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La chasse à l'homme se poursuit mardi à Monaco et autour de la principauté pour retrouver l'auteur d'une "tentative d'assassinat" à l'engin piégé ayant grièvement blessé un richissime homme d'affaires d'origine ukrainienne et deux membres de sa famille.
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L'enquête a été ouverte notamment pour "tentative d'assassinat. Ce n'est donc pas une qualification terroriste, nous n'avons pas pour l'instant les éléments pour retenir cette qualification", a déclaré lors d'une brève conférence de presse le procureur général de Monaco, Stéphane Thibault.
Le magistrat s'est refusé à confirmer l'identité des victimes mais, selon différentes sources, l'attaque a visé Vadim Ermolaev, richissime homme d'affaires originaire d'Ukraine, mais ayant acquis la nationalité chypriote.
Résidant à Monaco, il fait l'objet depuis décembre 2023 de sanctions en vertu d'une décision du Conseil national de sécurité (NSDC) promulguée par le président ukrainien Volodymyr Zelensky.
Outre l'homme, grièvement blessé mais dont les jours ne sont plus en danger, il s'agit d'une femme, au pronostic vital "toujours engagé" mardi, et d'un adolescent de 13 ans, a indiqué de son côté M. Thibault.
Les trois ont été touchés par l'explosion, vers 21H00 lundi d'un engin piégé déposé dans l'entrée du petit immeuble où ils résident et qu'ils regagnaient, tout près de la frontière avec la France. Les vitres ont été soufflées jusqu'au premier étage par la force de l'explosion, a constaté l'AFP, des éclats ayant légèrement blessé deux personnes.
"Nous avons un homme seul qui se présente devant cette adresse, qui dépose un colis qui est en cours d'identification (...) peu de temps avant que les trois occupants de l'appartement du rez-de-chaussée de cet immeuble se présentent à la porte", a détaillé le procureur. "Le colis explose au moment où ces trois personnes arrivent."
Des images de vidéo-surveillance diffusées comme celles du suspect montrent un homme en pantalon clair, un haut noir et le visage à demi dissimulé par un chapeau de type "bob" également noir.
Il a pris la fuite à pied en direction de la commune française de Beausoleil toute proche, a indiqué le procureur.
- Sans "signe d'inquiétude" -
A la mi-journée mardi, les forces de l'ordre françaises et monégasques étaient "à sa poursuite pour l'identifier et l'interpeller j'espère rapidement," a déclaré M. Thibault, se félicitant de cette action "coordonnée" et de l'aide française.
Côté français, où deux hélicoptères et une trentaine de gendarmes ont été engagés autour de la principauté, le Raid était notamment en alerte, selon des sources françaises proches de l'enquête.
L'homme ciblé par la tentative d'assassinat est résident monégasque depuis au moins 2021, a souligné le procureur. "Nous n'avons aucune enquête le concernant à Monaco et, à notre connaissance, il n'est pas recherché par une autorité étrangère", a-t-il dit.
M. Mirmand a de son côté indiqué ne pas avoir connaissance de menaces particulières visant les victimes et que "le comportement de la famille avant de rentrer dans leur immeuble ne semblait pas témoigner de leur part de signe d'inquiétude. Ils étaient en tenue estivale, détendus et ne semblaient pas particulièrement précautionneux".
Cette tentative d'assassinat est un coup de tonnerre pour Monaco, micro-Etat méditerranéen ultrasécurisé de 2 km2 et d'à peine 40.000 habitants, une population internationale et souvent très aisée.
Le prince Albert II a dénoncé dans un communiqué "un crime odieux" qui représente "un choc pour toute la communauté monégasque".
Avec des services de sécurité en nombre et un système de vidéosurveillance perfectionné, Monaco a longtemps maintenu l'image d'un havre de paix particulièrement sûr, même si quelques braquages sont venus troubler la quiétude ces dernières années.
"La Principauté de Monaco demeurera unie et déterminée face à la violence et au crime. La sécurité de notre communauté a toujours été une priorité", a promis le prince.
"Nous n'avons jamais eu, absolument jamais eu de choses comme ça", se désolait Isabelle Picard, ressortissante monégasque. "Moi, ce que je redoute, c'est qu'il vienne ensuite du monde se dire, tiens ils ont commencé, on va continuer. Où on va être en sûreté?"