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Au moins trois morts dont deux adolescents, de nombreux blessés et des habitants traumatisés: un incendie s'est déclaré samedi dans un immeuble d'habitation de 12 étages à L'Île-Saint-Denis (Seine-Saint-Denis), près de Paris, provoquant un lourd bilan.
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Le feu a pris peu avant 10h00 au 9e étage et s'est propagé jusqu'au sommet d'un immeuble en briques apparentes de la cité Maurice Thorez, au coeur de cette île-commune insérée dans un méandre de la Seine, au nord de la capitale.
"Une cinquantaine de logements" ont été "impactés", a-t-elle ajouté, la préfecture évoquant dans un communiqué "une centaine" de personnes "impliquées".
D'après le parquet de Bobigny, sollicité par l'AFP, les trois victimes sont une adolescente qui s'est défenestrée, une femme née en 1976 et son fils né en 2009.
Parmi les blessés, 15 habitants ont été transportés en milieu hospitalier et quatre pompiers ont été légèrement blessés, selon la même source.
Une enquête pour "recherches des causes de la mort" a été ouverte et confiée au service de police judiciaire du département, a indiqué le parquet, précisant n'avoir pour l'heure "pas d'informations précises sur l'origine de l'incendie".
"Le feu est éteint, notre priorité est la prise en charge des victimes", a annoncé vers 15h00 un capitaine de la brigade de sapeurs-pompiers de Paris (BSPP). Il a décrit un "engagement éprouvant" pour les équipes, qui ont procédé à au moins "huit sauvetages de personnes bloquées dans les étages".
Un important dispositif de secours et de lutte contre l'incendie a été déployé, mobilisant environ 200 sapeurs-pompiers appuyés par 60 engins.
Les autorités de la petite ville de quelque 8.000 habitants ont transformé un gymnase en site d'accueil des habitants concernés par le sinistre. Un centre d'appui psychologique a été mis en place par la préfecture.
"Profonde émotion en pensant aux familles des trois victimes", a déclaré sur X, anciennement Twitter, le ministre délégué chargé du Logement, Patrice Vergriete. Sur le même réseau, la secrétaire d'État chargée de la Ville, Sabrina Agresti-Roubache, a annoncé se rendre sur place, où elle est attendue vers 19h30.
- Rénovation programmée -
En septembre 2021, un incendie non meurtrier s'était déjà déclaré dans la cage d'escalier de la même tour selon Jacques Paris, adjoint au maire chargé du patrimoine et de l'espace public. Depuis, les immeubles ont été rachetés par le bailleur social Seine-Saint-Denis habitat.
"On avait exigé que le repreneur fasse des vraies rénovations" de cette cité "qui date du début des années 1970" et "n'est plus aux normes actuelles", a-t-il expliqué. Sa "rénovation lourde" était "programmée", a ajouté M. Paris auprès de l'AFP.
La préfète Pantèbre a indiqué que "l'enquête (était) en cours sur l'état du bâtiment". "Un architecte est en train d'expertiser le bâtiment pour savoir si les habitants pourront être relogés ce (samedi) soir", a-t-elle ajouté.
Dans la cité Thorez, l'émoi était palpable parmi la soixantaine d'habitants réunis à l'extérieur.
D'après certains d'entre eux, une salle, au rez-de-chaussée d'un bâtiment voisin, a été réservée pour l'accueil des corps des personnes décédées. Un homme en est ressorti en pleurs, pris en charge par des proches.
"Quelqu'un à l'intérieur m'a appelée et j'ai appelé ma famille. Tout le monde est sorti par les escaliers à part les gens du 10, 11, 12 qui ne pouvaient pas sortir", raconte à l'AFP Jehovana Mvula 21 ans, étudiante infirmière, assise sur un bloc de béton à proximité de l'immeuble. D'après elle, c'est le quatrième incendie depuis 2014.
"On est sortis tout de suite", confirme son père, Maurice Mvula, qui habite au huitième étage. "Il y avait des très grosses fumées", ajoute ce menuisier à la retraite.
"Je suis descendu et j'ai frappé aux portes, il n'y avait ni alarme qui a sonné, ni rien. C'est le bouche-à-oreille" qui a permis de prévenir les habitants, témoigne à leurs côtés Roger Okitachungu, qui se dit "traumatisé".