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Emmanuel Macron va tenter de reprendre la main en conviant successivement à l'Elysée mardi et mercredi les représentants des forces politiques présentes dans la nouvelle Assemblée, où l'absence de majorité absolue menace de rendre le pays ingouvernable.
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Resté silencieux depuis l'annonce des résultats des législatives, le chef de l'Etat a proposé de "dialoguer et échanger pour l'intérêt supérieur de la Nation" avec ces responsables politiques afin de "bâtir des solutions au service des Français", selon son entourage.
Parmi les premiers responsables à avoir accepté de se rendre successivement à l'Elysée, figurent Christian Jacob (LR), Olivier Faure (PS), Fabien Roussel (PCF) et Julien Bayou (EELV) qui sera reçu mercredi à 9H00.
Le Conseil des ministres prévu mardi a été repoussé, de même que le lancement, mercredi, du Conseil national de la refondation, outil de la "nouvelle méthode" de concertation prôné par le président.
Un remaniement est inévitable pour remplacer les trois ministres battues dimanche: à la Transition écologique, Brigitte Bourguignon à la Santé et Justine Benin à la Mer.
Deux mois seulement après sa réélection, le chef de l'Etat est déjà au pied du mur: doit-il garder Elisabeth Borne après quelques semaines à Matignon? Et comment peut-il réorienter politiquement le gouvernement pour tenter d'atteindre une majorité absolue à l'Assemblée?
"Ma hantise, c'est que le pays soit bloqué", a reconnu la porte-parole du gouvernement Olivia Grégoire. "Il va falloir de l'imagination, de l'audace, de l'ouverture", a-t-elle estimé, réitérant l'idée d'une main tendue à destination de "tous ceux qui veulent faire avancer le pays".
Mais cet appel à "une majorité d'action", lancé dès dimanche soir par Elisabeth Borne, a été fermement rejeté par les oppositions, à l'exception de quelques élus de droite ou de centre-gauche. Lundi le président par intérim du RN Jordan Bardella a estimé que Mme Borne devait "rendre son tablier".
Avec 245 députés, les macronistes d'Ensemble! sont loin de la majorité absolue, fixée à 289 sièges sur 577.
Ils devancent la Nupes, qui aura au moins 150 représentants dans l'hémicycle, selon un décompte actualisé effectué par l'AFP qui inclut les députés d'Outre-mer, mais sans préjuger du choix des dissidents socialistes et de plusieurs élus divers gauche.
Viennent ensuite le Rassemblement national, qui réalise une percée historique (89 sièges), puis les Républicains, avec un taux d'abstention de 53,79%.
- "Blocage des réformes" -
Pour le LR Christian Jacob, "pas question de pacte, de coalition ou d'accord de quelque nature" avec les macronistes. Mais Catherine Vautrin, la présidente ex-LR du Grand Reims et un temps pressentie pour Matignon, a appelé dans un entretien à Libération la droite à prendre ses "responsabilités" autour d’un accord programmatique et de gouvernement avec le camp Macron.
Après un quinquennat où le chef d'Etat a "piétiné le Parlement comme jamais, (...) il a maintenant un qui ne sera pas composé que de Playmobil", a averti Mathilde Panot, élue de la coalition de gauche Nupes, qui a déjà réclamé la démission de Mme Borne et annoncé "une motion de censure" contre son gouvernement.
Même intransigeance au Rassemblement National. Marine Le Pen a prévenu qu'elle va "mettre en œuvre le blocage de toutes les réformes (...) nocives, au premier rang desquelles la retraite à 65 ans".
- Divergences à la Nupes -
En attendant, la coalition de gauche va devoir s'organiser à l'Assemblée.
Mais les premières fractures sont apparues lundi avec le refus par le Parti socialiste, EELV et le PCF de la proposition de Jean-Luc Mélenchon de former un groupe unique.
"La gauche est plurielle (...) Vouloir supprimer cette diversité est une erreur, et je m'y oppose", a déclaré la députée socialiste Valérie Rabault.
Un peu plus tôt, Jean-Luc Mélenchon avait exprimé sa crainte que le statut de première opposition à Emmanuel Macron ne soit remis en cause par un éparpillement des forces, ce qui permettrait au RN de prendre la place.
Estimant que le parti d'extrême droite était le deuxième le plus puissant, Marine Le Pen a réclamé que la présidence de la commission des Finances de l'Assemblée, aux pouvoirs étendus, revienne à l'un de ses députés.
Quelques heures après avoir été élus, les premiers députés ont fait lundi leur entrée à l'Assemblée. Avec émotion pour les nouveaux. "Je suis très touché", a reconnu Charles Rodwell, 25 ans député des Yvelines. Tous s'attendent à des séances agitées. "Comptez sur nous pour être offensifs", a prévenu l'Insoumise Clémentine Autain.