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La riposte de Canal+ à la fronde anti-Bolloré, une compétition sans grand relief secouée par un ovni sud-coréen et des stars qui prennent position. Voici cinq choses à retenir de la première semaine cannoise, et les moments forts encore attendus d'ici à samedi.
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- Quand Bolloré s'invite à Cannes
Le milliardaire conservateur, dont le groupe est actionnaire de référence de Canal+, était sur toutes les lèvres après une sortie de Maxime Saada, président du directoire de Canal+.
Lors d'un déjeuner avec des producteurs de cinéma, M. Saada a annoncé ne plus vouloir travailler avec les 600 signataires d'une tribune anti-Bolloré publiée mardi, dont les acteurs Swann Arlaud et Juliette Binoche.
"Je n'ai pas envie de travailler avec des gens qui me traitent de crypto-fasciste", s'est agacé Maxime Saada. Le président du Centre national du cinéma (CNC) Gaëtan Bruel a dit "regretter" cette annonce, appelant au calme.
Des personnalités politiques de gauche ont aussi dénoncé une attaque contre la liberté du cinéma.
Pendant les projections cannoises, l'apparition à l'écran du logo de Canal+, premier financeur du cinéma français, a plusieurs fois été sifflée.
- Une compétition secouée par un ovni
"Fatherland" de Pawel Pawlikowski, sur le retour de l'écrivain Thomas Mann en Allemagne en 1949, dans un pays en voie de dénazification pris entre deux blocs idéologiques, a été bien accueilli.
Tout comme "Soudain", de Ryusuke Hamaguchi, avec Virginie Efira en directrice d'Ehpad qui noue une relation profonde avec une metteuse en scène japonaise.
Dimanche soir, la projection du blockbuster sud-coréen "Hope" de Na Hong-jin est venue secouer la Croisette. Plus gros budget de l'histoire du pays, ce film sélectionné en compétition est une suite de scènes d'action impressionnantes pour une course-poursuite de 2h40 entre des hommes et de mystérieuses créatures.
- Des stars engagées
Le réalisateur sud-coréen Park Chan-wook, président du jury, a donné le ton mardi. "Je ne crois pas qu'on devrait séparer l'art de la politique", a-t-il insisté.
Le réalisateur iranien Asghar Farhadi a profité de la tribune cannoise pour dénoncer les bombardements israélo-américains sur son pays ainsi que la répression gouvernementale qui a fait des milliers de morts en janvier.
"Je ne peux, sans aucune justification, accepter le fait que la vie soit ôtée à un être humain, que ce soit une guerre, que ce soit des exécutions ou que ce soit de massacrer des manifestants", a insisté le cinéaste.
L'acteur espagnol Javier Bardem a lui ciblé la "masculinité toxique" de Vladimir Poutine, Donald Trump ou Benjamin Netanyahu.
"C'est le grand bonhomme qui dit +ma bite est plus grosse que la tienne et je vais te bombarder la gueule+", a-t-il ajouté, estimant que cette attitude provoquait des "milliers de morts".
- La révolution IA
"L'IA est là", a déclaré l'actrice américaine Demi Moore, membre du jury. "Et la combattre, c'est livrer une bataille que nous perdrons. Chercher des moyens de travailler avec elle me semble donc une voie plus précieuse à suivre", a-t-elle ajouté.
Un avis souvent partagé sur la Croisette, où Steven Soderbergh a présenté un film sur la dernière interview de John Lennon, dont des images ont été fabriquées grâce à l'intelligence artificielle.
"Pour moi, ce n'est pas différent des autres effets spéciaux", a quant à lui déclaré le réalisateur du "Seigneur des Anneaux" Peter Jackson, distingué d'une Palme d'or d'honneur.
"Je ne déteste pas ça", même si l'IA "va détruire le monde", a-t-il plaisanté.
- Et la suite ?
Plusieurs films sont très attendus en deuxième semaine, à commencer par "Notre salut", d'Emmanuel Marre, sur le destin d'un petit fonctionnaire (Swann Arlaud) qui tente de se faire une place dans les rouages du régime de Vichy.
Le même jour, la première partie du biopic sur le général De Gaulle, d'Antonin Baudry, sera projetée hors compétition, pour une journée très mémorielle.
Enfin, le cinéaste russe en exil Andreï Zviaguintsev revient après neuf ans d'absence avec "Minotaur", un film sur l'impact de la guerre sur une famille de la bourgeoisie russe.