Les marchés boursiers européens ont ouvert prudemment jeudi, sur fond d'incertitudes au Moyen-Orient, quand les marchés asiatiques ont flambé, portés par le bond des semi-conducteurs au lendemain des bons résultats de Nvidia.
Dans les premiers échanges, vers 7H30 GMT, Paris cédait 0,35%, Francfort 0,41% et Londres 0,40%. Milan perdait 0,29%.
La veille, les indices ont fini en nette hausse, bénéficiant d'une baisse du pétrole après des déclarations de Donald Trump assurant que les négociations avec Téhéran pour trouver une solution au conflit au Moyen-Orient étaient entrées dans leur "dernière phase".
Mais peu après, le président américain a ajouté que les pourparlers étaient "sur le fil", entre un accord pour mettre fin à la guerre et une reprise des frappes contre l'Iran, rajoutant de la confusion.
Résultat, les prix du pétrole sont à nouveau orientés à la hausse jeudi: vers 7H30 GMT le prix du baril de Brent de la mer du Nord prenait 1,36% à 106,45 dollars, son équivalent américain, le baril de West Texas Intermediate, 1,52% à 99,75 dollars.
"Les investisseurs restent partagés entre le soulagement et les nombreuses incertitudes géopolitiques toujours présentes autour de l'Iran et du détroit d'Ormuz", résume ainsi John Plassard, de Cité Gestion Private Bank.
Les semi-conducteurs flambent, l'Asie exulte
Les Bourses asiatiques ont suivi jeudi le mouvement des marchés boursiers européens et américains de la veille, avec une séance de retard, et ont grimpé nettement en espérant un accord prochain entre Téhéran et Washington.
Tokyo a pris 3,14%, Taipei 3,33% et Séoul 8,42%. Ils ont aussi profité d'une flambée de la tech et des semi-conducteurs, qui pèsent lourd sur ces indices, au lendemain des résultats du mastodonte de la tech Nvidia, première capitalisation mondiale.
Même si la publication "n'a suscité que peu d'enthousiasme pour l'action de Nvidia" dans les échanges d'avant Wall Street, ils ont fait "bondir (...) le secteur des semi-conducteurs" en Asie, relève Ipek Ozkardeskaya, analyste pour Swissquote Bank.
A Tokyo, Tokyo Electron a pris 5,86%, Disco Corp 7,03%, Renesas 8,14%. A Taipei, TSMC a pris 2,06%. A Séoul, SK Hynix a bondi de 11,17% et LG Electronics de 29,83%.
Samsung Electronics a grimpé de 8,51%, bénéficiant également de la suspension d'une grève à l'appel de syndicats réclamant un meilleur partage des profits liés à l'essor de l'intelligence artificielle.
La publication du premier trimestre du géant des processeurs Nvidia était très attendue, alors que le secteur de la tech et des semi-conducteurs ont porté les marchés ces dernières semaines, bravant les inquiétudes liées à la guerre au Moyen-Orient.
Nvidia a publié des résultats encore largement supérieurs aux attentes, avec un bénéfice net à 58,3 milliards de dollars, qui a plus que triplé par rapport à la même période en 2025 (+211%).
Le groupe a "continué sur sa lancée" et "une nouvelle fois dépassé toutes les attentes", remarque Ipek Ozkardeskaya.
Les taux stables, l'activité recule fortement en France
Ces derniers jours, les taux d'intérêt des États ont connu de fortes secousses, avec de nettes hausse provoquées par des craintes d'inflation liées au blocage persistant du détroit d'Ormuz et une détente la veille, après les propos de Trump.
Ce jeudi, le marché obligataire restait stable en Europe.
Le taux d'intérêt allemand à échéance dix ans, référence sur le continent, atteignait 3,08%, contre 3,09% la veille en clôture. Son équivalent français était à 3,71%, au même niveau que la veille.
En France, l'activité a connu son plus fort recul depuis cinq ans et demi en mai, indique jeudi l'indice PMI Flash publié par S&P Global.
L'indice composite, qui mesure l'activité du secteur privé, s'est établi à 43,5 en mai contre 47,6 en avril, alors qu'un niveau inférieur à 50 traduit une contraction. Il s'agit d'un plus bas de 66 mois.
Côté devises, l'euro cédait 0,23% face au dollar à 1,1597 dollar pour un euro.
Ubisoft déçoit à Paris
Le titre du groupe de jeux vidéo français Ubisoft cédait 15,58% sur la Bourse de Paris jeudi, après avoir présenté des prévisions sous les estimations des analystes.
Dans ses résultats annuels publiés mercredi soir, le groupe prévoit en effet pour son premier trimestre des "réservations nettes", un de ses indicateurs phares, à 250 millions d'euros, contre 285,5 millions anticipé par le consensus cité par Bloomberg.
B.Hendrix--LCdB