En Bretagne, Bolloré stoppe la production de ses bus électriques / Photo: FRED TANNEAU - AFP/Archives
Le groupe Bolloré a annoncé mardi à ses salariés son intention de stopper la production de bus électriques dans son usine bretonne d'Ergué-Gabéric (Finistère) et prévoit la suppression de 115 emplois, a indiqué l'entreprise dans un communiqué dont l'AFP a pris connaissance mercredi.
Bolloré SE a annoncé à ses équipes "un projet prévoyant l'arrêt définitif de la production de bus électriques", en précisant qu'une "reprise partielle d'actifs est à l'étude avec un acteur industriel européen", pour la partie recherche et développement.
En cause, "un marché français moins dynamique qu'attendu, marqué par une concurrence intense et une forte pression sur les prix", face à laquelle Bluebus n'avait "pas la taille suffisante pour rivaliser avec les autres acteurs du secteur", a expliqué le groupe.
"L'entreprise a constaté que les conditions n'étaient plus réunies pour poursuivre durablement la fabrication", a indiqué Bolloré, qui a ouvert une procédure d'information-consultation des instances représentatives du personnel "sur un plan de sauvegarde de l'emploi (PSE) visant la suppression de 74 postes".
Le groupe a également annoncé aux représentants du personnel un PSE "visant la suppression de 41 postes" dans la société sœur Blue Solutions, qui fabrique les batteries (lithium-métal-polymère, LMP) dont les bus sont équipés, en raison des "profondes difficultés des secteurs de la batterie et de l'automobile en Europe".
Ces réductions d'effectifs doivent permettre à l'entreprise de porter la technologie de 4e génération (Gen4) de batteries, sur laquelle travaille sa filiale, "jusqu'à sa phase d'industrialisation aux côtés d'un partenaire investisseur".
Concernant les bus, le groupe entend maintenir une "organisation réduite", afin de respecter ses engagements en matière de service après-vente et de suivi des flottes en circulation, vis-à-vis de ses clients.
L'un des plus importants, Ile-de-France Mobilités (IDFM), a d'ailleurs réclamé mercredi "des garanties sur le service après-vente des 320 bus" qu'il a achetés, par la voix de sa présidente, Valérie Pécresse.
Cette "aventure industrielle" a permis de "mettre en circulation près de 700 véhicules électriques de 6 et 12 m en France et en Europe", a souligné Bolloré.
Une offre d'un acteur industriel européen sera présentée aux représentants du personnel de Bluebus dans les prochains jours, en vue de reprendre l'activité recherche et développement, ce qui permettrait "le transfert de 17 contrats de travail", selon le groupe français.
L.Dumont--LCdB