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Les Vénézuéliens attendent toujours dimanche la poursuite des libérations de prisonniers politiques promises par le régime, tandis que le président déchu Nicolas Maduro reste combatif depuis sa cellule américaine.
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Un collectif d'ONG de défense des droits humains a déploré le décès survenu la veille d'Edison José Torres Fernandez, un policier de 52 ans, détenu pour trahison à la patrie, peu de temps après le début de libérations d'opposants par les autorités sous la pression de Washington.
Agent dans l'Etat vénézuélien de Portuguesa, à environ 400 kilomètres à l'ouest de Caracas, le policier, qui comptait plus de vingt ans de service, avait été arrêté le 9 décembre dernier pour avoir "partagé des messages critiques à l'encontre du régime et du gouverneur de l'Etat", selon ce collectif, baptisé "Comité des familles pour la liberté des prisonniers politiques".
Le Venezuela a annoncé jeudi la libération d'un "nombre important" de prisonniers, y compris des étrangers. Mais à peine une vingtaine de personnes détenues pour des raisons politiques ont été libérées depuis, selon des proches et des défenseurs des droits humains.
Le gouvernement vénézuélien présente cette mesure comme un geste de "coexistence pacifique", les Etats-Unis y voyant une conséquence de leur intervention après le bombardement du pays pour capturer le président Nicolas Maduro le 3 janvier dernier.
- "Des combattants" -
Aux Etats-Unis, depuis le centre de détention de Brooklyn, New York, où il est incarcéré, M. Maduro, s'est montré confiant. "Nous allons bien. Nous sommes des combattants", a-t-il déclaré selon son fils, dans une vidéo publiée samedi par le PSUVA, le parti au pouvoir au Venezuela.
Avec des pancartes proclamant "Nous voulons leur retour", un petit millier de sympathisants ont défilé samedi dans les rues de Caracas, scandant "Maduro et Cilia sont notre famille!"
"Ici, il y a un peuple qui se bat", dit dans le cortège Yusleidys Arroyo, 36 ans.
Les appels à manifester en soutien au président déchu sont quotidiens depuis l'opération militaire américaine. La mobilisation était moindre samedi, où aucune figure du PSUV n'était présente pour haranguer les foules. Peut-être aussi par lassitude de ces rassemblements quotidiens.
La manifestation coïncidait également avec l'anniversaire de l'investiture de M. Maduro pour un troisième mandat, à l'issue des élections de 2024 dénoncées par l'opposition comme frauduleuses.
- Encore plus de 800 prisonniers politiques -
La télévision publique a diffusé une visite de la présidente par intérim Delcy Rodriguez dans une foire agricole à Petare, un quartier emblématique de Caracas où s'est également tenue une petite manifestation en faveur du régime.
"Nous n'allons pas nous reposer une seule minute tant que nous n'aurons pas récupéré le président", a lancé Mme Rodriguez. "Nous allons le sauver, bien sûr que oui".
Dans la foulée de la chute surprise de l'ex-dirigeant, Mme Rodriguez, qui était vice-présidente, a été investie comme cheffe de l'Etat par intérim, et négocie sur plusieurs fronts avec Washington, qui souhaite notamment profiter des immenses réserves de pétrole vénézuéliennes.
Son gouvernement a décidé d'entamer "un processus exploratoire" en vue de rétablir les relations diplomatiques avec les Etats-Unis, rompues depuis 2019.
Après une visite de diplomates américains à Caracas vendredi, l'administration du président américain Donald Trump "reste en contact étroit avec les autorités intérimaires", a indiqué samedi un responsable du département d'Etat.
M. Trump a affirmé avoir "annulé" une nouvelle attaque américaine sur le Venezuela du fait de la "coopération" de Caracas, et Washington entend "dicter" toutes ses décisions. Elle a rétorqué que son pays n'est ni "subordonné, ni soumis" à Washington.
Samedi, le département d'Etat américain a enjoint tous ses ressortissants à ne pas voyager au Venezuela et ceux qui s'y trouvent à "quitter le pays immédiatement", en raison d'une situation sécuritaire jugée "instable".
Il a évoqué la présence de "groupes de milices armées, connus sous le nom de colectivos, qui installent des barrages routiers et fouillent des véhicules à la recherche de preuves de citoyenneté américaine ou de soutien aux Etats-Unis".
L'alerte américaine "repose sur des récits inexistants visant à créer une perception de risque qui n'existe pas", a rétorqué Caracas dans un communiqué, ajoutant que "le Venezuela jouit d'un calme, d'une paix et d'une stabilité absolus".
"Le Venezuela a commencé, DE MANIERE SPECTACULAIRE, à libérer ses prisonniers politiques. Merci !", a commenté samedi M. Trump sur sa plateforme Truth Social.
Depuis, des dizaines de familles d'opposants ou militants vivent dans l'angoisse et l'espoir de retrouver leurs proches.
Certains campent jour et nuit devant des centres pénitentiaires comme celui de l'Hélicoïde, une prison redoutée et gérée par les services de renseignements, ou celui de Rodeo I, à l'est de Caracas. Là, des proches devaient allumer des bougies et prier en tenant des pancartes avec le nom des leurs emprisonnés, a constaté l'AFP.
Depuis 2014, quelque 18 prisonniers politiques sont morts en détention, selon des organisations de défense des droits humains. Selon leurs estimations, le Venezuela en compte actuellement entre 800 et 1.200.
Les contestations de la proclamation de victoire de Nicolas Maduro à la présidentielle de 2024 avaient conduit à l'arrestation de 2.400 personnes. Plus de 2.000 avaient été ensuite relâchées, selon les chiffres officiels.