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Coup du sort inattendu : en raison de la météo, le Hondius a dû être amarré lundi d'urgence au port de Granadilla aux Canaries afin de boucler les évacuations prévues des 28 derniers occupants de ce bateau de croisière où a été détecté un foyer d'hantavirus.
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"Le navire restera à quai le temps minimum nécessaire pour garantir la sécurité des passagers et des membres du dispositif d'évacuation", a précisé le ministère espagnol de la Santé dans un message transmis à la presse avant le début de cette opération d'accostage, qui a duré une dizaine de minutes peu après 16H30 GMT.
Les autorités régionales des Canaries s'étaient vivement opposées dans la semaine à l'accostage du Hondius, estimant que le bâtiment aurait dû évacuer ses occupants au Cap-Vert, où sa croisière s'était achevée, et non sur l'archipel.
Le moment exact de départ du Hondius du port de Granadilla devait initialement se situer autour de 18H00 GMT.
Théoriquement, deux avions doivent emmener vers les Pays-Bas dans la soirée les 28 derniers occupants du navire, dont quatre Australiens, à le quitter, selon le ministère espagnol de la Santé, qui avait dans un premier temps évoqué un seul vol d'évacuation.
Parallèlement, 26 membres de l'équipage devaient, quant à eux, rester à bord du Hondius et reprendre la direction des Pays-Bas, emportant aussi le corps d'une Allemande morte à la suite d'une contamination, a précisé sur X la ministre espagnole de la Santé, Mónica García.
Au total, si les évacuations vont bien à leur terme, 122 personnes auront été évacuées en moins de 48 heures dans cette opération qualifiée d'"inédite" par Madrid.
- "Rentrer en bonne santé" -
"Je ne souhaite rien de plus à chacun, passagers comme membres de l'équipage, que de pouvoir rentrer chez soi sain et sauf et en bonne santé", a dit le commandant du Hondius dans une vidéo diffusée par son exploitant néerlandais Oceanside Expeditions.
"En tant que capitaine du Hondius, mon travail consiste à diriger mon équipage, à veiller sur mes passagers et à ramener le navire sain et sauf au port. Et notre responsabilité ne s'arrête pas là", a-t-il ajouté.
Parmi les 94 croisiéristes et membres de l'équipage de 19 nationalités déjà évacués dimanche, un Américain et une Française ont été testés positifs à l'hantavirus, qui peut provoquer un syndrome respiratoire aigu.
Face à la presse, Mónica García s'est défendue de tout laxisme dans le dispositif mis en place par les autorités sanitaires, qui prévoyait notamment que les tests PCR soient réalisés dans les pays d'origine, une fois les passagers et membres d'équipage rapatriés.
"Nous avons pris toutes les précautions", a assuré la ministre, insistant sur "l'ampleur du traçage et de la surveillance" effectués par les autorités sanitaires espagnoles.
Trois personnes ayant voyagé à bord du Hondius sont mortes : dans deux cas, l'OMS a confirmé une infection à l'hantavirus, le troisième étant un cas probable. Outre ces trois décès, six cas confirmés et un autre probable ont été signalés, selon un comptage de l'AFP à partir de données officielles.
- "Possibilité" de futurs cas -
"En raison des incertitudes persistantes et de la longue période d'incubation (pouvant aller jusqu'à six semaines, ndlr), il est possible que nous constations d'autres cas parmi d'anciens passagers et membres d'équipage dans les semaines à venir", a dores et déjà mis en garde Pamela Rendi-Wagner, la directrice d'une agence sanitaire de l'UE (ECDC), dans un communiqué.
En l'état déjà, un autre passager américain présente des "symptômes légers", selon le ministère américain de la Santé, tandis que le gouvernement français a fait état de 22 cas contacts identifiés en France, appelant toutefois la population à ne pas céder à "la panique".
La crise à bord du MV Hondius a ravivé les souvenirs de la pandémie de Covid, même si l'Organisation mondiale de la Santé (OMS) martèle que la situation actuelle n'est pas comparable à celle de 2020.
La variante du virus détectée à bord du Hondius, l'hantavirus Andes, est une souche rare qui peut se transmettre d'être humain à être humain.
L'hantavirus se transmet généralement à partir de rongeurs infectés, le plus souvent par l'intermédiaire de leur urine, de leurs excréments et de leur salive.
"L'isolement des malades mis en place sans délai interrompt rapidement la chaîne de transmission", a expliqué auprès de l'AFP Raúl González Ittig, biologiste pour l'Agence nationale de recherche scientifique de l'Argentine, un pays confronté à un foyer d'hantavirus qui a fait 11 morts en 2018-2019.
Enfin, le Premier ministre espagnol Pedro Sánchez recevra mardi matin à Madrid le patron de l'OMS, Tedros Adhanom Ghebreyesus, une deuxième fois en quatre jours, selon ses services.