.
Dès l'alerte, le Codis (centre opérationnel départemental des services d'incendie et de secours) a déployé 76 sapeurs-pompiers, quatre fourgons incendie, quatre ambulances, un poste médical avancé et trois échelles pour circonscrire l'incendie et assurer la prise en charge des victimes, a spécifié la préfecture. Quarante militaires de la gendarmerie sont également mobilisés.
Le bâtiment est une ancienne grange rénovée en gîte de 500 m2 avec deux étages et des combles, selon les pompiers.