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Dès l'ouverture de leur procès, les représentants d'Air France et d'Airbus ont réaffirmé lundi ne pas avoir commis de "faute" en lien avec le crash du Rio-Paris et exprimé leur "compassion" envers les familles des victimes, suscitant la colère de certains proches.
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Le vol AF447 reliant Rio de Janeiro à Paris s'est abimé dans l'Atlantique le 1er juin 2009, quelques heures après son décollage, entraînant la mort de 228 personnes, 216 passagers et 12 membres d'équipage. Il s'agit de la catastrophe la plus meurtrière de l'histoire d'Air France.
Après avoir détaillé, comme il est d'usage, les infractions reprochées, les trois juges ont lu le nom de chaque victime dans la vaste salle d'audience silencieuse, emplie de proches de victimes, experts et représentants des entreprises.
La présidente Sylvie Daunis a listé les parties civiles et les témoins avant de résumer les grandes lignes du dossier.
Elle a ensuite donné la parole à la directrice générale d'Air France, Anne Rigail. "Je me tiens devant vous pour exprimer, au nom d'Air France, notre plus profonde compassion aux proches des victimes", a notamment déclaré la responsable.
Cet accident "marque à jamais l'histoire collective de notre entreprise. C'est un drame sans équivalent et sans précédent", a poursuivi Mme Rigail, qui a assuré que la compagnie allait "continuer à collaborer" avec la justice mais maintenu "qu'elle n'a pas commis de faute pénale à l'origine de l'accident".
- "Honte à vous !" -
"Cela ne remet aucunement en cause la conscience que nous avons de l'ampleur de cette catastrophe, ainsi que de la douleur qui restera à jamais dans nos mémoires", a-t-elle ajouté, suscitant une exclamation sur les bancs des parties civiles.
A son tour, le président exécutif d'Airbus s'est levé.
"Enfin et trop tard !", s'est exclamée la présidente de l'association Entraide et Solidarité AF447, Danièle Lamy, assise dans la salle. "Ça fait treize ans qu'on attend ce moment-là, c'est une honte monsieur, honte à vous !" a lancé le vice-président de cette association, Philippe Linguet.
"Cela fait longtemps que vous attendez ce procès, vous avez besoin de vous exprimer, c'est normal", leur a répondu la présidente. "Mais il faut que ce procès se passe le plus dignement possible et chacun doit s'exprimer quand c'est son tour", a-t-elle averti.
"Notre mission, c'est que tous les gens qui montent dans un Airbus puissent redescendre de l'avion à la fin du vol en bonne santé", a poursuivi M. Faury, précisant que "10.000 Airbus" volent dans le monde et transportent "5 millions de passagers par jour".
- "Griefs non justifiés" -
Il a indiqué que l'entreprise avait mis en place une "organisation" et une "gouvernance" afin d'"être le plus proche possible du zéro accident", assurant que la "sécurité était (sa) priorité". "Nous pensons sincèrement que ces griefs ne sont pas justifiés", a-t-il aussi déclaré.
En sortant de l'audience, M. Linguet a expliqué avoir "explosé" face au "manque d'empathie" du responsable d'Airbus, affirmant que cela faisait "treize ans" que l'entreprise "méprisait" les victimes.
"Il a parlé de chiffres (...) mais c'est pas ce qu'on lui demande. Ce qu'on lui demande, c'est nos 228 passagers (et équipage NDLR) qui aujourd'hui sont disparus", s'est-il emporté, le jugeant "totalement hors sujet".
Après une bataille d'expertises, les juges d'instruction avaient prononcé un non-lieu en 2019, scandalisant les proches des victimes. La cour d'appel avait néanmoins infirmé cette décision en 2021, ordonnant un procès.
Les investigations ont montré que les pilotes, désorientés par le givrage des sondes de vitesse Pitot dans la zone météorologique instable du Pot au noir, n'ont pu rattraper le décrochage de l'appareil, qui a eu lieu en moins de cinq minutes.
Airbus a été renvoyé devant le tribunal pour avoir "sous-estimé la gravité des défaillances" des sondes Pitot et Air France pour s'être abstenue de "former" et "d'informer" ses équipages face au givrage de ces sondes.