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Après un été de canicules, incendies et sécheresse exceptionnels, le gouvernement a annoncé vendredi un milliard d'euros d'aides d'urgence pour soutenir une agriculture française durement éprouvée.
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"Le pays a un double impératif devant lui: indemniser les pertes pour éviter des faillites et relancer la production agricole. (...) Car si nous perdons structurellement en potentiel productif, nous perdrons des paysages, des parts de marché, de la souveraineté, des produits de qualité", a dit la ministre de l'Agriculture Annie Genevard, lors d'une conférence de presse.
Au terme d'un été inédit, le secteur agricole exprime sa détresse, avec des pertes de rendement pouvant atteindre 50 %, 70 % ou 80 % dans les productions végétales, et un élevage très fragilisé par des pertes de fourrage voire d'animaux pour ce qui concerne la volaille.
"Dossier numéro un de la rentrée", avait assuré le Premier ministre Sébastien Lecornu, l'agriculture bénéficiera donc d'un milliard d'euros d'"argent nouveau", a annoncé Mme Genevard.
"C'est une réponse forte, un effort conséquent de solidarité de la part de tous les Français dans une situation budgétaire difficile," a-t-elle ajouté.
Ces financements passeront notamment par l’indemnisation de solidarité nationale (ISN), principal dispositif de l’État pour compenser les pertes de récolte liées aux aléas climatiques exceptionnels, une mesure qui intervient au-delà d'un certain seuil de pertes.
En complément, le régime des calamités agricoles devra indemniser les pertes de fonds non assurables, comme les plantations pérennes ou les vignes, pour 30 millions.
Egalement prévu dans ce plan, baptisé CASI (Climat, Adaptation, Sécheresse, Incendie), un dégrèvement de taxe foncière sur les propriétés non bâties (TFPNB) au bénéfice "des exploitations agricoles les plus durement touchées", pour 330 millions d'euros.
- "Dès la semaine prochaine" -
"Deuxième objet de ce plan", permettre une poursuite de l'activité agricole, a dit la ministre, "nous assurer que nous ne perdrons pas d'animaux, que les semis seront bien réalisés pour l'an prochain, car il en va de notre souveraineté agricole et de la pérennité de toute la chaîne économique".
D'où la création d'un "fonds de réarmement agricole" de 235 millions d'euros, sous le pilotage des préfets (notamment pour l’achat de fourrages, semis, indemniser les dommages d'incendies, etc.).
Ce fonds sera disponible "dès la semaine prochaine", a dit Mme Genevard, ajoutant que la répartition par départements est en cours de finalisation.
"Chaque préfet va désormais très rapidement consulter les organisations agricoles dès la semaine prochaine, pour définir les publics cibles et le montant d'aides individuelles", selon Mme Genevard.
Le gouvernement veut aussi "renforcer" la prise en charge des cotisations sociales MSA (20 millions d'euros "dès l'automne"), et prévoit un renforcement de l’accompagnement social et psychologique.
Au total les financements nouveaux s'élèvent à quelque 1,1 milliard d'euros, Mme Genevard évoquant parmi leur provenance des crédits de son ministère "dégelés".
Jeudi, Sébastien Lecornu a demandé des "économies nouvelles" dans le budget 2026 par des gels et des annulations de dépenses, afin de financer ces aides.
"Ce plan a été construit avec le terrain par la ministre de l’Agriculture Annie Genevard. Nous veillerons à sa bonne exécution", a indiqué le chef du gouvernement sur X après l'annonce.
L'attente des agriculteurs est énorme, tant la situation de certains d'entre eux est désespérée, et l'ensemble des syndicats a tiré la sonnette d'alarme.
Les associations de l'élevage de la FNSEA ont, à elles seules, estimé à plus de 5 milliards d'euros le surcoût lié au manque de fourrage provoqué par la sécheresse.
La Confédération paysanne préconisait une aide directe de 5.000 euros par agriculteur, soit un total de deux milliards, pour qu'aucune ferme ne disparaisse.
Les Jeunes agriculteurs ont appelé à une "contribution générale sur l'impôt", sur le modèle de l'"impôt sécheresse" mis en place en 1976, afin de soutenir à plus long terme les investissements nécessaires au maintien de l'activité.