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Des communes du Sud-Ouest inondées depuis plus d'une semaine, le bas d'Angers sous les eaux et la Loire-Atlantique à son tour en vigilance rouge: l'épisode de crues "d'une ampleur exceptionnelle" est "loin d'être terminé", a prévenu jeudi le ministre délégué chargé de la Transition écologique, Mathieu Lefèvre.
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"Nous sommes encore très inquiets", a souligné la ministre de la Transition écologique Monique Barbut, appelant la population à la "plus grande prudence" et à respecter les consignes de sécurité, alors que la tempête Pedro traverse le pays d'Ouest en Est.
Météo-France a placé jeudi un cinquième département en rouge, la Loire-Atlantique, en plus de la Gironde, du Lot-et-Garonne, de la Charente-Maritime et du Maine-et-Loire, au 36e jour de pluie consécutif en France, plus longue période de précipitations depuis le début des mesures en 1959.
Dix-huit autres étaient placés en vigilance orange jeudi à 16H00 pour vent, vagues-submersion ou avalanches, dans l'Ouest, de la Normandie aux Landes, sur le littoral occitan de la Méditerranée et dans les Alpes.
- Coupures de courant -
En Loire-Atlantique, une partie du périphérique est de Nantes, dont la chaussée est inondée, est fermée dans les deux sens et douze communes ont activé leur plan communal de sauvegarde, selon la préfecture. Les pompiers ont réalisé plus d'une centaine d'interventions dans le département.
La cote de 2020 (6,12 m) devait être dépassée dans la journée et "une partie significative du bas de la ville" va commencer à être inondée, a ajouté l'élu, qui "n'anticipe pas d'amélioration au moins avant le début de la semaine prochaine".
A quelques kilomètres, des rues, une place et des parkings étaient immergés jeudi après-midi aux Ponts-de-Cé, en bordure de Loire. Des batardeaux anti-inondations ont été installés par la ville près d'une place inondée pour protéger certaines habitations.
Christine Pilette n'avait pas vu un tel niveau d'eau depuis la crue historique de 1994. Chez ses voisins, une quinzaine de centimètres d'eau inonde le salon.
- "Mobilisation totale" -
"Ils ont mis des meubles dans mon garage en attendant que les choses s'arrangent", dit la retraitée de 65 ans, qui habite la commune depuis près de 40 ans.
"Nous avons déployé des renforts nautiques un peu partout dans le département. Nous sommes sans arrêt en train de nous adapter à la montée des eaux", a déclaré le lieutenant-colonel Cyrille Thomy, chef de site pour les pompiers.
"Les crues dans l'Ouest exigent une mobilisation totale", a écrit sur X le Premier ministre Sébastien Lecornu, qui a promis "une indemnisation au plus vite" pour les victimes des crues et a réuni cinq ministres, des professionnels et préfets à 16H30 à Matignon.
A Langon, en Gironde, inondée depuis plusieurs jours, des assureurs ont installé des unités mobiles pour que les sinistrés puissent venir directement déclarer leurs pertes.
Karen Mauron, responsable de boutique de 53 ans, est "bien contente" "d'avoir des interlocuteurs réels face à face" pour demander "le remplacement de tout ce qu'on aura perdu", "la cuisinière, le réfrigérateur".
- Transports perturbés -
"Mes parents ont acheté la maison il y a 38 ans et c'est jamais arrivé", a-t-elle ajouté.
A Saintes, en Charente-Maritime, plus de 2.000 maisons sont touchées, dont la moitié inondées, selon la mairie.
Le temps va enfin devenir "plus sec" à partir de vendredi "sur une bonne moitié sud de la France, et ce jusqu'à mardi", selon Météo-France, mais "l'arrêt des pluies ne signifie absolument pas l'arrêt des crues", a averti Lucie Chadourne-Facon, directrice du service central Vigicrues.
"Toute l'eau qui est arrivée sur les amonts, sur les bassins, va devoir s'évacuer vers la mer. Donc ça, ça va prendre du temps", a-t-elle ajouté.
Inondations et tempêtes ont aussi entraîné des difficultés de circulation sur plusieurs autoroutes du Sud, selon le ministère des Transports, et sur le trafic ferroviaire sur les tronçons Nantes-Angers et Bordeaux-Narbonne, a indiqué la SNCF.
Selon les scientifiques du Giec (Groupe d'experts intergouvernemental sur l’évolution du climat), les précipitations vont devenir plus fréquentes et plus intenses en raison de l'évolution du climat, ce qui augmentera les inondations au niveau local. L'imperméabilisation des sols et la suppression des haies, fossés, zones humides, pour privilégier les grandes cultures agricoles, peuvent en outre aggraver leurs conséquences.