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La centrale nucléaire ukrainienne de Zaporijjia, occupée par les forces russes, a "de nouveau perdu la connexion" au réseau électrique, a annoncé samedi l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA), dont des experts se trouvent sur place.
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Plus tôt dans la journée, le président turc Recep Tayyip Erdogan avait proposé à son homologue russe Vladimir Poutine la médiation de la Turquie dans la crise autour de la plus grande centrale nucléaire d'Europe, située dans le sud de l'Ukraine.
La déconnexion de la centrale, qui s'était déjà produite le 25 août, est survenue "après de nouveaux bombardements dans la zone", selon l'AIEA.
La centrale continue cependant à fonctionner "grâce à une ligne de secours" qui l'alimente, permettant ainsi le refroidissement du combustible nucléaire, précise l'AIEA.
Une perte totale d'alimentation de la centrale - si le courant arrivant depuis l'extérieur est coupé et que les groupes électrogènes de secours ne fonctionnent pas - risquerait d'entraîner une surchauffe des installations.
Depuis des semaines, des bombardements visent régulièrement le site de la centrale, dont s'accusent mutuellement la Russie et l'Ukraine, au risque d'une catastrophe nucléaire majeure.
Les frappes et les combats se sont également poursuivis ailleurs en Ukraine samedi.
Dans le Donbass (est) que convoite Moscou, principale ligne de front, "l'armée russe attaque dans les directions de Bakhmout et Avdiïvka", a indiqué l'armée ukrainienne dans un communiqué, qui a fait aussi état de "cinq frappes" de l'aviation ukrainienne près de Donetsk et Pivdenny.
- Combats près de la centrale -
Plus tôt dans la journée, lors d'un entretien téléphonique, "le président Erdogan a déclaré (à Vladimir Poutine) que la Turquie peut jouer un rôle de facilitation sur la centrale nucléaire de Zaporijjia, comme elle l'a fait pour l'accord sur les céréales" en juillet, a indiqué la présidence turque dans un communiqué.
Le Kremlin a confirmé une discussion entre MM. Poutine et Erdogan, indiquant qu'ils avaient confirmé vouloir "accroître leurs liens économiques et commerciaux", via "des projets stratégiques communs dans le domaine de l'énergie".
Le communiqué turc ne précise pas si Ankara a également proposé formellement sa médiation à l'Ukraine.
La Turquie veut présenter une proposition prévoyant, comme elle l'avait fait pour l'accord sur les céréales, la création à Istanbul d'un bureau dédié au dialogue entre des organisations internationales, la Russie et l'Ukraine pour trouver un point d'entente sur la question du contrôle technique et des inspections de la centrale.
La Turquie entretient de bonnes relations tant avec Moscou que Kiev. Si Ankara a fourni à l'Ukraine des drones militaires, elle a refusé de se joindre aux sanctions occidentales contre la Russie après l'invasion de l'Ukraine.
En juillet, un accord entre la Russie et l'Ukraine obtenu à la suite d'une médiation turque avait permis la reprise des exportations de blé ukrainiennes, entravées par le blocus maritime russe imposé à Kiev en mer Noire.
La situation de la centrale de Zaporijjia, tombée aux mains des troupes russes en mars, peu après le lancement par Moscou de son invasion de l'Ukraine, inquiète de nombreux dirigeants internationaux.
Dans son point quotidien sur les opérations en Ukraine, le ministère russe de la Défense a affirmé samedi que les troupes de Moscou avaient "repoussé" la veille une tentative d'assaut amphibie des forces ukrainiennes qui ont "encore une fois essayé de s'emparer" de la centrale.
Vendredi, Kiev avait indiqué avoir frappé une base russe à Energodar, ville voisine de la centrale, d'où elle accuse la Russie d'avoir retiré ses armements avant son inspection jeudi par une équipe de l'AIEA.
Après l'inspection, le directeur de l'AIEA, Rafael Grossi, avait dit jeudi avoir constaté que "l'intégrité physique" de la centrale avait été "violée à plusieurs reprises". C'est "quelque chose qui ne peut pas continuer à se produire", avait-il ajouté, sans nommer la partie responsable.
- "Hiver de guerre" -
Sur le dossier, également épineux, du gaz, après l'annonce vendredi soir par le groupe russe Gazprom de la prolongation de la suspension de ses exportations à destination de l'Europe via le gazoduc Nord Stream, l'Union européenne a affirmé samedi être prête à une coupure totale du gaz russe.
"Nous sommes bien préparés à résister à l'utilisation extrême de l'arme du gaz par la Russie", a déclaré le commissaire européen à l'Economie Paolo Gentiloni. "Nous demandons aux Russes de respecter les contrats, mais s'ils ne le font pas, nous sommes prêts à réagir".
Selon Gazprom, Nord Stream, qui relie la Russie au nord de l'Allemagne, doit être "complètement" arrêté jusqu'à la réparation d'une turbine. Le groupe russe n'a pas précisé de date pour la reprise de l'activité.
L'annonce de Gazprom est tombée après la décision vendredi des pays du G7 de viser la manne énergétique de la Russie en plafonnant le prix de son pétrole.
Vendredi, la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen avait estimé qu'"il serait temps" de mettre en place un plafonnement du prix du gaz importé par gazoduc depuis la Russie.
Dans l'UE, les stocks de gaz sont actuellement abondés "à environ 80%, "grâce à la diversification" des fournisseurs, même si la situation diverge d'un pays à l'autre, a indiqué M. Gentiloni.
Signe de la gravité de la situation, la Suède, appréhendant un "hiver de guerre", a indiqué samedi qu'elle allait fournir des garanties financières aux entreprises énergétiques des pays nordiques et baltes, pour un montant de plusieurs "milliards de dollars", afin d'éviter une crise financière déclenchée par la pénurie énergétique en Europe.