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Au septième jour de recherches pour retrouver Lyhanna, disparue vendredi à Fleurance, les éventuelles lacunes dans le suivi du principal suspect alimentent jeudi une incompréhension croissante, comme celle du maire de cette localité qui dénonce un "dysfonctionnement profond".
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Un porte-à-porte initié par les gendarmes mercredi dans le centre de Fleurance, dans le Gers, se poursuit tandis que des plongeurs "vont reconnaître le lac au nord d'Urdens", petit village à proximité de cette zone boisée et vallonnée, situé à 80 km de Toulouse, a indiqué le lieutenant-colonel Christophe Romand.
Des gendarmes mobiles de Clermont-Ferrand, venus en renfort depuis le début de la semaine, vont quant à eux inspecter des bois privés.
Malgré l'ampleur du dispositif déployé, aucune avancée décisive n'a été annoncée.
Mais à mesure que les recherches se prolongent, une autre question prend de plus en plus de place dans le débat public : celle du suivi judiciaire du principal suspect, un père de famille de 41 ans aujourd'hui placé en détention et qui a jusqu'ici gardé le silence.
Au lendemain d'une conférence de presse de la procureure d'Auch, qui a listé plusieurs signalements et plaintes pour viol sur mineur ayant visé ce père de famille de 41 ans, Grégory Bobbato, le maire de Fleurance, le bourg où Lyhanna a été vue pour la dernière fois vendredi, a dénoncé un "système" négligeant "la souffrance des victimes et des familles".
Sur BFMTV, l'élu sans étiquette a estimé qu'il y avait "très certainement un dysfonctionnement profond dans les enquêtes et dans la façon dont elles sont menées".
La porte-parole du gouvernement Maud Bregeon a dit jeudi sur Europe 1/Cnews partager "l'indignation de tous les Français" sur les dysfonctionnements de ces enquêtes et plaidé pour "continuer à augmenter les moyens de la justice".
Une plainte pour viol sur mineure datant de 2024 visant le suspect, avait été classée sans suite, faute d'élément suffisant, et qu'une autre plainte du même ordre datant d'août 2025 n'avait donné lieu à aucune audition de témoins ou du suspect, près de neuf mois après son dépôt.
L'hypothèse d'un possible dysfonctionnement dans le traitement réservé à l'une de ces plaintes a conduit à l'ouverture d'une enquête administrative concernant les antécédents du suspect.
- "Pas surpris" -
"Les procédures qui sont en place depuis des années et des années sont-elles celles qui sont appropriées ? Doit-on apprendre en permanence que des preuves caractérisées soient fournies pour enfin faire quelque chose pour protéger nos enfants, pour ne pas qu'ils soient victimes deux fois, victimes d'abord des criminels pédophiles et ensuite de la lenteur de la justice et du système?" s'est interrogé M. Bobbato.
Côté associations, Mathias Darmon, avocat d'Innocence en danger, a confié à l'AFP n'être "malheureusement pas surpris" par les éléments révélés mardi et mercredi.
"Il s’agit de défaillances qui font partie de notre quotidien", a expliqué le représentant de cette association de protection des enfants.
"Le fait qu’une plainte pour viol sur mineure soit classée sans suite, sans que l’on sache vraiment pourquoi, c’est un traumatisme très difficile à gérer pour les victimes, très compliqué à comprendre et à accepter", a-t-il estimé.
- "Des moyens" -
France Victimes, qui regroupe une centaine d'associations de soutien aux victimes, a réagi de son côté en demandant un "Grenelle national sur les crimes commis contre les mineurs", estimant nécessaire "de renforcer les moyens consacrés à la protection des mineurs victimes".
L'Union syndicale SUD-Solidaires Gers a lancé, en écho à ces dysfonctionnements présumés un appel à un rassemblement devant la préfecture d'Auch vers 17h30.
"Nous demandons a être entendues lorsque nous portons plainte. Nous demandons à être protégées", a expliqué la commission féministe du syndicat, à l'origine de cette initiative.