Wall Street termine en baisse, mise sous pression par les taux d'intérêt / Photo: TIMOTHY A. CLARY - AFP
La Bourse de New York a clôturé en recul mardi, la nouvelle poussée des taux d'intérêt face aux risques inflationnistes pénalisant les actions, en particulier celles des acteurs de l'intelligence artificielle (IA) qui sont très exposés à l'endettement.
Le Dow Jones a perdu 0,22%, l'indice Nasdaq a cédé 1,33% et l'indice élargi S&P 500 a lâché 0,69%.
Aux Etats-Unis, les taux d'emprunt à 30 ans sont montés jusqu'à 5,34%, un record depuis 2007, avant de redescendre autour de 5,29% vers 20H25 GMT.
Pour Jose Torres, de la plateforme Interactive Brokers, cela s'explique par "une longue liste de facteurs défavorables" parmi lesquels les hauts prix de l'énergie, l'important déficit de l'Etat américain et "des besoins de financement importants liés au développement de l'intelligence artificielle".
Avec la reprise des tensions au Moyen-Orient - Donald Trump a assuré mardi avoir rompu le dialogue avec Téhéran - les investisseurs craignent une poussée inflationniste durable.
Ils demandent donc des rendements plus élevés pour compenser les hausses de prix, qui érodent dans la durée la valeur de leur capital prêté.
L'échéance à dix ans des bons du Trésor évoluait ainsi autour de 4,70% contre 3,94% avant les premières frappes israélo-américaines sur l'Iran fin février.
Ces moins bonnes conditions de financement sont de nature à pénaliser l'activité des entreprises et leurs marges, ce qui explique la crispation du marché boursier.
Mardi, les entreprises technologiques de la chaîne de valeur de l'intelligence artificielle ont subi le contrecoup le plus important.
Le géant des puces Nvidia a perdu 2,34% tandis que Micron a chuté de 7,02% et SanDisk de 9,01%.
S'appuyant de plus en plus sur la dette pour financer les constructions des centres de données qui nécessitent des dizaines voire centaines de milliards de dollars, le secteur est vulnérable aux évolutions sur les taux.
Mais il en est aussi partiellement responsable, ses lourds besoins en financement obligataire asséchant le vivier classique des bons du Trésor, ce qui pousse à la hausse les rendements de ces derniers.
Côté indicateurs, le marché boursier a mal réagi mardi à la chute plus marquée qu'attendu des mises en chantier en juillet aux Etats-Unis, mais cela a permis de diminuer un peu la pression du côté des obligations, selon M. Torres.
Les regards se tourneront mercredi vers la publication du compte-rendu ("minutes") de la dernière réunion de la Réserve fédérale (Fed), qui pourrait donner quelques indices sur le futur de la politique monétaire de l'institution.
Un statu quo reste largement anticipé par les marchés lors de la prochaine réunion, en septembre.
Ailleurs à la cote, Meta a perdu 4,45% à 543,67 dollars à l'ouverture de son procès inédit devant la justice fédérale.
Le groupe, accusé d'avoir rendu Facebook et Instagram addictifs pour les mineurs, a plaidé avoir cherché à aider les utilisateurs avec un "usage problématique".
Le spécialiste suédois des services financiers Klarna (-22,89% à 15,05 dollars) a dévissé, pâtissant notamment de prévisions annuelles actualisées inférieures aux attentes des analystes.
L'application d'apprentissage de langues Duolingo (+7,28% à 139,64 dollars) a en revanche été recherchée après une réévaluation à la hausse de son titre par la banque d'investissement D.A. Davidson.
H.Goossens--LCdB