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La direction d'ArcelorMittal a confirmé mardi en présence d'Emmanuel Macron la construction sur son site de Dunkerque de son plus gros four électrique en Europe, après des mois d'hésitations sur cet investissement majeur, nécessaire pour assurer l'avenir de cette filière stratégique en difficulté.
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Ce four est destiné à remplacer un des deux hauts-fourneaux du site, afin de produire de l'acier sans charbon, dont la combustion est très émettrice de CO2 et contribue au réchauffement de la planète.
D'une capacité de deux millions de tonnes d'acier par an, il représente un investissement de 1,3 milliard d'euros et doit démarrer courant 2029.
L'investissement sera financé à hauteur de 50% via le mécanisme de certificats d'économie d'énergie (CEE), un dispositif encadré par l'Etat qui oblige les fournisseurs d'énergie à financer des projets visant à réduire la consommation d'énergie.
Avec "cet investissement stratégique, ArcelorMittal confirme (...) son engagement en France et en Europe" a souligné devant des salariés Reiner Blaschek, PDG d'ArcelorMittal Europe.
Mais face à la concurrence accrue de l'acier chinois et aux prix de l'énergie, ce projet ne s'est pas concrétisé jusque là, alimentant la crainte que le géant sidérurgique ne renonce à la décarbonation et se désengage d'Europe.
- "Avenir à long terme" -
La CFDT ArcelorMittal, qui a annoncé dans un communiqué "boycotter" la venue du président de la République, avait dénoncé lundi une "mascarade", déplorant des investissements qui "ont deux ans de retard", et "largement inférieurs à ceux prévus initialement".
"Ça fait quatre ans qu'on nous promet des choses, quatre ans qu'on voit l'usine sombrer", a renchéri Gaëtan Lecocq de la CGT, redoutant aussi que "rien ne se concrétise". La CGT craint que cet investissement soit "insuffisant" pour maintenir la compétitivité d'ArcelorMittal Dunkerque et ses 3.200 salariés.
Pour l'Elysée au contraire, ces investissements sont "le résultat des efforts de la France pour soutenir la sidérurgie française et européenne", et lui assurer un "avenir à long terme".
ArcelorMittal a salué dans un communiqué "les progrès accomplis par la Commission européenne", citant les restrictions sur les importations d'acier en Europe, dont le groupe espère qu'elles seront mises en oeuvre avant le 1er juillet, et le mécanisme d'ajustement carbone aux frontières.
Visant à éviter des distorsions de concurrence pour l'acier européen, soumis à des normes environnementales plus strictes qu'ailleurs, ce mécanisme est entré en vigueur au 1er janvier.
Le PDG d'ArcelorMittal, Aditya Mittal, a remercié dans un communiqué M. Macron et le gouvernement français pour "leur mobilisation pour faire évoluer les mécanismes de défense du marché de l'acier" qui "vont bénéficier à l'ensemble de l'industrie de l'acier en Europe, à commencer par Dunkerque".
Le site d'ArcelorMittal à Dunkerque fait partie des 50 sites industriels les plus émetteurs de gaz à effet de serre, souligne l'Elysée.
Le sidérurgiste qui a annoncé jeudi un bénéfice net de plus de 3 milliards de dollars en 2025, multiplié par 2,5 sur un an, est engagé dans un processus de délocalisation des fonctions support, entraînant 600 suppressions de postes en France.
Mais il a investi 500 millions d'euros pour lancer début décembre à Dunkerque trois lignes de production d'aciers fortement magnétiques destinés à la production de moteurs pour voitures électriques, preuve, selon le groupe, qu'il ne "se désengage pas de la France".
Cela n'a pas convaincu des élus de gauche, qui ont fait adopter à l'Assemblée nationale une proposition de loi visant à nationaliser ArcelorMittal France, dont le sort législatif demeure très incertain. Le texte doit être étudié au Sénat le 25 février.
Emmanuel Macron entame par ce déplacement une semaine axée sur les questions de compétitivité et de souveraineté européennes.
Il se rend mercredi à un sommet sur l'industrie européenne à Anvers, puis le lendemain, toujours en Belgique, à une rencontre informelle des dirigeants de l'UE où il sera notamment question selon un proche, de renforcer l'"indépendance" du Vieux Continent, notamment face aux Etats-Unis de Donald Trump.