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Un corps a été découvert jeudi dans le cadre des recherches pour retrouver Lyhanna, 11 ans, disparue depuis vendredi dans le Gers, et est actuellement en cours d'identification, selon une source proche du dossier.
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La famille de Lyhanna a été prévenue, a ajouté cette source confirmant des informations de RTL et de BFM-TV.
Selon une autre source proche du dossier, le corps a été découvert dans une usine agricole, au sein de la zone de recherches.
Un barrage de gendarmerie était installé sur la route, à Puycasquier, à une quinzaine de kilomètres au sud-est de Fleurance, le bourg où la collégienne avait été vue la dernière fois, ont constaté des journalistes de l'AFP.
Le procureur de la République d'Agen, Olivier Naboulet, chargé de ce dossier dans lequel un homme de 41 ans, père de deux enfants, a été mis en examen et placé en détention provisoire, doit publier un communiqué de presse aux alentours de 18h00, a annoncé le lieutenant-colonel Christophe Romand, dans un message aux médias.
Depuis l'annonce de la disparition de la collégienne, un vaste dispositif avait été mis en place, avec des moyens terrestres, aériens (drones et hélicoptère) et des plongeurs de la gendarmerie ainsi que des pompiers.
La collégienne avait été vue la dernière fois vendredi après-midi, montant dans le véhicule du suspect qui la connaissait, sa fille étant amie avec Lyhanna.
- Antécédents -
Mis en examen, le suspect n'a fait aucune déclaration devant le juge d'instruction chargé du dossier, ni répondu à la moindre question.
Depuis le début de la semaine, des révélations sur ses antécédents ont tracé un profil inquiétant, avec plusieurs signalements ou plaintes, notamment pour viol sur mineure.
Selon la procureure de la République d'Auch, Clémence Meyer, le suspect avait notamment fait l'objet d'une plainte en janvier 2022.
"Une enquête avait été ouverte pour des faits de viol sur mineure de moins de 15 ans" remontant à 2020 au domicile du suspect à Montestruc-sur-Gers, mais la procédure avait là aussi été classée en mai 2024, faute d'éléments suffisants, selon Clémence Meyer.
La procédure la plus récente avant la disparition a été initiée après une plainte déposée le 22 août 2025 par la mère d'une fillette de 10 ans, qui a dénoncé des viols commis "entre septembre 2024 et mai 2025 au domicile" du suspect, selon la procureure. Depuis le dépôt de cette plainte voilà neuf mois, le suspect n'a pas été entendu.
Mme Meyer a annoncé par ailleurs, sans plus de détails, qu'une nouvelle plainte pour viol sur mineur avait été déposée mercredi matin.
Les lacunes de traitement de ces antécédents alimentaient jeudi une incompréhension croissante, comme celle du maire de Fleurance qui dénonce un "dysfonctionnement profond", un "système" négligeant "la souffrance des victimes et des familles".
"Les procédures qui sont en place depuis des années et des années sont-elles celles qui sont appropriées ? Doit-on attendre en permanence que des preuves caractérisées soient fournies pour enfin faire quelque chose pour protéger nos enfants, pour ne pas qu'ils soient victimes deux fois, victimes d'abord des criminels pédophiles et ensuite de la lenteur de la justice et du système ?", s'est interrogé M. Bobbato.
Au fil d'un porte-à-porte conduit par les gendarmes, plusieurs habitants partageaient avec les médias leurs interrogations.
Pierrette, 79 ans, habitante de Fleurance, elle même mère et grand-mère, est "horrifiée de voir quelqu'un qu'on peut rencontrer dans la rue faire vivre des choses épouvantables, affreuses", racontait-elle.
Interrogé par le député du Gers David Taupiac à l'assemblée nationale, le ministre de l'Intérieur Laurent Nuñez a annoncé mercredi diligenter, avec le garde des Sceaux, une enquête administrative sur d'éventuels dysfonctionnements.
- "Pas surpris" -
Côté associations, Mathias Darmon, avocat d'Innocence en danger, a confié à l'AFP n'être "malheureusement pas surpris" par les éléments révélés mardi et mercredi.
"Il s'agit de défaillances qui font partie de notre quotidien", a expliqué le représentant de cette association de protection des enfants.
"Le fait qu'une plainte pour viol sur mineure soit classée sans suite, sans que l'on sache vraiment pourquoi, c'est un traumatisme très difficile à gérer pour les victimes, très compliqué à comprendre et à accepter", a-t-il estimé.
France Victimes, qui regroupe une centaine d'associations, a réagi de son côté en demandant un "Grenelle national sur les crimes commis contre les mineurs", estimant nécessaire "de renforcer les moyens consacrés à la protection des mineurs victimes"