Réveillée en panique par le puissant séisme qui a secoué l'île indonésienne de Florès et fait au moins 40 morts, Melania Nius a prié pour que sa famille ait "une nouvelle chance de vivre". Et la voie s'est ouverte.
"Nous étions tous les quatre sur le lit, mon époux, nos deux enfants et moi", quand le tremblement de magnitude 7,7 a frappé au nord cette île de l'est du pays, samedi vers 05H30, se remémore la femme de 56 ans.
Son mari, Basianus Cak, était traité au troisième étage de l'hôpital de Ruteng pour une maladie cardiaque et pulmonaire, ainsi que du diabète. "Le lit s'est presque retourné. Les tables et tout ce qui était dessus, et aussi sur les placards, tout est tombé et s'est répandu partout", décrit-elle.
"On paniquait. Quand le tremblement s'est un peu affaibli, on a tout de suite poussé le lit et on l'a conduit (son mari) dehors", raconte Mme Nius.
Des débris bloquaient la voie, mais la famille a réussi à se frayer un chemin grâce à l'aide d'autres personnes.
"J'ai simplement prié: +Dieu, si vous nous donnez une nouvelle chance de vivre, pitié, ouvrez un chemin pour nous+", et "il nous a donné une autre chance".
Après la secousse, les autorités avaient initialement lancé une alerte au tsunami, rapidement levée. Mais environ 2.000 habitants de Florès ont quand-même évacué.
Beaucoup sont restés dehors toute la nuit, de crainte que les répliques ne fassent s'effondrer des bâtiments déjà fragilisés.
- "Certains ont sauté par les fenêtres" -
A l'extérieur de l'hôpital de Ruteng, des dizaines de patients ont trouvé refuge dans des tentes.
Tonsianus Sambang rendait visite à sa mère, prise en charge pour une hémorragie intracérébrale, quand la terre a tremblé.
"Donc, on s'est tous mis à paniquer, certains ont sauté par les fenêtres, d'autres ont couru dehors", raconte le coiffeur de 31 ans à l'AFP.
"Des choses tombaient partout, donc notre première priorité à ce moment-là était de trouver comment évacuer les patients et les faire sortir de cette pièce. Les murs s'effondraient, des débris tombaient, et des objets étaient répandus sur le sol".
Il dit avoir été "très inquiet" au sujet de possibles répliques, alors que sa mère et d'autres malades étaient contraints de dormir dehors.
Le trentenaire en a appelé au gouvernement pour que des fournitures de tous types soient distribuées aussi vite que possible.
La Croix-Rouge et le Croissant-Rouge ont affirmé que les préparatifs étaient en cours pour apporter de l'aide à quelque 2.000 personnes déplacées dans des refuges temporaires.
Le gouvernement a, lui, envoyé 50.000 kits, soit 275 tonnes d'aide humanitaire. De son côté, l'Union européenne a proposé de mettre à disposition ses satellites d'observation Copernicus Earth, utiles pour la reconnaissance de terrain et la localisation de possibles victimes.
Le personnel de l'hôpital de Ruteng devait quant à lui composer avec un afflux de personnes blessées directement par le séisme, comme Yoktafiana Sinar.
"La blessure que j'ai à la tête s'améliore, mais ma jambe me fait toujours mal. Elle s'est cassée quand la maison s'est effondrée sur moi", relate à l'AFP la femme de 40 ans, employée dans un restaurant.
"Il était six heures du matin. J'allais prendre une douche et me préparer pour le travail quand le séisme a frappé. Mes petits-enfants étaient dehors, donc j'ai couru pour les sauver. J'ai mis mes petits-enfants à l'abri sous mon ventre, et c'est moi qui ai été touchée quand la maison s'est écroulée".
Selon les secours, près de 160 maisons, des dizaines d'infrastructures d'éducation et de santé, ainsi que d'autres bâtiments publics ont été endommagés.
N.Lambert--LCdB