Nutzen Sie La Quotidienne de Bruxelles mit personalisierter Werbung, Werbetracking, Nutzungsanalyse und externen Multimedia-Inhalten. Details zu Cookies und Verarbeitungszwecken sowie zu Ihrer jederzeitigen Widerrufsmöglichkeit finden Sie unten, im Cookie-Manager sowie in unserer Datenschutzerklärung.
Use La Quotidienne de Bruxelles with personalised advertising, ad tracking, usage analysis and external multimedia content. Details on cookies and processing purposes as well as your revocation option at any time can be found below, in the cookie manager as well as in our privacy policy.
Utilizar La Quotidienne de Bruxelles con publicidad personalizada, seguimiento de anuncios, análisis de uso y contenido multimedia externo. Los detalles sobre las cookies y los propósitos de procesamiento, así como su opción de revocación en cualquier momento, se pueden encontrar a continuación, en el gestor de cookies, así como en nuestra política de privacidad.
Utilisez le La Quotidienne de Bruxelles avec des publicités personnalisées, un suivi publicitaire, une analyse de l'utilisation et des contenus multimédias externes. Vous trouverez des détails sur les cookies et les objectifs de traitement ainsi que sur votre possibilité de révocation à tout moment ci-dessous, dans le gestionnaire de cookies ainsi que dans notre déclaration de protection des données.
Utilizzare La Quotidienne de Bruxelles con pubblicità personalizzata, tracciamento degli annunci, analisi dell'utilizzo e contenuti multimediali esterni. I dettagli sui cookie e sulle finalità di elaborazione, nonché la possibilità di revocarli in qualsiasi momento, sono riportati di seguito nel Cookie Manager e nella nostra Informativa sulla privacy.
Utilizar o La Quotidienne de Bruxelles com publicidade personalizada, rastreio de anúncios, análise de utilização e conteúdo multimédia externo. Detalhes sobre cookies e fins de processamento, bem como a sua opção de revogação em qualquer altura, podem ser encontrados abaixo, no Gestor de Cookies, bem como na nossa Política de Privacidade.
L'endroit porte un nom biblique, ses habitants y vivent pourtant un enfer au quotidien : en périphérie du grand port équatorien de Guayaquil, aujourd'hui sous le joug du narcotrafic, le quartier de la "Cité de Dieu" concentre misère et violences.
Taille du texte:
A l'image du film éponyme de 2002, qui contait la vie de l'une des favelas les plus violentes de Rio de Janeiro, la "Cité de Dieu" campe sur une colline verdoyante du nord-ouest de Guayaquil, la deuxième plus grande ville équatorienne où ont été commis 861 homicides, soit le tiers de ceux recensés depuis le début de l'année en Equateur.
Elle est l'un des 55 bidonvilles implantés dans ce vaste quartier -surnommé Mont Sinaï-, où des constructions illégales ont poussé comme des champignons ces dernières années, au rythme de la prospérité croissante de l'immense port à partir des années 2000.
Rien que dans la "Cité de Dieu", près de 40.000 pauvres s'entassent dans des logements de bois, de tôles et de briques à moitié terminés, si exigus que les toilettes sont à l'extérieur.
- "Piège à pauvreté" -
Les premières personnes à s'installer ici furent des protestants évangéliques qui lui donnèrent le même nom que la célèbre favela brésilienne.
Marisol Chavez, 40 ans, est l'une des cheffes du quartier. Dans sa modeste maison, deux lits inondés de peluches sont poussés l'un contre l'autre. Expulsée d'un autre quartier illégal, elle est arrivée sur la colline en 2019 et survit de petits commerces informels. Mais la naissance de son dernier bébé l'oblige désormais à rester chez elle.
"Nous n'avons presque rien et nous souffrons beaucoup", abrège-t-elle. Ici, "il n'y avait rien, juste des mauvaises herbes, de la terre, et des arbustes aux épines piquantes".
Le surpeuplement des logements à Guayaquil (14,6%) dépasse la moyenne nationale (9,6%), selon l'autorité statistique INEC. La pauvreté (20,1%) y est également plus élevée que dans le reste du pays (16,7%).
La "Cité de Dieu" n'a pas non plus d'eau potable. L'eau est amenée à prix d'or par des camions-citernes cahotant sur les chemins de terre.
La misère, la surpopulation, l'absence de services et la violence constituent ce que l'agence ONU-Habitat appelle un "piège à pauvreté", auquel des communautés entières ne peuvent échapper pendant des générations, en l'absence de toute alternative.
"Nous vivons piégés, quitter ma maison signifie payer un loyer et il n'y a pas d'argent", résume Rosa Obando, qui vit dans le quartier depuis 15 ans.
- "Sous surveillance" -
A mesure que les narcos ont accru leur emprise sur le port de la ville, les gangs criminels ont étendu leur pouvoir sur un Mont Sinaï surpeuplé.
"Logement sous surveillance", peut-on lire sur un panneau coulé sur une masure. Un avertissement à "ceux qui doivent de l'argent à Los Choneros", soufflent des voisins.
"Los Choneros" sont l'une des 26 organisations criminelles opérant aujourd'hui en Equateur, voisin autrefois pacifié de la Colombie et du Pérou (les deux plus grands producteurs mondiaux de cocaïne), devenu aujourd'hui un centre d'expédition de poudre blanche vers l'Europe et les Etats-Unis.
Le pays est désormais un sanctuaire pour le crime organisé que se disputent de multiples gangs, souvent sous la tutelle des sanguinaires cartels mexicains de Sinaloa, Gulf et Los Zetas.
Les gangs extorquent les communautés du Mont Sinaï en échange d'une prétendue "sécurité". C'est le prix à payer pour pouvoir vivre ici, confient, apeurés, ses habitants.
Dans quelques jours, les membres de ces gangs iront de maison en maison en facturant "deux dollars", a prévenu l'un des leaders d'une faction locale, selon l'un des habitants, s'exprimant sous couvert d'anonymat par peur des représailles.
Les gangs recrutent à tour de bras et utilisent les jeunes, la plupart du temps désœuvrés, comme main-d'œuvre bon marché.
Ces gamins "ont cent fois plus de chances d'être pris dans le trafic de drogue", se navre César Cardenas, directeur de l'Observatoire des services publics de Guayaquil.
"Rien ici ne leur permet d'avoir un projet de vie ou de se projeter dans l'avenir", se navre-t-il.
Avant les premières installations illégales, un trafiquant de drogue avait construit ici son hacienda, rappelle l'architecte et urbaniste Rosa Rada.
Avec la construction de la route Perimetral, qui relie la zone industrielle au port, la colline a commencé à être "urbanisée" en 1984.
Il faut encore aujourd'hui près d'une demi-heure aux habitants de la "Cité de Dieu" pour se rendre à pied jusqu'à cette route, puis plus d'une heure de transport public pour aller jusqu'au centre-ville.