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Les ruines de Tyr, classées au patrimoine de l'humanité de l'Unesco, ont été endommagées par des frappes israéliennes, a annoncé lundi le ministre de la Culture du Liban.
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"Je lance un appel pour éviter de cibler les sites archéologiques du pays (...) en particulier les ruines de Tyr qui sont dans le patrimoine commun de l'humanité", a déclaré Ghassan Salamé à l'AFP.
Sur place au lendemain des frappes, des correspondants de l'AFP ont constaté des dégâts.
Il s'agit du "plus grand dommage au site depuis le début de la guerre", a dit à l'AFP Ali Badaoui, directeur des sites archéologiques dans le sud du Liban.
Située sur la côte dans le sud du Liban, à une vingtaine de kilomètres de la frontière avec Israël, Tyr est l'une des plus anciennes cités du monde méditerranéen.
Elle compte deux sites protégés inscrits au patrimoine mondial de l'Unesco, présentant notamment des vestiges de l'Empire romain, un arc de triomphe et un hippodrome datant du IIe siècle.
Dimanche, l'armée israélienne avait émis un nouvel ordre d'évacuation pour une zone qui inclut l'un des deux sites, comprenant des vestiges romains, avant de mener des frappes.
Des correspondants de l'AFP ont pu voir une partie de la zone, proche des colonnes antiques, recouverte de débris, fragments de métal tordus et branches d'arbres brisées. Des gravats parsèment un escalier de pierre menant à l'intérieur du site.
Les frappes se sont abattues sur des bâtiments voisins et l'une a touché un bureau administratif du site, rapporte le responsable.
"Certains artéfacts archéologiques ont été endommagés lorsque des gravats les ont atteints, car une pluie de débris est tombée sur un vaste périmètre", atteignant "colonnes, chapiteaux, bases de colonnes, mosaïques", a-t-il énuméré.
Ghassan Salamé a souligné que les autorités évalueront les dégâts "dès qu'un cessez-le-feu aura lieu ou que nous pourrons avoir accès aux ruines sans mettre en danger la vie de nos archéologues".
Il a affirmé qu'Israël "ne respecte pas" la Convention de la Haye qui oblige à préserver les biens culturels en cas de conflit armé, ni les "Boucliers bleus", un emblème symbolique mis en place par un comité lié à l'Unesco pour protéger le site de Tyr.
Depuis une précédente guerre entre Israël et le Hezbollah en 2023-2024, l'Unesco a placé plus de 70 sites patrimoniaux au Liban, dont Tyr, sous "protection renforcée provisoire".
Le site de Tyr "est un site civil, un site inscrit au patrimoine mondial, ce n’est absolument pas un site militaire, et il n'y a aucune activité militaire sur place", a assuré M. Badaoui.
L'autre site protégé de Tyr, El‑Bass, a aussi été endommagé depuis le début de la guerre le 2 mars, a-t-il ajouté.