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Les frappes sur les infrastructures du Golfe et le détroit d'Ormuz, dont trois ont touché mercredi des navires commerciaux, forcent les grandes puissances à s'organiser face à la flambée des prix du pétrole, notamment en puisant dans les réserves d'or noir.
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En riposte aux attaques israélo-américaines, l'Iran poursuit une offensive de grande ampleur pour affaiblir à la fois sites de production et transport des hydrocarbures, afin de semer le chaos et d'accroître le coût de la guerre pour ses ennemis.
Un porte-conteneurs, un cargo et un vraquier ont été touchés, selon l'agence maritime britannique UKMTO, qui a répertorié 17 incidents sur des navires depuis le début de la guerre le 28 février.
Des images obtenues par l'AFP montrent le vraquier thaïlandais Mayuree Naree envahi par des fumées anthracite. La marine du royaume a indiqué que 20 des 23 membres de l'équipage avaient déjà pu être secourus.
Les Gardiens de la Révolution, armée idéologique de l'Iran, a revendiqué cette frappe, ainsi que celle sur un bateau battant pavillon du Libéria.
Tout navire dont la cargaison de pétrole, ou le bateau lui même, "appartient aux Etats-Unis, au régime sioniste ou à leurs alliés hostiles sera considéré comme une cible légitime", a averti le commandement central des opérations militaires.
L'Arabie saoudite a pour sa part affirmé avoir notamment neutralisé des drones visant le champ pétrolier géant de Shaybah.
Les infrastructures, de fait, sont visées de part et d'autres.
Les frappes israélo-américaines ont atteint 13 fois des sites énergétiques iraniens, essentiellement des dépôts pétroliers, selon un recensement de l'AFP mercredi à la mi-journée. Et un total de 16 ripostes iraniennes, dans sept pays du Golfe, ont ciblé gisements et complexes pétroliers et gaziers.
- Le spectre d'un détroit miné -
Au lendemain de l'annonce par Washington de la destruction de 16 navires iraniens poseurs de mines, les dirigeants du G7 se réunissent par visioconférence à 15H00 (14H00 GMT) à la demande du président français Emmanuel Macron.
L'Agence internationale de l'énergie (AIE) a demandé à ses membres de "libérer des réserves de pétrole à hauteur de 400 millions de barils – soit un peu plus de 54 millions de tonnes", selon la ministre allemande de l'Economie Katherina Reiche.
Berlin y a consenti, le Japon a promis de faire de même dès lundi. Mais rien ne garantit que cette mesure calmera des marchés très instables.
Une fois les réserves libérées, "les prix peuvent toujours flamber en raison d'un événement extérieur, comme l'attaque d'une raffinerie ou l'explosion d'un pétrolier", prévient Neil Wilson, analyste pour Saxo Markets.
Les bourses européennes sont reparties dans le rouge après leur rebond de la veille. Les cours du pétrole sont remontés dans le même temps d'au moins 5%.
Le blocage du détroit, par lequel transite un cinquième des hydrocarbures de la planète, force des pays aux quatre coins du globe à réagir, de l'Inde au Vietnam, en passant par la Thaïlande et la Grèce, qui a plafonné les marges sur le carburant afin d'éviter la spéculation.
Selon lui, "le stock de mines navales de l'Iran se situe entre 2.000 et 6.000 unités".
- Mojtaba "sain et sauf" -
Le ministre israélien de la Défense, Israël Katz, a défendu une offensive "sans limite de temps". Selon lui, "la direction iranienne qui a survécu fuit comme des souris dans des tunnels, exactement comme la direction du Hamas à Gaza".
Mais Téhéran ne recule pas: les Gardiens ont revendiqué la vague de frappes "la plus violente et la plus lourde depuis le début de la guerre".
Désigné dimanche pour succéder à son père, tué dans des frappes au premier jour de la guerre, le nouveau guide suprême Mojtaba Khamenei n'est pas apparu publiquement.
La télévision d'Etat l'a décrit comme "blessé" dans le conflit. "Des amis qui ont des connections (...) m'ont dit que, grâce à Dieu, il était sain et sauf", a assuré Yousef Pezeshkian, fils du président iranien et conseiller du gouvernement.
La République islamique, dont la chute est ouvertement souhaitée par Washington et Israël, entend prévenir des manifestations semblables à celles de janvier.
Le chef de la police du pays a déclaré que les protestataires seraient traités comme des "ennemis". Et Ahmad-Reza Radan d'insister: "toutes nos forces sont prêtes, le doigt sur la gâchette".
Dans la capitale, des déflagrations sont régulièrement entendues par les journalistes de l'AFP.
Mais la vie s'organise. "Nous avons mis notre foi en Dieu. Pour l'instant, il y a de la nourriture dans les magasins", a confié à des journalistes de l'AFP à Paris Mahvash, 70 ans, qui vit à Téhéran.
"Les gens sont calmes", a relevé un autre habitant. "Ils s'habituent à vivre malgré tout et à s'adapter du mieux qu'ils peuvent à cette situation".
- "Comme un fou" -
Israël par ailleurs poursuivi ses attaques sur la banlieue sud de Beyrouth, bastion du Hezbollah pro-iranien. A l'aube, une frappe a touché un immeuble du quartier de Aïcha Bakkar à Beyrouth, selon l'agence de presse officielle Ani.
Un photographe de l'AFP a vu les septième et huitième étages de l'immeuble dévastés.
Le quartier est saturé de déplacés. "Au lieu d'abriter une famille, chaque appartement en abrite désormais dix".