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Plus de 43.000 personnes ont été déplacées selon l'ONU par les inondations meurtrières qui ont dévasté l'Est de la Libye, notamment la ville de Derna où les communications ont été rétablies jeudi après une coupure de 24 heures.
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Alors que les recherches se poursuivent pour retrouver des milliers de disparus présumés morts, l'Organisation internationale des migrations (OIM) a publié jeudi des statistiques revues à la hausse pour les personnes déplacées à la suite des inondations de la nuit du 10 au 11 septembre.
Le drame a provoqué le déplacement de 43.059 personnes et "le manque d'approvisionnement en eau aurait poussé de nombreuses personnes", initialement déplacées à l'intérieur de Derna, à la quitter pour d'autres villes de l'Est et de l'Ouest de la Libye, a précisé l'OIM.
Les besoins urgents des déplacés portent sur "la nourriture, l'eau potable, la santé mentale et le soutien psycho-social", a ajouté l'organisation.
Rongée par les divisions depuis la chute de Mouammar Kadhafi en 2011, la Libye est gouvernée par deux administrations rivales: l'une à Tripoli (Ouest) et dirigée par Abdelhamid Dbeibah, l'autre dans l'Est, incarnée par le Parlement et affiliée au camp du puissant maréchal Khalifa Haftar.
Mais les organisations humanitaires et les autorités libyennes craignent un bilan beaucoup plus lourd en raison du nombre de disparus, qui se comptent par milliers.
- "Restrictions injustifiées" -
Les réseaux téléphoniques et Internet avaient été coupés mardi soir et des journalistes avaient été priés de quitter Derna, au lendemain d'une manifestation d'habitants de la ville réclamant des comptes aux autorités de l'Est du pays, responsables selon eux de la catastrophe.
Les autorités avaient évoqué une panne, mais selon des analystes et des internautes, il s'agissait d'une coupure délibérée destinée à imposer un "black-out" après une large couverture médiatique de la manifestation de la veille.
Le "Forces armées arabes libyennes" (LAAF) du maréchal Haftar, qui tiennent d'une main de fer la ville de Derna depuis 2018, "doivent immédiatement lever toutes les restrictions injustifiées imposées aux médias et faciliter l'acheminement de l'aide humanitaire à toutes les communautés touchée", a indiqué jeudi Amnesty International dans un communiqué.
"Des témoins ont également informé Amnesty International de l'arrestation de critiques et de manifestants, dans le cadre des efforts des LAAF pour orchestrer et contrôler l'accès aux médias", a ajouté l'ONG.
Les inondations ont été provoquées par l'effondrement de deux barrages en amont de Derna après le passage dévastateur de la tempête Daniel.
Michael Langley, le patron du Commandement militaire américain pour l'Afrique (Africom) et l'ambassadeur américain en Libye, Richard Norland, sont arrivés jeudi à Benghazi, la grande ville de l'Est du pays, avec 13 tonnes d'aides de l'USAID, l'agence d'aide américaine, comprenant notamment des produits d'hygiène et des abris d'urgence, a indiqué l'ambassade américaine.
Le général Langley et M. Norland ont rencontré ensuite le maréchal Haftar. Lors de cette entrevue, le général Langley a souligné "l'importance de la formation d'un gouvernement national démocratiquement élu, de la réunification de l'armée libyenne et de la préservation de la souveraineté libyenne en éliminant les mercenaires étrangers", selon cette même source.
- "Identifier les corps" -
A Derna, des secouristes s'activent toujours pour retrouver les corps de disparus, en particulier en mer, des quartiers entiers ayant été emportés par les flots.
Le gouvernement basé à Tripoli a annoncé jeudi que les services de sécurités ont repéré des corps sur une zone s'étendant sur une centaine de kilomètres entre Derna et à al-Baida, plus à l'ouest. Une carte des emplacements des corps, a été remise aux services de secours pour pouvoir les récupérer, selon la même source.
Une équipe de la police d'Abou Dhabi, spécialiste dans l'identification des victimes de catastrophes, est arrivée jeudi dans l'Est du pays.
Celle-ci comprend notamment des experts et spécialistes dans la médecine légiste, l'ADN et les empreintes, a déclaré son chef, Issa Ahmad al-Awadhi, à des journalistes.
Le chaos en Libye a relégué au second plan l'entretien d'infrastructures vitales comme les barrages de Derna qui présentaient dès 1998 des fissures jamais réparées.
"Il est urgent d'établir les faits et les circonstances entourant la perte stupéfiante de vies humaines et la destruction à la suite de la tempête Daniel.
Cela inclut l'examen de la question de savoir si les autorités libyennes et ceux qui contrôlent de facto les zones touchées ont échoué à protéger les droits de la population", a ajouté Amnesty dans son communiqué.