Le patron de l'Ina Laurent Vallet, suspendu après avoir acheté de la cocaïne, démissionne / Photo: LOU BENOIST - AFP/Archives
Le président de l'Institut national de l'audiovisuel (Ina) Laurent Vallet, qui avait été suspendu de ses fonctions début août en raison de l'achat de cocaïne, a annoncé vendredi sa démission.
"J’ai présenté à la ministre de la Culture ma démission des fonctions de président de l’Ina que j’exerce depuis 2015", afin de suivre une mesure "d’injonction thérapeutique" devant être ordonnée par la justice, a-t-il indiqué dans un communiqué.
Laurent Vallet, 55 ans, avait été interpellé fin juillet à Paris à son domicile parisien après s'être fait livrer de la cocaïne, et aussitôt suspendu par la ministre Rachida Dati.
Dans un message interne à l'Ina consulté par l'AFP, il a remercié vendredi les quelque 900 membres du personnel et présenté ses "excuses très sincères pour cette fin trop brutale", dont il se dit "seul responsable".
M. Vallet venait d'être reconduit en mai pour un troisième mandat de cinq ans, sur proposition de Mme Dati.
Celle-ci a salué vendredi "la réussite de Laurent Vallet et le professionnalisme des équipes de l’Ina" dans sa transformation ces dernières années, "qui a profondément renforcé la notoriété de l’établissement", selon un communiqué.
"A la suite des faits d'usage de stupéfiants qui m'ont été reprochés, le procureur de la République près le tribunal judiciaire de Paris m'a convoqué la semaine prochaine afin de me notifier une mesure alternative aux poursuites pénales, dite +d'injonction thérapeutique+", a annoncé M. Vallet vendredi.
Il a précisé avoir préféré démissionner "souhaitant pouvoir d'ores et déjà (s)e consacrer pleinement au suivi de cette mesure et ce, pendant toute sa durée légale de 6 mois".
Dans son communiqué, M. Vallet remercie également les pouvoirs publics, se disant "fier d'avoir conduit pendant dix ans la transformation" de l'institut.
"D'une ampleur inédite, elle a permis à l’Ina de s’affirmer comme un média singulier, un média patrimonial d'information et de culture populaire désormais ancré dans un lien extrêmement puissant avec ses publics", fait-il valoir.
En plus de son rôle traditionnel d'archiver les images et sons de la télévision et de la radio, l'institut est devenu un média à part entière, en exploitant ses archives.
Cette stratégie s'est traduite par une politique très active sur les réseaux sociaux, la création de plusieurs émissions de télé et chaînes YouTube, et le lancement en 2020 de l'offre payante de streaming vidéo Madelen.
L'Ina est concerné par le projet de réforme de l'audiovisuel public porté par Mme Dati. Il prévoit de créer une holding, France Médias, qui chapeauterait également France Télévisions et Radio France. Les syndicats des entreprises y sont opposés.
Pour assurer la présidence par intérim de l'Ina, Mme Dati a nommé Agnès Chauveau, sa directrice générale.
K.Cox--LCdB