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Monique Olivier, l'ex-épouse du tueur en série Michel Fourniret décédé en 2021, a dit vouloir "faire de (s)on mieux", à l'ouverture mardi de son procès devant la cour d'assises des Hauts-de-Seine pour complicité dans les enlèvements et meurtres d'Estelle Mouzin, Joanna Parrish et Marie-Angèle Domèce.
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L'accusée, cheveux gris et courts, vêtue d'un pull blanc, yeux fuyants, est entrée dans le box aux alentours de 10H00, entourée d'une nuée de caméras et d'appareils photo, après qu'elle avoir donné l'autorisation de prise d'images via son avocat.
Au président de la cour qui l'a interrogée en préambule sur le fait qu'elle veuille bien répondre aux questions, elle a répondu "je vais faire de mon mieux" d'une voix faible.
L'accusée, aujourd'hui âgée de 75 ans, encourt à nouveau la réclusion criminelle à perpétuité.
Ce procès est "essentiel", "à la fois angoissant" mais représente aussi "une libération pour les familles", a déclaré avant l'entame des débats Corinne Herrmann, qui défend la famille Domèce.
En janvier 2003, Estelle Mouzin, 9 ans, disparaît sur le chemin du retour de l'école. Il faudra attendre 2019, après des années d'errements dans l'enquête, pour que Monique Olivier contredise l'alibi fourni par Michel Fourniret.
"L'ogre des Ardennes" avouera sa responsabilité quelques mois plus tard à la juge d'instruction Sabine Kheris, aujourd'hui coordinatrice du pôle "cold cases" de Nanterre.
Selon les déclarations de Monique Olivier en août 2020, Michel Fourniret a séquestré, violé et tué Estelle Mouzin à Ville-sur-Lumes (Ardennes), dans la maison qu'il avait héritée de sa sœur. L'ADN partiel de la fillette a été retrouvé sur un matelas saisi en 2003 dans cette maison.
En 2021, l'ex-épouse de Michel Fourniret reconnaît pour la première fois un rôle dans la séquestration d'Estelle, précisant avoir accompagné son ex-mari près du bois d'Issancourt-et-Rumel (Ardennes) pour enterrer le corps de la fillette.
Marie-Angèle Domèce, 18 ans, a disparu trente ans plus tôt à Auxerre, entre son foyer de jeunes handicapés et la gare. L'affaire avait été rapidement classée faute d'éléments, avant que l'information judiciaire ne soit rouverte en 2012.
Quant à Joanna Parrish, une Britannique de 20 ans, son corps dénudé a été retrouvé dans l'Yonne près d'Auxerre en 1990. Elle a été droguée, violée et battue avant sa mort.
Malgré de nombreuses fouilles, les corps de Marie-Angèle Domèce et Estelle Mouzin n'ont jamais été retrouvés.
- "Très long combat" -
Plus de 350 journalistes sont accrédités pour suivre les débats qui doivent durer trois semaines. Ils s'annoncent "douloureux", présage Me Herrmann.
Parmi les témoins appelés à la barre, de nombreux enquêteurs belges et français.
"Nous voulions que toutes les étapes de l'affaire soient entendues", explique Me Seban, notamment les enquêteurs belges "qui dès le départ ont donné à la France la conviction" que le couple Fourniret-Olivier était impliqué dans ces trois affaires.
Mais dans le box, un grand absent: Fourniret lui-même, mis en examen en 2020 pour tous les crimes dont son ex-épouse est accusée, et décédé en 2021.
Il "ne répondra pas de ses actes (…) parce qu'on n'a pas su mener l'enquête comme elle aurait dû l'être", regrette Me Seban.
D’où un "procès un peu tronqué", selon Eric Mouzin, qui a bataillé sans relâche pour faire élucider la disparition de sa fille. Mais il dit ne plus rien attendre de l'accusée.
Il ne faut "pas attendre de révélations" de sa part, affirme lui aussi l'avocat de l'accusée, Richard Delgenes.
Mais "participer" au processus judiciaire, c'est pour elle se distinguer de Michel Fourniret, explique le conseil.
"Elle essaie de se donner le rôle minimal" dans les crimes de son ex-mari, alors qu'elle a déjà été condamnée deux fois pour complicité pour certains d'entre eux, déplore de son côté Me Seban.
En 2008 à Charleville-Mézières, elle a été condamnée à la perpétuité pour complicité dans quatre meurtres et un viol commis par son ex-mari.
Et dix ans plus tard, la cour d'assises des Yvelines l'a condamnée à vingt ans de prison pour complicité dans le meurtre de Farida Hammiche, épouse d'un ex-codétenu du tueur en série, à qui le couple avait volé des lingots d'or. Son corps n'a pas non plus été retrouvé.