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Sous l'effet des vagues de chaleur à répétition, la sécheresse continue de s'aggraver en France: début août, alors que l'été est loin d'être fini, deux tiers des nappes phréatiques présentent des niveaux sous les normales, un phénomène qui pourrait s'accentuer dans les prochaines semaines.
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Au 1er août, la quasi-totalité (94%) des réserves souterraines métropolitaines en eau présentent des niveaux en baisse, indique lundi le Bureau de recherches géologiques et minières (BRGM).
La vidange des nappes est cette année particulièrement forte, à la suite du "déficit de pluie efficace en juillet et l'augmentation de la demande en eau des différents usages", notamment agricoles et touristiques, souligne l'organisme.
Conséquence directe: malgré une recharge hivernale importante, au 1er août, 63% des nappes phréatiques, principales réserves en eau potable du pays, présentent des niveaux sous les normales, contre 54% un mois plus tôt.
La situation est particulièrement préoccupante pour les nappes du socle limousin et les calcaires de la Côte des Bar (sud de la Champagne) qui présentent des niveaux "très bas", indique le BRGM.
Ailleurs, la situation apparait "contrastée": si les nappes autour du pourtour méditerranéen présentent un état "globalement satisfaisant", "partout ailleurs, on a une situation plutôt déficitaire", notamment autour de la Lorraine, de la Charente et l'est du massif central, indique M. Ratheau.
- pas encore au niveau de 2022 -
La sécheresse des nappes est "plus dégradée" que fin juillet 2025 (44% sous les normales).
Elle n'atteint en revanche pas encore le niveau de la sécheresse historique de 2022. Au 1er août 2022, 73% des nappes étaient inférieures aux normales.
Mais, rappelle M. Ratheau, la sécheresse hivernale de 2022 avait rendu la situation plus compliquée. Cette année, au contraire, les nappes ont fait le plein avant le printemps. C'est "probablement" ce qui permet d'éviter que la situation ne soit plus grave actuellement.
Toutefois localement, comme en Dordogne, "on a déjà dépassé le niveau plus bas historique connu (...) avec un mois d'avance", note M. Ratheau.
"Ce qui est aussi historique", c'est "que ces événements soient aussi rapprochés", a souligné auprès de l'AFP Nicolas Pedron, directeur adjoint des enjeux Eau du BRGM, avec des sécheresses marquées en 1976, en 89, 90, 91, puis 2022-2023 et maintenant 2026.
Pour les prochains mois, le BRGM indique que les prévisions restent "incertaines", entre optimisme pour la Beauce et pessimisme pour le Limousin et le Grand-Est.
"Il faut qu'il pleuve là, maintenant et que les températures baissent si on veut changer de trajectoire", a souligné M. Ratheau. D'autant que la canicule annoncée pour cette semaine, "c'est jamais bon signe".
De plus, "les sols sont tellement secs et la végétation a tellement besoin d'eau" que les premières pluies, si elles arrivent, profiteront d'abord à la végétation et aux sols, et non aux nappes, a souligné M. Ratheau.
Par conséquent, le BRGM estime que cela "accentuer(a) la vidange sur la quasi-totalité des nappes au moins pour le mois d’août".
- sobriété et restrictions -
Face à cela "la première mesure d'adaptation, c'est de faire des économies d'eau", notamment sur "l'eau qu'on n'a pas besoin de prélever", explique M. Pedron.
Lundi, le gouvernement a annoncé que près de 70% de la France était déjà soumis à des restrictions, annonçant une nouvelle réunion de crise mercredi.
Fin juillet, "plus de 30.000 personnes sur 80 communes" devaient déjà être approvisionnées en eau potable par des camions-citerne ou grâce à des bouteilles d'eau, selon le gouvernement.
Outre la sécheresse des nappes, la France affronte également une sécheresse superficielle des sols à des niveaux records et est frappée par une sécheresse "historique" des petits cours d'eau. Une large partie de l'Europe occidentale fait également face à une sécheresse généralisée.