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Le terrible incendie qui a quasiment rasé une ville de l'île américaine de Maui a fait au moins 67 morts, selon un nouveau bilan provisoire communiqué vendredi, au moment où les habitants commencent à regagner les ruines calcinées laissées par l'une des pires catastrophes naturelles de l'histoire récente de l'archipel d'Hawaï.
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Le comté de Maui a annoncé "12 morts supplémentaires" recensés à la mi-journée. Cela porte le total à 67 victimes, un bilan encore plus meurtrier que le tsunami de 1960 qui avait fait 61 morts sur l'île d'Hawaï.
"Sans aucun doute, il y aura d'autres morts", a averti le gouverneur d'Hawaï, Josh Green, sur CNN.
Fulgurant, le feu a quasiment anéanti la ville historique de Lahaina, ancienne capitale du royaume de Hawaï au XIXe siècle.
Maisons, commerces, voitures: la plupart des éléments de cette station balnéaire de 12.000 habitants ne sont plus qu'un tas de cendres dans une ville presque fantôme, a constaté sur place une journaliste de l'AFP.
Les survivants viennent d'être autorisés à revenir à Lahaina et découvrent au compte-gouttes cette zone qui semble avoir été bombardée.
Parmi eux, Anthony La Puente a retrouvé sa maison réduite à un tas de cendres encore chaudes, au milieu desquelles une timbale a étrangement survécu.
"C'est dur de ne pas pouvoir retrouver les choses avec lesquelles on a grandi, les choses dont on se souvient", a-t-il confié à l'AFP, après avoir vécu 16 ans dans cette habitation. "Ca fait mal, ça vous affecte émotionnellement."
Le président Joe Biden s'est entretenu avec le gouverneur Josh Green, a fait savoir vendredi la Maison Blanche. Le démocrate a décrété jeudi l'état de catastrophe naturelle à Hawaï, ce qui va permettre de débloquer d'importantes aides fédérales pour financer les secours, hébergements d'urgence et efforts de reconstruction.
Alimentés par des vents nourris par la force de l'ouragan Dora, qui passe actuellement dans l'océan Pacifique, les flammes ont pris la population de court: des dizaines d'habitants se sont ainsi jetés à la mer pour échapper aux flammes, selon les garde-côtes.
- Mauvaise gestion de crise? -
Traumatisés par la vitesse du feu, les survivants de Lahaina ont raconté avoir dû fuir en un rien de temps.
L'incendie était "aussi intense que l'enfer", a raconté à l'AFP Ekolu Brayden Hoapili. Il a bien cru mourir et s'est senti "impuissant et sans défense".
Dans la panique, "j'ai laissé plein de gens derrière moi", a regretté cet habitant de Lahaina. "J'aurais dû faire quelque chose, aider, mais je me serais mis encore plus en danger. Si je l'avais fait, je ne serais pas ici."
L'efficacité du système d'alerte à Hawaï commence à être mise en cause. Le numéro d'urgence 911 ne fonctionnait pas dans certaines zones au moment du sinistre et Maui a été victime de coupures de courant et de réseau massives.
Les sirènes censées retentir en cas d'incendie n'ont pas été actionnées, a confirmé à CNN un porte-parole de l'agence responsable de la gestion des crises à Hawaï. Il a précisé que des alertes avaient été envoyées sur les portables des habitants, et diffusées à la radio et à la télévision.
Un couvre-feu va être mis en place entre 22h et 6h à Lahaina "pour protéger les habitations et propriétés" qui restent, a annoncé le comté de Maui.
Les rares résidents dont les maisons ont été épargnées par les flammes ont confié à l'AFP redouter des pillages.
Les pompiers luttent toujours pour éteindre complètement trois incendies toujours en cours sur l'île de Maui, selon les autorités.
Ces incendies ravageurs interviennent au milieu d'un été marqué par une série d'événements météorologiques extrêmes, partout sur la planète.
Les incendies se sont étendus en partie à cause d'une végétation "particulièrement desséchée" à Maui, qui a connu des précipitations en dessous de la moyenne ce printemps et des températures plus élevées que d'habitude, selon Thomas Smith, professeur de géographie environnementale à la London School of Economics and Political Science.