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Un cessez-le-feu entre Moscou et Kiev est officiellement entré en vigueur samedi sur le front en Ukraine à l'occasion de la Pâque orthodoxe, le président ukrainien Volodymyr Zelensky prévenant que son armée répliquerait "coup sur coup" à toute violation de cette cessation des hostilités.
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Le Kremlin avait annoncé jeudi que cette trêve commencerait samedi à 16H00 (13H00 GMT) et durerait jusqu'à la fin de la journée de dimanche, soit une période de 32 heures.
Volodymyr Zelensky avait ensuite fait savoir que l'Ukraine acceptait ce cessez-le-feu proposé par son homologue Vladimir Poutine.
Ukrainiens et Russes s'étaient mutuellement accusés d'avoir violé les précédentes trêves ainsi décrétées.
Samedi, sans les heures ayant précédé l'entrée en vigueur officielle du cessez-le-feu, les frappes meurtrières entre les deux camps se sont poursuivies.
En Ukraine, visée par au moins 160 drones tirés par la Russie, quatre personnes sont mortes dans des frappes dans l'est et le sud, selon Kiev, dont deux dans la région d'Odessa (sud).
Des bombardements russes ont également fait 14 blessés dans la région de Soumy (nord-est) et 10 autres à Kramatorsk, dans la région de Donetsk (est), d'après les autorités locales.
De l'autre côté du front, des drones ukrainiens lancés sur la région russe de Krasnodar (sud-ouest) ont incendié un dépôt de pétrole et endommagé des immeubles résidentiels, selon les pouvoirs locaux.
Et deux personnes ont été tuées dans une attaque de drone ukrainien sur des territoires de la région de Donetsk sous contrôle russe, ont affirmé les autorités installées par Moscou.
- "Coup pour coup" -
Le ministre russe de la Défense, Andreï Belooussov, et le chef d'état-major de l'armée Valéri Guérassimov ont reçu l'ordre de "cesser les opérations de combat dans toutes les directions pour cette période".
Volodymyr Zelensky a de son côté déclaré que l'Ukraine respecterait le cessez-le-feu mais répliquerait "coup pour coup" à toute violation russe de cette trêve, dans un message diffusé sur X.
Une trêve similaire avait été annoncée l'an dernier pour la Pâque orthodoxe mais les deux camps avaient assuré qu'elle avait été violée à de nombreuses reprises.
Vladimir Poutine avait également décrété unilatéralement un court cessez-le-feu en mai 2025 au moment des célébrations de la victoire contre l'Allemagne nazie. Là aussi, les belligérants s'étaient accusés d'avoir poursuivi les affrontements.
Kiev exige de longue date une trêve prolongée pour favoriser des négociations sur un hypothétique accord en vue d'arrêter la guerre. Mais Moscou rejette cette idée, arguant qu'une pause plus longue dans les combats permettrait à l'armée ukrainienne de se renforcer.
Ces derniers mois, plusieurs cycles de négociations sous l'égide des Etats-Unis n'ont pas réussi à rapprocher l'Ukraine et la Russie d'un accord, le processus s'enlisant davantage à mesure que l'attention de Washington se déplaçait vers l'Iran.
Le pouvoir russe exige du gouvernement ukrainien des concessions territoriales et politiques que Volodymyr Zelensky a rejetées, les assimilant à une capitulation.
Selon le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov, cette nouvelle trêve n'a pas donné lieu à des discussions au préalable avec Kiev et Washington et n'est pas liée aux négociations diplomatiques.
- Echange de prisonniers -
Parallèlement, Kiev et Moscou ont procédé samedi à un échange de 350 prisonniers de guerre : 175 de chaque camp. L'armée russe a annoncé ce nouvel échange, ensuite confirmé par Volodymyr Zelensky.
Selon Moscou et Kiev, 14 civils détenus, sept de chaque camp, ont également été échangés samedi et libérés.
La guerre a coûté la vie à des centaines de milliers de personnes, ce qui en fait le conflit le plus meurtrier en Europe depuis la Deuxième Guerre mondiale. Des millions d'autres ont été déplacées.
Les avancées russes ont ralenti depuis fin 2025, selon l'analyse des données de l'Institut pour l'étude de la guerre (ISW), dont le siège est aux Etats-Unis.
L'ISW attribue ce ralentissement aux contre-attaques ukrainiennes mais aussi à "l'interdiction faite à la Russie d'utiliser les terminaux Starlink en Ukraine" et aux "efforts du Kremlin pour restreindre l'accès à Telegram".
La situation est en revanche défavorable à Kiev dans la région de Donetsk en direction des deux grandes villes de Kramatorsk et Sloviansk. A l'est de cette dernière, les troupes du Kremlin ont progressé sur une cinquantaine de km2 en mars.