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L'armée ukrainienne a annoncé lundi de nouveaux succès dans sa contre-offensive sur le front est, mais aussi une progression, bien que moins spectaculaire, dans le sud face à la Russie qui entend se battre "jusqu'à ce que ses objectifs soient atteints".
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Dans la partie orientale, "la libération des localités d'envahisseurs russes se poursuit dans les régions de Kharkiv et de Donetsk", a proclamé l'armée ukrainienne.
Dans celle de Kherson, elle a le même jour revendiqué la reconquête de 500 km2 de territoires en deux semaines, donnant ainsi sa première estimation chiffrée de ses avancées dans le sud.
Le 2 juin, le président ukrainien Volodymyr Zelensky avait reconnu que près de 125.000 km2 étaient aux mains des Russes, dont 43.000 km2 (la Crimée et des pans entiers du bassin du Donbass) perdus dès avant l'invasion du 24 février.
Sur l'ensemble de la ligne de front, l'armée ukrainienne a déclaré lundi avoir "réussi à chasser l'ennemi de plus de vingt localités" en 24 heures, ajoutant que "les troupes russes abandonnent leurs positions hâtivement et s'enfuient".
- "Nous les attendions depuis des mois" -
Dimanche matin, Nadia Nessolena, 61 ans, était dans la rue lorsque les premiers soldats ukrainiens sont entrés à Izioum, dans le nord-est, qui comptait près de 50.000 habitants avant la guerre et était devenue un point clef pour la logistique et le ravitaillement des troupes russes.
Dimanche matin, "nous les avons accueillis la larme à l'oeil. Nous les attendions depuis des mois (...) nous sommes très heureux", raconte-t-elle à l'AFP. L'occupation russe a été "très difficile, mais nous avions la chance d'avoir une maison avec un sous-sol et de la nourriture".
La perte de cette ville pourrait sérieusement contrer les ambitions militaires de Moscou dans l'Est ukrainien, jugent des experts militaires, tandis que, pour Kiev, de telles percées relancent l'espoir d'un renversement décisif de la situation.
"L'Ukraine a infligé une défaite opérationnelle majeure à la Russie en reprenant la quasi-totalité de l'oblast de Kharkiv (...), mais la contre-offensive actuelle ne mettra pas fin à la guerre", a cependant mis en garde l'ISW (Institute for the study of war).
"Les soldats ukrainiens ont aussi regagné du terrain dans l'oblast de Lougansk", où les séparatistes prorusses ont, comme dans celui voisin de Donetsk, unilatéralement installé en 2014 une "république", a par ailleurs noté ce centre de réflexion américain.
Les autorités d'occupation de la région de Kharkiv ont raconté être parties dans la province de Belgorod, en Russie, près de la frontière, officiellement pour aider à faire face à un afflux de réfugiés, selon les agences de presse russes.
Mais lundi, les Russes ont affirmé avoir bombardé des zones récupérées par l'Ukraine non loin de Kharkiv, dans les secteurs de Koupiansk et d'Izioum.
Et l'offensive russe déclenchée en février dernier va continuer "jusqu'à ce que les objectifs soient atteints", a martelé le Kremlin.
Il n'y a actuellement "pas de perspectives de négociations" entre Moscou et Kiev, a averti le porte-parole de la présidence russe, Dmitri Peskov.
- "Succès" dans le sud -
L'armée ukrainienne a d'abord annoncé une contre-offensive dans le sud, avant de réaliser au cours de la semaine écoulée une avancée éclair dans la région de Kharkiv.
Dans la région de Kherson également, "nos succès de ces deux dernières semaines sont assez convaincants", a affirmé lundi Natalia Goumeniouk, la porte-parole militaire pour le Sud.
Les localités de Vyssokopilia, Novovoznesneske, Bilogirka, Myrolioubivka et Soukhyi Stavok "sont libérées des occupants", a énuméré dans l'après-midi le gouverneur de cette province Iaroslav Ianouchevytch.
Kirill Stremooussov, le chef adjoint de l’occupation russe à Kherson, a de son côté affirmé que la situation était "sous contrôle" russe. Pour lui, "une évolution comme à Kharkiv est tout simplement impossible".
Toujours dans le sud, la situation restait préoccupante à la centrale nucléaire ukrainienne de Zaporijjia, dont les six réacteurs sont désormais à l'arrêt.
Dans un entretien téléphonique dimanche avec son homologue français Emmanuel Macron, le président russe Vladimir Poutine a mis en garde contre les "conséquences catastrophiques" que pourraient avoir les "attaques régulières ukrainiennes" sur ce complexe, "y compris le dépôt des déchets radioactifs".
M. Macron a répondu que "l'occupation russe" était "la cause des risques" pesant sur la plus grande centrale nucléaire d'Europe et réclamé que l'armée russe en retire toutes ses armes.
L'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA), qui a des contacts avec les deux belligérants pour l'établissement d'une zone de sécurité autour de ces installations, a néanmoins évoqué lundi des signaux positifs.
"J'ai vu des signes montrant qu'ils sont intéressés par un tel accord", a lancé son directeur général Rafael Grossi.
- Le courant partiellement rétabli -
Dans les régions de l'est, du nord, du sud et du centre de l'Ukraine qui ont subi dimanche soir de vastes coupures d'électricité, imputées par Kiev à des frappes russes, le courant est en partie revenu.
Dans la région de Kharkiv, "80%" de l'approvisionnement en électricité et en eau a été rétabli, ont signalé lundi les autorités ukrainiennes.
A Genève, le Haut-Commissariat de l'ONU aux droits de l'Homme a haussé le ton lundi face à la Russie.
"Les intimidations, les mesures restrictives et les sanctions à l'encontre des personnes exprimant leur opposition à la guerre en Ukraine compromettent l'exercice des libertés fondamentales garanties par la Constitution" russe, a dénoncé la Haute-Commissaire par intérim, Nada Al-Nashif.