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La plateforme française Deezer s'écroulait mardi matin pour ses premiers pas à la Bourse de Paris, malgré des conditions jugées pourtant plus favorables pour les acteurs du streaming musical, depuis une première tentative avortée en 2015.
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A 10H52 (08H52 GMT), l'action Deezer chutait de 35,06% à 5,52 euros, contre 8,50 euros pour son cours d'ouverture, dans un marché en baisse de 1,12%.
Le concurrent français du groupe suédois Spotify a fait ses débuts mardi à la Bourse de Paris, quelques minutes après que son patron a sonné la cloche ouvrant le marché, au côté du ministre de l'Economie Bruno Le Maire, a constaté un journaliste de l'AFP sur place.
"Vous devez croître, conquérir de nouveaux marchés, comme le marché américain", a déclaré le ministre. "Je n'accepte pas de voir toutes les entreprises américaines venir en Europe, sans voir les entreprises européennes aller aux Etats-Unis pour expliquer à nos amis américains que les entreprises européennes sont les meilleures", a ajouté M. Le Maire.
Quelques jours plus tôt, Jeronimo Folgueira, directeur général de Deezer depuis juillet 2021, avait souligné auprès de l'AFP que pour cette "deuxième tentative" boursière, "la situation est différente de ce qu'elle était en 2015". "Le streaming musical est vraiment établi, il représente presque deux tiers des revenus de la musique enregistrée, ce qui n'était pas le cas avant", avait-il expliqué.
Pour réussir cette fois-ci, les principaux actionnaires de Deezer – notamment le milliardaire anglo-américain Len Blavatnik qui détient 43% des parts – ont choisi un système d'introduction moins risqué, via un Spac, un véhicule d'investissement.
Le Spac I2PO, fondé par la famille du milliardaire français François Pinault, l'homme d'affaires français Matthieu Pigasse et l'ancienne dirigeante de WarnerMedia, Iris Knobloch, elle aussi présente mardi chez Euronext, a levé des fonds en Bourse pour faciliter la cotation de Deezer et a déjà récolté 143 millions d'euros.
- Nouveaux marchés -
Lancé en 2007, le service français d'écoute musicale par abonnement revendique près de 30% du marché en France, mais ses 9,6 millions d'abonnés ne pèsent que 2% du marché mondial du streaming musical, loin derrière le leader Spotify (31% de parts de marché), Apple, Amazon et Tencent, selon le cabinet MIDiA.
La stratégie de Deezer, qui veut plus que doubler ses revenus d'ici à 2025, est de miser sur la musique, son univers et sa technologie, contrairement à Spotify qui multiplie les lancements de podcasts ou Amazon qui se concentre sur les livres audios.
Pour profiter de la croissance rapide du marché mondial du streaming (+26,4% d'utilisateurs en un an au second semestre 2021), Deezer compte surtout s'allier avec des acteurs déjà implantés dans plusieurs marchés clés pour s'appuyer sur des bases de clients déjà existantes: les opérateurs Orange en France et Tim au Brésil, ou encore le groupe RTL en Allemagne.
"Notre intention est de trouver des partenaires avec lesquels nous pouvons entrer sur de nouveaux marchés, car nous avons un produit extrêmement compétitif et, avec la bonne distribution, nous savons que nous pouvons conquérir des parts de marché et rivaliser avec les grands acteurs", détaille Jeronimo Folgueira.
Si l'entreprise Believe, spécialisée dans l'accompagnement d'artistes et de labels indépendants, avait levé 300 millions d'euros lors de son introduction en juin 2021 -- une déception face au montant escompté initialement --, Banijay, géant mondial de la télévision, et Betclic, poids lourd européen du pari sportif en ligne, ont réussi leur entrée en Bourse vendredi à Amsterdam.
Réunis sous le nom de FL Entertainment, groupe piloté par le magnat français de l'audiovisuel Stéphane Courbit, le titre regroupant les deux entités s'est apprécié de près de 5% pour son premier jour de cotation.