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Les pompiers poursuivent mercredi une bataille acharnée contre l'incendie virulent dans le Var, qui a parcouru 2.550 hectares mais ne progresse plus, avec plusieurs brasiers actifs sur un secteur où environ 500 personnes ont dû être évacuées.
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"Le feu ne progresse pas dans son périmètre, il est toujours menaçant dans ses points chauds" a résumé lors d'un point presse en fin de matinée Simon Babre, préfet du Var, l'un des départements les plus boisés de France, à l'arrière-pays prisé pour ses bucoliques villages provençaux.
Mercredi, en périphérie de Cotignac, 2.200 habitants, les pompiers découvraient un paysage apocalyptique: bâtisse à la toiture effondrée, façades noircies, squelettes d'arbres et camionnettes calcinées, a constaté un journaliste de l'AFP. En opération de noyage, un pompier arrose au tuyau des arbres calcinés et les restes de tôle d'une voiture.
Avec 1.200 pompiers sur le terrain et des renforts venus d'une dizaine de départements, la lutte se poursuit "de façon acharnée", a souligné le préfet, évoquant "plusieurs foyers toujours actifs."
Objectif: "multiplier les actions pour que les brasiers soient réduits en intensité", avant une reprise du mistral mercredi après-midi, et un vent encore plus soutenu annoncé pour jeudi.
En appui, deux canadair, trois hélicoptères bombardiers d'eau et deux avions dash larguent de l'eau et appliquent du retardant.
Dans cette région de la "Provence verte" entre Toulon et le parc naturel du Verdon, une cinquantaine d'habitations ont été impactées par le feu et dix maisons détruites, selon M. Babre, citant un recensement préliminaire.
Quelque 500 personnes ont dû être évacuées, d'après ses services.
- "Tous meurtris" -
"On est tous un peu meurtris", lâche la voix nouée par les sanglots Marie-Claude Balestrieri, mobilisée à Pontevès pour préparer des repas aux pompiers.
"Avec les grosses chaleurs (...) tout est sec, toutes les collines sont sèches. Donc la moindre étincelle, ça prend le feu", dit-elle à l'AFP. Installée sur les hauteurs du village, la retraitée de 65 ans avait déjà vécu à l'été 2025 un incendie dévastateur.
"Le feu n'est pas encore fixé du tout, il faut rester prudent" a averti le commandant des pompiers varois, Eric Grohin, lors du point presse.
"On n'a pas de murs de feu comme hier", a-t-il reconnu mais "des brûlots" qui pourraient "se raviver avec le vent."
Aucune victime, hormis quatre intoxications à la fumée, dont deux pompiers, n'est à déplorer, selon les secours. Mercredi matin, 340 foyers à Cotignac et 48 à Pontevès étaient privés d'électricité, contre 2.600 pendant la nuit.
A Cotignac, deux sites religieux, le sanctuaire Notre-Dame et le monastère Saint-Joseph, ont été "sauvés des flammes", selon les services préfectoraux.
Elodie Cabanon, coiffeuse à Cotignac, a quitté le village mardi soir avec ses filles de 2 et 4 ans pour se réfugier chez une amie à Aups, à une quinzaine de kilomètres.
"J'ai vu l'ampleur du feu, je suis vite revenue chercher mon chien et mon sac à main", confie la trentenaire, jointe au téléphone par l'AFP. Elle a décidé de partir en voyant l'évacuation de religieuses et de scouts des environs.
"Pour l'instant, on ne peut pas rentrer", estime cette maman qui suit la situation sur les réseaux sociaux.
Un autre feu virulent avait brûlé 200 hectares dans le Var et détruit des habitations dimanche et lundi près des Arcs-sur-Argens.
- "Renoncer au barbecue" -
Ces dernières semaines, les pompiers sont confrontés à des départs de feu quotidiens à travers toute la France. Aggravée par des canicules à répétition et une forte sécheresse favorisées par la dérèglement climatique, la saison des feux en 2026 a débuté plus tôt que d'ordinaire.
Depuis début 2026, près de 40.000 hectares ont été brûlés, soit "beaucoup plus que tout ce qui a été brûlé l'année dernière", selon le ministre de l'Intérieur Laurent Nuñez.
Deux sapeurs-pompiers sont morts mardi lors d'une intervention contre un incendie près de l'aéroport de Bordeaux : leur camion-citerne a été pris au piège d'un feu de pins "très virulent."
Dans le Var, pour éviter la dispersion des efforts et préserver les forces des pompiers, le préfet demande aux maires de reporter toutes festivités ou feux d'artifices en lisière des massifs, et appelle les habitants à "renoncer aux barbecues" jeudi. "Il ne faut pas, jeudi, que les sapeurs-pompiers soient accaparés par des feux sur des balcons, dans des jardins, dans des cours."