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"On va se battre pour avoir une Europe qui investit à nos côtés, qui protège mieux notre industrie", a promis lundi Emmanuel Macron lors d'un déplacement à l'usine Goodyear d'Amiens, "parfaite illustration" selon lui de la "bataille pour la réindustrialisation".
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Goodyear Amiens, dont l'un des deux sites a fermé il y a une dizaine d'années, condamnant plus d'un millier d'emplois, bénéficie depuis 2022 de 148 millions d'euros d'investissements, dont 44 millions d'euros de subventions publiques, pour moderniser son outil de production.
Ces investissements ont permis de préserver l'emploi existant, soit environ 800 postes, selon Pierre-Jean Eraud, président de Goodyear France, et le recrutement d'une centaine de salariés supplémentaires est en cours.
Emmanuel Macron a engagé début juin sa "crédibilité" sur la réalisation d'investissements étrangers en France, annoncés par dizaines de milliards lors du sommet Choose France.
Goodyear Amiens montre "que la réindustrialisation est possible (...), qu'il n'y a pas de fatalité", a vanté le président de la République.
"Mais ça ne se fait pas tout seul", a-t-il poursuivi, insistant sur la nécessité de "réformer" et "simplifier" pour mieux accompagner les projets de développement des entreprises, mais aussi "protéger".
Car "il y a une concurrence que l'on n'accepte pas, c'est la concurrence déloyale. On doit jouer avec les mêmes règles du jeu", a-t-il dit, en pointant du doigt en particulier la Chine.
"Face à ça, on se bat au niveau européen (...). On demande à l'Europe de sévir, de mettre en place des clauses de sauvegarde, des tarifs [douaniers] et on se bat aussi pour avoir une préférence européenne".
"Ce n'est pas du protectionnisme, c'est de la juste protection", a ajouté M. Macron, en citant aussi le cas d'Eurolysine, autre entreprise d'Amiens qui s'estime frappée de plein fouet par une concurrence déloyale chinoise sur son marché des acides aminés pour l'élevage.
Pour permettre à Eurolysine de survivre avant de nouvelles mesures européennes très attendues, une recapitalisation de 70 millions d'euros a été annoncée vendredi par son propriétaire, le groupe Avril, et l'État, actionnaire minoritaire de la société via Bpifrance.
"Le président de la République vient, comme toujours, là où apparaît un rayon de soleil. Mais qui ne doit pas cacher qu'il pleut ces temps-ci sur l'industrie de la région", a tempéré le député de la Somme et candidat à l'élection présidentielle François Ruffin, également présent lundi à Goodyear Amiens.
M. Ruffin a notamment évoqué la débâcle d'Ynsect, start-up locale de production de protéines d'insectes, liquidée l'an dernier bien qu'elle ait bénéficié de 150 millions d'euros d'aides publiques.
M. Macron poursuit lundi après-midi son déplacement à Amiens, sa ville natale, avec une visite de l'Institut des troubles du neurodéveloppement du CHU.