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Cinq banques ont été "braquées" vendredi au Liban par des clients voulant retirer leurs économies bloquées, les derniers incidents en date de ce type qui ont suscité un large soutien dans l'opinion publique de ce pays frappé par une crise sans précédent.
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Le Liban est plongé depuis 2019 dans de graves difficultés économiques et financières. Les banques imposent des restrictions draconiennes, empêchant ainsi les clients de retirer leurs économies, en particulier en devises étrangères, surtout des dollars.
En 48 heures, sept banques ont été braquées, dont cinq pour la seule journée de vendredi. Face à la multiplication de ces incidents, le ministre de l'Intérieur Bassam Mawlawi a tenu une réunion d'urgence "pour prendre les mesures sécuritaires nécessaires".
L'Association des banques du Liban (ABL) a ordonné la fermeture de toutes les succursales pendant trois jours la semaine prochaine.
- Vote du budget ajourné -
Le procureur Ghassan Oueidat a ordonné l'arrestation des personnes impliquées dans ces braquages, selon une source judiciaire contactée par l'AFP. Il a également demandé aux forces de sécurité de déterminer si ces incidents étaient coordonnés.
Une séance parlementaire prévue vendredi pour le vote sur le projet de budget 2022, l'une des réformes exigées par le Fonds monétaire international pour débloquer des milliards de dollars d'aides, été ajournée au 26 septembre, après le retrait de plusieurs députés.
Mercredi, l'exaspération d'une Libanaise qui a pris d'assaut une banque de Beyrouth pour récupérer ses économies bloquées en vue de payer les frais d'hospitalisation de sa soeur atteinte d'un cancer a eu un effet boule de neige.
Vendredi à la mi-journée, pas moins de cinq autres braquages ont été recensés.
Tôt le matin, un homme et son fils ont fait irruption dans une succursale de la Byblos Bank à Ghaziyeh, au sud-est de Saïda, la principale ville du Sud, ont indiqué à l'AFP une source policière et un agent de sécurité témoin de l'incident.
L'homme a menacé les employés de la banque avec une arme, qui, selon une chaîne de télévision locale, était factice.
Il a finalement réussi à obtenir quelque 19.000 dollars en liquide mais s'est ensuite rendu à la police. Une foule s'était réunie devant la banque pour le soutenir.
A Beyrouth, dans le quartier de Tarik Jdidé, un homme s'est enfermé dans une succursale de la Blom Bank avec des policiers, ont déclaré à l'AFP des témoins rassemblés dans la rue. Selon eux, il s'agit d'un commerçant endetté qui réclame le retrait de ses économies gelées.
Ce braquage a pris fin l'après-midi, après que l'homme a remis son arme aux policiers, tout en affirmant qu'il comptait rester dans la banque jusqu'à obtention de son argent, selon un correspondant de l'AFP.
Dans le quartier voisin de Ramlet al-Bayda, un homme armé d'un fusil de chasse a pris d'assaut une succursale de la Lebanon & Gulf Bank, ont affirmé des habitants à un photographe de l'AFP. Sa famille a finalement récupéré la somme de 15.000 dollars. L'homme est sorti de la banque encadré par des policiers.
Dans la banlieue sud de Beyrouth, un jeune homme armé d'un pistolet factice a lui déclaré avoir pu retirer une somme de 20.000 dollars d'une banque, selon des médias locaux.
A Chhim, dans le Sud, un militaire à la retraite a retenu en otage six personnes dans une branche de la BankMed, dont le directeur, selon une association d'épargnants. Il a finalement obtenu 25.000 dollars et est sorti de la banque encadré par les forces de l'ordre.
En août, un homme avait été acclamé par la foule après avoir réclamé, fusil à la main dans une banque de Beyrouth, plus de 200.000 euros d'économies pour payer les frais d'hospitalisation de son père. La banque lui avait donné près de 30.000 euros et il s'était rendu aux autorités. Il n'a pas été poursuivi.
De son côté, la principale association des épargnants libanais a exprimé son soutien aux auteurs de ces braquages, affirmant qu'ils étaient confrontés à "l'injustice et à l'oppression".