Wall Street attentiste avant l'inflation américaine / Photo: TIMOTHY A. CLARY - AFP
La Bourse de New York évoluait sans élan lundi avant de prendre connaissance des derniers chiffres de l'inflation américaine qui pourront orienter la trajectoire monétaire de la Réserve fédérale (Fed) à court terme après la surprise de l'emploi de vendredi.
Vers 14H00 GMT, le Dow Jones cédait 0,11%, le Nasdaq reculait de 0,16% tandis que l'indice élargi S&P 500 restait stable (+0,02%).
"Les résultats financiers continueront d'être publiés cette semaine, mais ils passeront pour l'essentiel au second plan, les enjeux macroéconomiques occupant le devant de la scène", assure Patrick O'Hare, analyste de Briefing.com.
Les prochains jours seront chargés en données économiques avec comme point d'orgue l'indicateur d'inflation côté consommateurs (CPI) pour le mois de juillet aux Etats-Unis mercredi et son équivalent pour les producteurs (PPI) jeudi.
Déjà très suivies depuis le début du conflit au Moyen-Orient avec la flambée des prix de l'énergie, ces données revêtiront une importance encore plus prononcée après les mauvais chiffres de l'emploi américain.
Le marché du travail a perdu 23.000 emplois le mois dernier alors que le marché tablait au contraire sur 83.000 créations.
Publiés vendredi dernier, ces chiffres ont surpris les investisseurs, les conduisant à réévaluer à la baisse les probabilités que la banque centrale américaine (Fed) rehausse ses taux en septembre.
Selon eux, l'institution pourrait choisir de ne pas freiner davantage l'activité économique du pays malgré la hausse des prix.
"La question intéressante est de savoir quel aspect du mandat de la Fed l'emportera finalement: un marché du travail en perte de vitesse poussera-t-il la Fed vers un assouplissement, ou une inflation persistante la maintiendra-t-elle sur une politique restrictive?", s'interroge David Miller, de Catalyste Funds.
Les investisseurs restent aussi dans le flou car Kevin Warsh, le nouveau président de la Réserve fédérale, a fait le choix de ne pas donner d'indications sur les prochaines décisions de l'institution.
Lundi, les acteurs du marché continuent également de surveiller les cours du pétrole. Ces derniers sont en hausse - le baril de Brent évoluant autour de 85 dollars tandis que le baril de WTI franchissait les 80 dollars - face aux frictions entre Washington et Téhéran concernant le détroit d'Ormuz.
Dans ce contexte, sur le marché obligataire, le rendement des emprunts de l'Etat américain à échéance dix ans se tendait à 4,69% vers 14H00 GMT contre 4,65% à la clôture vendredi.
Côté entreprises, Intel reculait de 4,40% à 97,18 dollars après avoir dévoilé son intention de lever 15 milliards de dollars via l'émission de nouvelles actions. L'entreprise prévoit d'utiliser la somme récoltée pour de nouveaux investissements mais aussi ses dépenses courantes.
Le constructeur aéronautique Archer Aviation, qui développe notamment un véhicule à décollage et atterrissage vertical, s'envolait de près de 20% à 6,69 dollars après avoir annoncé le rachat de trois filiales de Boeing (Wisk Aero, SkyGrid, Insitu).
Dans le cadre de l'opération, Boeing (-0,81% à 232,51 dollars) s'offre pour sa part une participation au capital d'Archer Aviation.
Le conglomérat Berkshire Hathaway avançait de 2,91% à 535.93 dollars après avoir publié un bénéfice en hausse de 16% au deuxième trimestre.
J.Hermans--LCdB