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Fragilisé par des démissions qui se succèdent dans son gouvernement, le Premier ministre Boris Johnson se bat pour sa survie politique, passant sur le gril des députés britanniques mercredi.
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Premiers à partir, les ministres de la Santé Sajid Javid et des Finances Rishi Sunak ont annoncé à quelques minutes d'intervalle leur démission mardi soir, lassés des scandales à répétition qui secouent le gouvernement depuis des mois.
Dans la foulée, d'autres membres du gouvernement moins haut placés ont eux aussi jeté l'éponge, dont trois secrétaires d'Etat mercredi, portant le nombre total de départs à plus d'une douzaine.
Dernier en date à partir, le secrétaire d'Etat aux Finances John Glen a sèchement motivé sa démission par un "total manque de confiance" dans le Premier ministre.
Déterminé à rester, Boris Johnson défendra son poste à midi (11H00 GMT) au Parlement lors de la séance hebdomadaire de questions au Premier ministre qui s'annonce électrique.
Il affrontera ensuite les présidents des principales commissions de la Chambre des Communes, parmi lesquels certains de ses critiques les plus virulents au sein de son parti conservateur.
Ce dernier a démissionné la semaine dernière après avoir été accusé d'attouchements sur deux hommes.
Après avoir affirmé l'inverse, Downing Street a reconnu mardi que le Premier ministre avait été informé dès 2019 d'anciennes accusations à l'encontre de M. Pincher mais qu'il les avait "oubliées" en le nommant.
Pour le secrétaire d'Etat aux Ecoles Robin Walker, qui a démissionné mercredi, les "grandes réalisations" du gouvernement ont été "éclipsées par des erreurs et des interrogations sur l'intégrité".
- "Intégrité" en question -
Un point également soulevé par M. Javid, 52 ans, qui a jugé que les Britanniques étaient en droit d'attendre "de l'intégrité de la part de leur gouvernement".
Le départ de son collègue des Finances, Rishi Sunak, 42 ans, intervient dans un contexte économique particulièrement difficile, en pleine crise du coût de la vie au Royaume-Uni.
Boris Johnson a rapidement remplacé les deux démissionnaires en nommant son ministre de l'Education Nadhim Zahawi aux Finances et Steve Barclay, jusque-là chargé de la coordination gouvernementale, à la Santé.
Des ministres loyaux lui ont réaffirmé leur soutien, comme Nadine Dorries, en charge de la Culture.
Il est parfois "facile de s'en aller", mais "beaucoup plus difficile" de mettre en oeuvre des réformes pour le pays, a affirmé Nadhim Zahawi mercredi sur SkyNews.
Malgré ces marques de soutien, Boris Johnson pourra-t-il survivre à cette énième crise, lui qui a toujours refusé d'envisager la démission?
Dans le Telegraph, l'ancien secrétaire d'Etat chargé du Brexit, David Frost, parti en décembre, l'a appelé à démissionner car "s'il s'accroche, il risque d'entraîner le parti et le gouvernement avec lui".
Déjà considérablement affaibli par le scandale des fêtes organisées à Downing Street pendant la pandémie, M. Johnson a survécu il y a quelques semaines à un vote de défiance de son propre camp.
Se sont ajoutées plusieurs affaires à caractère sexuel au Parlement: un député soupçonné de viol a été arrêté puis libéré sous caution mi-mai, un autre a démissionné en avril pour avoir regardé de la pornographie au Parlement sur son téléphone portable et un ancien député a été condamné en mai à 18 mois de prison pour l'agression sexuelle d'un adolescent de 15 ans.
Le départ de ces deux derniers députés a provoqué des élections législatives partielles et de lourdes défaites pour les conservateurs. Et ce alors que le parti avait déjà essuyé un très mauvais résultat aux élections locales de mai.
Le contexte économique est en outre particulièrement délicat, avec une inflation au plus haut depuis quarante ans, à 9,1% en mai sur douze mois, et des mouvements sociaux.
Selon un sondage de l'institut YouGov mardi soir, 69% des électeurs britanniques estiment que Boris Johnson devrait démissionner.