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"Avons-nous la maîtrise de nos paroles ?", "peut-on être heureux quand les autres ne le sont pas ?"... Plus de 530.000 lycéens de terminale ont planché lundi matin sur une question ou un texte de philosophie, coup d'envoi des épreuves écrites du bac, une session marquée par un durcissement de ton du ministre de l'Education sur l'orthographe.
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En filière générale, les quelque 380.000 lycéens avaient le choix entre deux sujets de dissertation, "Avons-nous la maîtrise de nos paroles ?" ou "Peut-on être heureux quand les autres ne le sont pas ?", et un commentaire d'un texte extrait de "Humain, trop humain" de Friedrich Nietzsche (1878).
Agathe, 17 ans, élève dans les Yvelines, a choisi l'explication de texte. "Ça s'est plutôt bien passé, même si je l'ai trouvé un peu plus difficile que ceux travaillés en classe", a-t-elle confié à l'AFP.
"Mais j'ai réussi à bien développer, ça devrait aller", assure la lycéenne.
Elsa, 18 ans, qui a choisi la dissertation sur le bonheur, est également confiante. "J'avais appris pas mal de références, je crois que c'est ça qui compte le plus pour la philo, donc je pense que j'aurai des points grâce à ça", assure cette élève de Châteauroux (Indre).
- "Spécificité française" -
En filière technologique (146.687 candidats), les deux sujets de dissertation au choix étaient: "Débattre, est-ce chercher la vérité ?" et "La technique peut-elle être mauvaise ?", tandis que le texte était extrait de "Le Juste", de Paul Ricœur (1995).
Paul Agboton, 19 ans, a jeté son dévolu sur le sujet sur la technique, pour lequel il a déroulé le classique "thèse antithèse synthèse" et cité Rousseau, Descartes et Sartre.
"Franchement, j'ai tout donné, là je vais me coucher", explique le lycéen strasbourgeois qui assure avoir "travaillé toute la nuit".
À la question de savoir ce que représentait la philosophie, le ministre de l'Education Edouard Geffray, qui a officiellement lancé la semaine des écrits du bac au lycée Louis Armand à Nogent-sur-Marne (Val-de-Marne) a répondu que selon lui, "l'épreuve de philosophie, elle dit tout ce qu'on est".
"C'est une spécificité française. Elle dit qu'on est un pays dans lequel on a choisi de mettre au cœur de la formation la réflexion contradictoire, le débat, le pluralisme", a-t-il estimé.
- Barème -
Cette année, l'accent sera particulièrement mis sur "la maîtrise de la langue" pour le bac et ce dans toutes les matières, a prévenu à plusieurs reprises le ministre depuis mai.
"Je ne prétends pas avoir des champions d'orthographe (...) Mais au bout d'un moment, si vous voulez avoir une pensée claire, il faut que vous ayez un niveau d'expression qui soit lui-même correct et clair", a-t-il répété lundi.
"Il n'y aura pas de décompte de points en fonction des fautes (...) Par contre, effectivement, dans toutes les disciplines, il y a un barème fixé par l'inspection générale qui précise le nombre de points qui doivent être éventuellement décomptés lorsque le niveau d'expression est manifestement insuffisant", a-t-il ajouté.
Un durcissement de ton qui n'inquiète pas vraiment Agathe, qui ne fait "en général pas trop de fautes". "J'ai relu plusieurs fois ma copie pour être sûre de ne vraiment pas avoir fait de fautes pour ne pas perdre de points sur ça", assure-t-elle.
Elsa, de son côté, reconnaît n'avoir pas pris le quart d'heure qui lui restait à la fin de l'épreuve pour se relire attentivement. "Je n'avais qu'une seule envie, c'était de sortir", confie-t-elle.
Depuis la réforme du bac en 2019, la note de l'examen repose à 40% sur le contrôle continu et à 60% sur des épreuves dites terminales (le français écrit et oral et désormais les mathématiques, passés en classe de première, les épreuves de spécialité, la philosophie et le grand oral en terminale).
Pour les lycéens de terminale, le bac se poursuivra avec les épreuves de spécialité programmées entre mardi et jeudi, puis avec le grand oral entre le 22 juin et le 1er juillet. Les résultats seront publiés le 7 juillet.