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Plus de 6000 personnes ont défilé mercredi à Romans-sur-Isère dans un hommage vibrant au jeune Thomas, décédé dimanche de blessures reçues en marge d'un bal de village dans la Drôme.
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Les gardes à vue des neuf jeunes interpellés dans le cadre de l'enquête pour "meurtre" et "tentatives de meurtres en bande organisée" se poursuivent et les gendarmes continuent de rechercher d'autres suspects, a pour sa part indiqué le parquet de Valence.
"Votre présence en nombre témoigne de l'attachement extraordinaire que procurait Thomas quand on croisait son chemin", a salué un des organisateurs, avant un lâcher de ballons, une minute d'applaudissements et un temps de recueillement.
Balthazar et Mathis, deux amis de 16 ans, sont venus accompagner leurs coéquipiers "encore un peu traumatisés". "Ca donne un sentiment bizarre, un peu d’appréhension, on se dit qu’on vit dans une société où tout peut arriver", confie Mathis.
Venu avec son fils membre du club, Frédéric Robert souhaite "la justice, c'est tout". Un peu plus loin, Christine Montagne est venue défiler "pour soutenir David le papa (...) car ça aurait pu être nos enfants". Sa crainte: "ça peut recommencer".
Alors que l'extrême droite et une partie de la droite ont multiplié ces derniers jours les tweets et les déclarations reliant le drame et l'immigration, les organisateurs de la marche avaient appelé à un rassemblement "apolitique par respect pour la famille".
"Ce moment appelle à la retenue et à la décence, utiliser ce drame pour jouer sur les peurs c’est manquer de dignité et de respect pour les victimes", a souligné la Première ministre Elisabeth Borne devant le Sénat.
- "Bel hommage" -
La mère de l'adolescent souhaitait "un bel hommage", avec beaucoup de monde et "dans le calme", comme elle l'a confié à l'hebdomadaire Paris Match. Elle décrit Thomas comme "un jeune homme plein de vie, très aimé de ses amis", très heureux de partir pour le bal de Crépol.
Mortellement blessé d'un coup de couteau, l'adolescent est décédé sur la route de l'hôpital. Les violences ont fait huit blessés, dont deux jeunes de 28 et 23 ans hospitalisés en urgence absolue, depuis en voie de rétablissement. "Ces violences sont graves, elles sont inacceptables", a dit la cheffe du gouvernement devant le Sénat.
Selon le parquet, tout a commencé quand une dizaine de jeunes ont tenté de s'introduire dans la salle des fêtes de Crépol. L'un d'eux a blessé d'un coup de couteau un vigile qui tentait de le bloquer. Des participants inscrits à la soirée sont intervenus, s'en est suivie "une rixe" à l'extérieur du bâtiment, selon le parquet.
Agé de 20 ans, celui qui a été "formellement désigné comme auteur du coup de couteau mortel" a été arrêté mardi avec six "acolytes" dans les environs de Toulouse, selon le parquet. Deux autres suspects ont été interpellés dans le secteur de Romans-sur-Isère.
Trois des suspects sont des mineurs de plus de 16 ans, les autres ont de 19 à 22 ans, certains sont connus de la justice.
Le casier judiciaire de l'auteur présumé du coup de couteau mortel comporte deux condamnations à des peines d'amende, une récente pour port d'arme blanche, une autre pour recel de vol, selon Laurent de Caigny, le procureur de Valence. Il habite "le centre" de Romans-sur-Isère et "non le quartier de la Monnaie", une des cités de la ville pointée par certains depuis le drame, selon la même source.
Certains témoins ont évoqué une "attaque", mais pour Me Guillaume Fort, l'avocat de quatre des suspects, "c’est une soirée qui a dégénéré mais c’est une soirée pour qui chacun venait pour passer du bon temps".
Les profils de ses clients sont selon lui "assez disparates", certains viennent de la Monnaie, "d'autres ne sont pas issus de ce quartier", a-t-il dit à l'AFP.
"Il faut être extrêmement prudent", a-t-il souligné. "Il y a les familles qui sont prises à partie sans savoir finalement quelles sont les responsabilités des uns et des autres".