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Après l'attaque contre la Gay pride de Berlin, le ministre allemand de l'Intérieur promet un tour de vis sécuritaire, sur fond de polémique sur la remise en liberté du suspect, un islamiste radicalisé, mort entretemps.
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Dans un entretien avec le quotidien Bild à paraître mardi, le ministre conservateur Alexander Dobrindt, a plaidé pour un plan en trois points : modification du droit pénal des mineurs, recours accru aux bracelets électroniques et règles uniformes à l’échelle nationale en matière de détention préventive.
A moins de deux mois d'élections municipales serrées à Berlin, cet attentat samedi soir qui a provoqué la mort d'une Polonaise de 65 ans et fait 29 blessés, pourrait profiter à l'extrême droite (AfD) en plein essor dans toute l'Allemagne.
Abdul Ballout avait alors affirmé s'être distancé de l'EI et le tribunal avait pris en compte ses six mois de détention provisoire en Allemagne et ses trois mois de prison au Liban, pays où il avait été condamné pour son appartenance à cette organisation jihadiste.
Depuis la révélation dimanche de ce parcours, les critiques à l'égard de manquements judiciaires pleuvent de tous les côtés.
"Je ne comprends toujours pas comment cet homme, pourtant placé sous surveillance permanente, a pu s'approcher de la Gay pride sans être repéré", a admis lundi le chancelier Friedrich Merz.
"Le danger a été minimisé", déplore Rolf Tophoven, un expert de l'Institut pour la recherche en terrorisme et en sécurité politique à Essen, dans un entretien avec l'AFP.
L'auteur présumé de l'attaque a été cerné dimanche en fin d'après-midi dans un jardin ouvrier, où il a été abattu par la police après avoir couru en direction d'agents, "muni d'une arme blanche", selon la police.
- "S'attaquer à la racine" -
Sur son site internet, la tête de liste de l'AfD à Berlin, Kristin Brinker, a appelé à "immédiatement mettre un terme à la politique de complaisance menée jusqu'à présent envers les islamistes enclins à la violence".
Le candidat de la CDU, le parti conservateur du chancelier et de l'actuel maire de la capitale allemande, a convenu qu'il y avait "un problème dans cette ville lié à l'islam politique".
"Il faut s’attaquer à l’islamisme à la racine. Cela ne commence pas seulement au moment de l’acte de violence. Cela commence bien plus tôt", a exigé Stefan Evers, dans un entretien avec le quotidien Die Welt.
Berlin fait partie des villes allemandes comptant les plus importantes populations musulmanes.
L'Etat et la police n'ont "pas agi correctement dans ce cas-là", a estimé Alfred Kubitz, un retraité bavarois en vacances à Berlin, interrogé par l'AFP devant la porte de Brandebourg, à quelques centaines de mètres du lieu de l'attentat, où des fleurs ont été déposées pour honorer les victimes.
Cité par le quotidien allemand Handelsblatt, le député conservateur Marc Henrichmann, qui préside la commission parlementaire de contrôle des services de renseignement, a souligné que "les libertés individuelles des extrémistes et islamistes déjà connus de la justice" ne devaient "plus être surévaluées à partir du moment où il y a un danger pour la vie d'autres personnes".
Le président de la Fédération des officiers allemands de la police criminelle, Dirk Peglow, a affirmé que, "pour une personne présentant un tel potentiel de dangerosité, la sortie de détention ne devait pas marquer la fin de l’attention de l’Etat".
Dans un entretien avec la radio Deutschlandfunk, la déléguée à l’intégration de l’arrondissement berlinois de Neukölln, où habitent de nombreux musulmans, Güner Balci, a de son côté appelé à fermer les mosquées les plus radicales "pour envoyer un signal clair".