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Dont acte. En dépit de leurs pressions, les dirigeants européens ne sont pas parvenus jeudi à faire fléchir le Premier ministre hongrois Viktor Orban, imperturbable dans son refus de débloquer un prêt de 90 milliards d'euros à l'Ukraine.
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Au terme d'une matinée où chacun y est allé de son discours de responsabilité, le dirigeant hongrois est resté inflexible, obligeant ses pairs, réunis à Bruxelles en sommet européen, à renvoyer le sujet à un prochain rendez-vous.
"La position de la Hongrie est très simple : nous aiderons l'Ukraine quand nous aurons notre pétrole", avait-il déclaré jeudi, avant même le début d'un sommet des 27.
Le président ukrainien Volodymyr Zelensky, devenu ennemi juré de M. Orban à quelques semaines des élections hongroises du 12 avril, n'est pas non plus parvenu à le faire changer d'avis, lors de son intervention, en visioconférence, devant les 27.
Budapest conditionne le versement de ce prêt à la reprise des livraisons de pétrole russe par un oléoduc, qui traverse l'Ukraine et a été endommagé par des frappes russes. Le Premier ministre hongrois accuse Kiev de traîner des pieds pour le remettre en service.
Il avait pourtant accepté en décembre que l'UE consente ce prêt à l'Ukraine, tout en obtenant, avec la Slovaquie et la République tchèque, de ne pas y participer. Kiev doit impérativement obtenir ces fonds pour financer sa guerre contre la Russie, en 2026 et 2027.
- "Mettre en oeuvre" -
"Nous devons mettre en oeuvre le prêt à l'Ukraine", a affirmé à son arrivée à Bruxelles le président français Emmanuel Macron, à l'unisson des autres dirigeants européens.
"Le principe directeur du travail dans l'Union européenne est le principe de loyauté et de fiabilité. Et je pars du principe que tous les États membres de l'Union européenne s'y tiendront", a rappelé de son côté le chancelier allemand Friedrich Merz, arrivé en même temps que M. Macron dans le bâtiment du Conseil européen.
Ce comportement est "inacceptable", a assuré Antonio Costa, lors de la discussion à 27, selon un responsable européen. Pas de quoi ébranler le dirigeant hongrois, qui a rétorqué avoir le droit de son côté, selon ce responsable.
Viktor Orban, qui se bat pour un cinquième mandat consécutif à la tête de son pays, qu'il dirige depuis 2010, est resté imperturbable.
"Aujourd'hui, l'UE a proposé que nous capitulions (et pour) voter ce que les Ukrainiens veulent !", c'est "non", avait-il alors rétorqué.
- Campagne électorale -
Avant même le début de ce sommet, les Européens semblaient déjà sceptiques sur leurs chances d'infléchir la position de la Hongrie.
"Ce sera compliqué avant les élections en Hongrie, j'ai l'impression que ça fait partie de sa campagne électorale", a ainsi reconnu le Premier ministre belge Bart De Wever.
Fragilisé dans les sondages, le Premier ministre hongrois n'a de cesse d'accuser l'Ukraine de vouloir entraîner son pays dans la guerre, dans l'espoir de rallier les électeurs hongrois derrière son étendard nationaliste. Depuis le début de la campagne électorale, des panneaux d'affichage représentant le Volodymyr Zelensky de façon négative, voire injurieuse, ont fleuri dans tout le pays.
Viktor Orban "utilise l'Ukraine comme une arme dans sa campagne électorale, et ce n'est pas correct. On avait un accord", a lancé jeudi le Premier ministre finlandais Petteri Orpo.
Les 27, à l'exception de la Hongrie et de la Slovaquie, ont réaffirmé dans un communiqué commun leur volonté d'aller de l'avant.
Un accord n'était cependant pas absolument indispensable jeudi. L'Ukraine a, selon des sources européennes concordantes, les moyens de se financer jusqu'en mai, soit après les élections hongroises.
Et si Viktor Orban devait les remporter, il n'aura peut-être alors plus besoin de ce veto, espère un diplomate européen.