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Une messe devant des centaines de milliers de fidèle, puis un rassemblement avec le monde de la culture en présence de la star Antonio Banderas ont marqué dimanche la deuxième journée de la visite du pape Léon XIV à Madrid.
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Plus de 1,5 million de fidèles, selon les organisateurs, ont envahi les rues du centre de Madrid dimanche matin pour une messe célébrée par le souverain pontife au cours de laquelle il a appelé à un renouveau de la foi catholique en Espagne.
Le pape Léon y a appelé les Espagnols à ne pas considérer la religion comme "un musée du passé, mais (comme) une école de foi où l'on peut encore s'abreuver".
Cet office était le temps fort du deuxième jour de la visite de sept jours du pape Léon en Espagne, bastion catholique traditionnel où la pratique religieuse a fortement décliné ces dernières années, comme dans une grande partie de l'Europe occidentale.
Environ 90% des Espagnols se déclaraient catholiques dans les années 1970, contre 56,1% dans une enquête menée en mai par le Centre de recherches sociologiques (CIS), un organisme public, selon la télévision et la radio publiques RTVE.
Une vaste opération logistique et de sécurité avait été mise en place pour la messe. Après l'office, chargé de symbolisme religieux, le pape a conduit une procession traditionnelle sur quelques centaines de mètres, à proximité de la grande artère commerciale de la Gran Vía, le long d'un parcours bordé d'oeillets blancs et jaunes, les couleurs du drapeau du Vatican.
Pour Nico Aldeanueva, 28 ans, en visite depuis Philadelphie aux Etats-Unis, le pape est "une force très unificatrice à un moment où nous sommes divisés sur tant de fronts différents".
"Nous connaissons, semble-t-il, des conflits sans fin et, pour le moment, ici, on peut appuyer sur pause, profiter de l'instant et ressentir la foi", a-t-il salué.
Ana Milagros, 64 ans, qui agitait un drapeau du Vatican, a confié qu'elle trouvait que le pape, né aux Etats-Unis, semblait "abordable" et "très sincère".
- "Une alternative à la violence" -
"Il y a beaucoup de polarisation et de divergences en politique, dans les questions sociales, dans l'économie", a-t-elle regretté: "Le pape essaie avec cette visite de nous aider tous."
En début de soirée, Léon XIV a rencontré dans une salle de concert des personnalités du monde de la culture, du sport et de l'économie, parmi lesquelles la star hollywoodienne Antonio Banderas.
"L'art doit être une alternative à la violence", a déclaré ce dernier devant un pape approbateur, dont les appels à la paix ont provoqué des heurts avec le président américain Donald Trump.
"Dans un monde qui va trop vite, qui se fragmente, qui parfois se simplifie à l'excès, l'art nous aide à retrouver la profondeur et l'âme, que l'IA, qui doit être au service des êtres humains et non l'inverse, est en train d'essayer de voler", a ajouté l'acteur espagnol.
Lundi, le pape doit s'exprimer devant le Parlement, une première pour un souverain pontife, et devrait, selon la presse espagnole, rencontrer des victimes d'abus sexuels au sein de l'Eglise, "une plaie toujours ouverte" selon Léon XIV.
Plusieurs associations de victimes se sont toutefois plaintes de ne pas avoir été invitées à la rencontre prévue lundi après-midi avec le pape à la nonciature apostolique (l'ambassade du Vatican) à Madrid, d'après les médias espagnols.
Le pape achèvera sa visite jeudi et vendredi aux îles Canaries, principale porte d'entrée en Espagne des migrants en situation irrégulière. Il doit y rendre hommage aux milliers d'entre eux qui ont péri lors de la dangereuse traversée de l'Atlantique.