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Vagues de menaces via les ENT, départ précipité d'un proviseur de lycée parisien menacé de mort: l'Education nationale et sa ministre cherchent la parade pour rétablir la sérénité dans les établissements scolaires.
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"Les enseignants ne sont pas seuls et nous formons tous un bouclier autour d'eux, autour de nos établissements", a assuré vendredi la ministre de l'Education Nicole Belloubet lors d'un déplacement dans un lycée de Bordeaux, visé par des "menaces", a-t-elle dit.
"Tout ce qui touche à l'école en termes d'actes malveillants est vraiment inacceptable", a-t-elle ajouté, après plusieurs jours de menaces d'attentats visant des dizaines de collèges et de lycées à travers la France via la messagerie des espaces numériques de travail (ENT).
Après avoir indiqué jeudi qu'elle suspendait ces messageries, Mme Belloubet a annoncé vendredi la création à la rentrée prochaine d'une "force mobile scolaire" nationale, composée d'une vingtaine de personnes, qui pourra être envoyée dans les établissements scolaires en cas de "difficultés".
En cas d'"actes de cyber-malveillance" ou "d’attaques physiques" contre des établissements, "désormais l'Etat se portera systématiquement partie civile lorsqu'une plainte sera déposée", a-t-elle ajouté.
Une réunion aura lieu jeudi autour de Gabriel Attal sur la sécurisation des établissements scolaires.
- "Plein soutien" -
La ministre a affiché aussi son soutien au proviseur du lycée Maurice-Ravel à Paris, après l'annonce en début de semaine de son départ pour "raisons de sécurité". Il a été menacé de mort sur les réseaux sociaux après une altercation fin février avec une élève scolarisée en BTS, pour qu'elle enlève son voile.
Son départ, quelques mois avant sa retraite, a causé une vague d'émoi et d'indignation au sein de la classe politique, jusqu'au Premier ministre Gabriel Attal, qui a annoncé mercredi une plainte pour "dénonciation calomnieuse" contre la jeune femme.
"L’intransigeance est totale de notre part. Il ne peut pas y avoir d’attitudes qui vont à l’encontre de ce principe fondateur de la République qu’est la laïcité", a souligné la ministre de l'Education. "Le proviseur a remarquablement fait son travail, nous sommes en plein soutien à ses côtés".
"C'est intolérable d'être obligé de se mettre en retrait et de devoir être protégé quand on est chef d’établissement", a-t-il dit. Son syndicat s'est constitué partie civile.
- "Echec du dialogue" -
Une cinquantaine de personnes se sont rassemblées vendredi matin devant la cité scolaire Ravel, à l'appel du Parti socialiste, pour manifester également leur soutien, a constaté un journaliste de l'AFP.
Une quinzaine d'élus, en majorité PS (Emmanuel Grégoire, premier adjoint à la mairie de Paris, Jérôme Guedj, député) mais aussi des Ecologistes EELV (David Belliard, adjoint à la mairie de Paris) ont répondu présent, sans prise de parole, avec une forte présence policière.
Quelques parents d'élèves avaient aussi fait le déplacement. Depuis un mois, "les élèves étaient un peu agités" et il y a eu "beaucoup de rumeurs, de fake news", a indiqué à l'AFP Frédéric, 44 ans, parent d'un élève de 6e, qui n'a pas voulu donner son nom.
Après le départ du proviseur, "tous les parents ont commencé à avoir une culpabilité, on s'est demandé si on avait assez manifesté notre soutien", a-t-il ajouté.
"On n'arrive pas à mettre à l'abri les chefs d'établissements de ce type d'attaque, c'est un échec du dialogue autour de la laïcité", a déploré Martin Raffet, président de la FCPE Paris, une des deux grandes fédérations de parents d'élèves.