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Refusant tout "discours de défaite" face au narcotrafic, Emmanuel Macron a effectué une visite surprise mardi à Marseille, cité de la Castellane, pour le lancement de la première d'une dizaine d'opérations "Place nette XXL" qui devraient s'étendre sur plusieurs semaines en France.
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"Le but, c'est d'essayer de détruire les réseaux et les trafiquants et que les quelques-uns qui vous rendent la vie impossible s'en aillent", a expliqué le chef de l'Etat aux habitants, deux semaines après le cri d'alarme de magistrats marseillais, qui avaient demandé un "plan Marshall" pour sauver la deuxième ville de France du narcobanditisme.
En juin, il était déjà venu dans une école de cette même cité des quartiers Nord, dans le cadre du suivi de son plan "Marseille en grand".
La guerre de territoires pour le contrôle des juteux points de deal a ensanglanté la deuxième ville de France comme jamais en 2023, avec 49 personnes tuées dont quatre victimes collatérales, et 123 personnes blessées.
"Oui, la drogue est notre ennemi" et les forces de l'ordre "vont pendant des semaines pilonner le territoire", a juré Emmanuel Macron, sans citer de ville précisément.
Lundi, 900 policiers, gendarmes et douaniers étaient déployés à Marseille et autour, mardi près de 800. En deux jours, ils ont arrêté 82 personnes, en ont placé 63 en garde à vue, saisissant deux armes, plus de 350.000 euros en liquide ou en avoirs, 8,2 kg de cannabis et 339 g de cocaïne, selon un premier bilan de la préfecture de police.
Ces opérations choc sont bien vues par Youssouf Issilamou, 32 ans, un Comorien employé d'une boucherie halal: "Comme commerçant, C'est une bonne nouvelle, il y a des gens qui n'osaient pas venir dans le quartier".
Si le maire divers gauche de Marseille, Benoît Payan, a aussi salué "le renforcement des mesures" destinées à "mieux protéger les Marseillais", le député RN des Bouches-du-Rhône, Franck Allisio, a raillé sur X "Stop à la com".
"Reconquérir les quartiers populaires, dans notre ville de Marseille, prendra beaucoup de temps, mais il est nécessaire d'y mettre d'autres moyens que seulement les moyens de la police", a commenté Hassen Hammou, porte-parole d'EELV Paca et fondateur du collectif marseillais "Trop jeune pour mourir".
- "100% électoralisme" -
"Tout n'a pas commencé ce (mardi) matin, loin de là. La lutte contre les trafics, c'est évidemment un marathon", a répondu indirectement le Premier ministre, Gabriel Attal, depuis Paris, lors de la séance des questions au gouvernement à l'Assemblée nationale.
Outre ces opérations de pilonnage, plusieurs coups de filet ont eu lieu récemment au sein des deux principaux gangs marseillais, DZ Mafia et Yoda. Félix Bingui, 33 ans, alias "le chat", le chef présumé du clan Yoda, a ainsi été interpellé au Maroc début mars.
"Je crains que nous ne soyons en train de perdre la guerre contre les trafiquants à Marseille", s'était alarmée le 5 mars Isabelle Couderc, vice-présidente chargée de la coordination de la section JIRS Criminalité organisée de l'instruction, devant la commission sénatoriale d'enquête dédiée à la lutte contre le trafic de drogues en France.
Mais mardi matin, M. Macron, accompagné du ministre de l'Intérieur Gérald Darmanin, du Garde des Sceaux Éric Dupond-Moretti et de la secrétaire d'Etat à la Ville Sabrina Agresti-Roubache, a surtout été interpellé sur la guerre en Ukraine, la situation à Gaza ou encore des problématiques de recherche d'emploi, lors d'un bain de foule au cours duquel de nombreux collégiens et lycéens lui ont fait dédicacer leurs carnets de correspondance.
Riad Mira, 35 ans, chef d'entreprise, a raconté à l'AFPTV l'avoir interpellé sur le "manque d'aide", parce que "le but, c'est de créer de l'emploi dans les quartiers, c'est de pouvoir amener les jeunes à vouloir apprendre un métier et à vouloir travailler".
Mais au final, "je pense que ça va pas suivre", "je pense, moi, il y a 50% d'électoralisme, et 50 % de... allez, 100 % d'électoralisme", a-t-il finalement lâché, fataliste.