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Oui aux compromis, non à la "surenchère": le gouvernement a tenté de quadriller le débat lundi à l'Assemblée sur son paquet de mesures en faveur du pouvoir d'achat, tandis que gauche et RN s'affrontaient sur les hausses de salaires.
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Au bout de quatre heures trente d'échanges dans l'après-midi puis dans la nuit, les députés ne sont pas venus à bout de l'article 1 du premier projet de loi, qui prévoit la poursuite de la "prime Macron", prime exceptionnelle défiscalisée et désocialisée pour les salariés.
L'alliance de gauche Nupes n'a eu de cesse de critiquer des primes d'"enfumage" venant "se substituer aux salaires", ce que la majorité récuse. Surtout, les insoumis s'en sont pris aux "bons alliés de la macronie", à savoir selon eux les députés RN qui cherchaient à amender ou élargir la prime, et non à s'y opposer.
La cheffe de file des députés RN Marine Le Pen avait appelé peu auparavant les oppositions à "travailler ensemble pour imposer des compromis à Emmanuel Macron". Fin de non-recevoir donc à ce stade.
Alors que les macronistes ne disposent que d'une majorité relative, le ministre de l'Economie Bruno Le Maire avait lui souhaité "avancer de la manière la plus constructive possible", mais averti qu'il ne rentrerait "pas dans une logique de surenchère", 20 milliards d'aides étant déjà sur la table.
"Le compromis ne s'achète pas à coup de milliards", avait encore lancé M. Le Maire devant un hémicycle bien fourni.
Promesse de campagne, le projet de loi de 20 articles "portant mesures d'urgence pour la protection du pouvoir d'achat" est soumis en première lecture jusqu'à jeudi, avec encore près de 500 amendements à discuter. Les députés enchaîneront avec l'examen du projet de budget rectificatif pour 2022 qui doit permettre de financer et compléter ces mesures.
Parmi les principales figurent la revalorisation anticipée de 4% des pensions de retraite et des prestations sociales, l'augmentation de 3,5% du traitement des agents publics, un chèque alimentaire sous conditions de ressources de 100 euros, auquel s'ajouteront 50 euros par enfant.
On y trouve également la prolongation de la remise carburant de 18 centimes et du bouclier tarifaire sur l'énergie, et la suppression de la redevance audiovisuelle.
- "urgence sociale" -
La gauche a étrillé un paquet de mesures "au goût de trop peu" (PCF). C'est "quelques miettes et beaucoup de carbone", d'après l'écologiste Sandrine Rousseau.
Ces députés vont décliner en amendements leur propre texte "d'urgence sociale" avec hausse du Smic à 1.500 euros ou taxation des "superprofits" des grands groupes.
Pour les LR, "le mécontentement et l’incompréhension sont là" et "vous fracturez la société" en accordant des chèques à certains, a accusé leur orateur Thibault Bazin à l'adresse de l'exécutif. Son groupe pousse notamment pour une "baisse du prix du carburant à 1,5 euro par litre".
Alors que l'inflation s'établit à 5,8% sur un an en juin, "le plus dur, nous y sommes pour quelques mois encore", a admis M. Le Maire.
"Aucun groupe, aucun parti politique, aucun député n'a intérêt à dire à la fin de la semaine que ce texte n'est pas adopté", sinon "ça veut dire que le pouvoir d'achat des Français ne sera pas protégé", selon la présidente des députés LREM Aurore Bergé.
Pas de "démagogie" mais du "sérieux budgétaire", avait aussi mis en garde le chef de l’État dans son interview du 14-Juillet, voulant croire "à l'esprit de responsabilité des forces politiques à l'Assemblée".
Le groupe RN a déjà prévu de soutenir ce texte "urgent", certains Nupes considèrent que "c'est mieux que rien" et la droite promet d'être "exigeante" sur le financement.
M. Le Maire a tendu la main aux LR en se disant ouvert à une défiscalisation des heures supplémentaires plus poussée - comme voté en commission - et à élargir l'indemnisation de ceux qui utilisent leur véhicule pour aller travailler.
L'adoption définitive du paquet pouvoir d'achat, à l'issue d'une navette avec le Sénat, est programmée au 7 août, si le plan du gouvernement se déroule comme prévu.
Durant la semaine écoulée, il a subi un premier revers avec le projet de loi sanitaire, amputé d'un article-clé sur le possible retour d'un passe sanitaire anti-Covid pour les entrées dans l'Hexagone.