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Pompiers, agriculteurs, hélicoptères : la Belgique se mobilise dimanche contre l'un des pires feux de son histoire, qui a ravagé près de 3.000 hectares dans une réserve boisée, difficile d'accès.
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Ils s'appuyent sur le soutien de nombreux agriculteurs de la région, venus prêter main forte.
"Actuellement, on a une quinzaine de tracteurs qui font la file pour se ravitailler", assure Jean-Pierre Robert, patron d'un hôtel proche du lac de Robertville, à l'AFP.
"On a bougé nos vaches et on a ouvert toutes nos barrières pour donner accès" à ce plan d'eau stratégique, explique cet homme de 54 ans.
Cet incendie est le plus gros de l'histoire belge récente - un brasier en 1911 avait également ravagé la zone.
Les conditions pour le combattre restent complexes, même si de premiers "fronts de feu" sont "sous contrôle", selon le ministre de l'Intérieur belge, Bernard Quintin.
La région toute entière, proche de l'Allemagne, est couverte d'un panache de fumée, jaunie par endroits, qui a poussé les autorités à évacuer des habitants dans deux villages proches de l'incendie.
L'odeur de fumée a été ressentie jusqu'à Namur, à plus de 100 kilomètres de là, ou même dans le département français de la Moselle qui a déclenché une procédure d'alerte à la pollution atmosphérique.
Aucune habitation n'a toutefois été touchée.
- Origine du feu inconnue -
Selon les autorités, "plusieurs foyers" restaient "actifs" dimanche, avec un vent qui change régulièrement de direction.
Des soldats du feu venus de toute la Belgique et d'Allemagne sont sur place, assistés de camions-pompiers nouvelle génération.
Mais la configuration particulière du terrain, boisé et très accidenté, "rend l'intervention particulièrement complexe", ont souligné les autorités dans un communiqué.
Elle ne "permet pas aux services de secours d'attaquer partout le feu à très courte distance avec leurs moyens habituels".
Ni même d'accéder à la première zone qui a brûlé - ce qui fait que l'origine du feu reste encore inconnue.
La solution vient donc peut-être du ciel.
En plus de sa propre flotte, la Belgique mise sur un renfort aérien d'autres pays européens pour tenter de maîtriser la situation.
- Renforts des Pays-Bas, Suède -
Un ballet d'hélicoptères de la police fédérale belge et des Pays-Bas s'est mis en place dimanche matin pour larguer de l'eau sur les flammes.
Grâce au mécanisme de protection civile, un dispositif européen activé samedi, la Belgique compte, en plus de ses deux propres hélicoptères, deux hélicoptères des Pays-Bas, des Chinook, ainsi que deux bombardiers d'eau venus de Suède, opérationnels dans l'après-midi.
La commissaire européenne Hadja Lahbib a précisé à l'AFP qu'un agent de liaison avait également été dépêché sur place pour coordonner le déploiement des moyens aériens.
"C'est crucial pour éviter les accidents", comme celui début août en Grèce quand deux hélicoptères sont entrés en collision en tentant d'éteindre des flammes, a-t-elle souligné.
"Merci à nos partenaires européens pour l'aide qu'ils nous apportent", a salué le Premier ministre belge Bart De Wever dans une publication sur X dimanche.
Comme une grande partie de l'Europe, la Belgique a souffert ces derniers jours d'un nouvel épisode de fortes chaleurs et de sécheresse. Le mercure est monté jusqu'à 37°C dans certaines parties du pays vendredi, des conditions propices au départ d'incendies.