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L'Iran et les Etats-Unis négocient "en ce moment" même, pour tenter de mettre un terme à la guerre qui embrase le Moyen-Orient, a réaffirmé mardi le président américain Donald Trump, alors que les échanges de frappes perdurent, notamment entre Israël et Téhéran.
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Au 25e jour de la guerre, les opérations militaires américaines contre l'Iran se poursuivent "sans relâche", a d'ailleurs ajouté Donald Trump. L'armée israélienne a elle aussi indiqué qu'elle continuait d'agir, et de frapper, "selon un plan inchangé", en Iran et au Liban.
Une frappe israélo-américaine a touché la centrale nucléaire de Bouchehr, en Iran, sans faire de dégâts, a ainsi affirmé en soirée l'organisation iranienne de l'énergie atomique.
En Israël, douze personnes ont été blessées mardi soir dans deux villes proches de Tel-Aviv, à la suite d'un tir d'un ou plusieurs missiles en provenance d'Iran, selon les secours israéliens.
Et les risques de nouvelle escalade touchent toute la région.
En Irak, les autorités ont accordé mardi soir un "droit de riposte et d'auto-défense" aux ex-paramilitaires du Hachd al-Chaabi ainsi qu'aux forces de sécurité pour faire face aux "attaques militaires" menées contre leurs bases.
Avant l'aube, 15 combattants du Hachd avaient été tués dans une frappe attribuée aux Etats-Unis par cette coalition intégrée aux forces régulières mais qui englobe des factions pro-iraniennes.
- Le Liban veut expulser l'ambassadeur d'Iran -
Au Liban, où Israël a annoncé qu'il allait s'emparer d'une large zone du sud du pays pour assurer sa sécurité, les autorités libanaises ont pris mardi la décision sans précédent de lancer une procédure d'expulsion à l'encontre de l'ambassadeur d'Iran, pour ingérence. Mais elles se sont aussitôt attiré les foudres du Hezbollah pro-iranien.
Sur le terrain, à l'aube, des frappes israéliennes avaient tué cinq personnes dans le sud et trois autres dans une zone résidentielle proche de Beyrouth.
Dans le nord d'Israël, une femme a été tuée mardi, selon les secours, après des tirs de dizaines de roquettes en provenance du Liban.
"Ce que j'ai dit hier (lundi) était exactement juste", a déclaré le président américain, précisant que son émissaire Steve Witkoff, son gendre Jared Kushner, le vice-président JD Vance et le chef de la diplomatie Marco Rubio y participaient.
Il a aussi affirmé que Téhéran avait offert aux Etats-Unis "un très gros cadeau" lié aux hydrocarbures, sans donner de précisions.
De nombreux pays oeuvrent toujours pour une solution diplomatique, à l'image du Qatar, de l'Egypte mais aussi du Pakistan. Mardi, le Premier ministre Shehbaz Sharif a affirmé qu'Islamabad - allié de longue date de l'Iran - était prêt à accueillir des discussions.
L'implication du Pakistan aurait du sens, selon Michael Kugelman, expert de l'Asie du sud à l'Atlantic Council. "Le Pakistan est l'un des rares pays à entretenir des relations chaleureuses à la fois avec Téhéran et Washington" et "il représente les intérêts diplomatiques de Téhéran à Washington", où l'Iran ne dispose pas d'ambassade.
- Quel interlocuteur en Iran ? -
Reste que nul ne sait qui est censé représenter la partie iranienne dans ces négociations, après l'annonce surprise de Donald Trump.
En faisant état de ces pourparlers, le président américain avait retardé "de cinq jours" son ultimatum de lancer des frappes sur le réseau électrique de l'Iran, rassurant provisoirement les marchés. Il s'était ensuite félicité que Washington et Téhéran aient trouvé des "points d'accord majeurs", dans le cadre de ces négociations tenues avec un "haut dirigeant" iranien.
Mais qui? Seule certitude: il ne s'agit pas du nouveau guide suprême, Mojtaba Khamenei, invisible depuis sa désignation par les instances iraniennes après la mort de son père au premier jour de la guerre, le 28 février.
Mohammad Bagher Ghalibaf, président du Parlement iranien - présenté par le site d'informations Axios comme l'interlocuteur des Etats-Unis - a démenti en bloc. La diplomatie iranienne a juste reconnu avoir reçu, via des "pays amis", des "messages transmettant une demande américaine de négociations".
- Les frappes perdurent -
Dans le Golfe, mardi, un employé civil marocain travaillant pour l'armée des Emirats arabes unis a été tué lors d'une attaque de missile iranienne à Bahreïn, a indiqué le ministère de la Défense émiratie. Manama, mais aussi l'Arabie saoudite et le Koweït ont également rapporté des attaques de drones et de missiles, sans déplorer de victimes.
En Israël, une frappe a touché un quartier cossu du nord de Tel-Aviv, faisant quatre blessés. Plus tard, deux adultes et un nourrisson aussi ont été blessés, probablement par des fragments de missiles, dans le sud d'Israël.
De son côté, l'armée israélienne a mené "une série de frappes à grande échelle (...) dans plusieurs régions d'Iran" notamment Ispahan. Un projectile a touché les abords d'une station de traitement du gazoduc de Khorramshahr (sud-ouest), selon l'agence Fars.
"Les bruits, les explosions et les missiles font désormais partie de notre vie quotidienne", a confié à l’AFP par téléphone une femme de 35 ans, originaire du Kurdistan iranien et résidant à Téhéran.
Au Liban, des explosions ont secoué en journée des régions au nord de Beyrouth. L'armée israélienne a affirmé par la suite qu'un "missile balistique" tiré par l'Iran était tombé à la mi-journée dans la capitale libanaise.
En matinée, le ministre israélien de la Défense, Israël Katz, avait déclaré que les forces israéliennes "manoeuvraient à l'intérieur du territoire libanais pour s'emparer d'une ligne de défense avancée" jusqu'au fleuve Litani, à une trentaine de km de la frontière.
"Les centaines de milliers de résidents du sud du Liban qui ont été évacués vers le nord ne retourneront pas au sud du Litani tant que la sécurité des habitants du nord (d'Israël) ne sera pas assurée", a-t-il prévenu.
Le président français Emmanuel Macron a de nouveau appelé Israël à "prévenir une nouvelle escalade du conflit au Liban", et à saisir l'"opportunité" de "discussions directes" entre les deux pays, lors d'un entretien avec le président israélien Isaac Herzog.