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Pour l'instant, pas de percée: les négociations entre syndicats et direction sur les salaires ont débuté jeudi soir au siège de TotalEnergies, au 17e jour d'une grève qui a réussi à créer la pagaille dans les stations-service et enflé en un appel à une grande journée de grève nationale, des transports aux fonctionnaires, mardi prochain.
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"On sera là pour négocier jusqu'au bout de la nuit s'il le faut", a déclaré en arrivant Isabelle Montaudon, négociatrice de la CFE-CGC, peu avant 20H00 dans le quartier d'affaires de La Défense.
Mais deux heures après le début des discussions, "il n'y a aucune avancée", a rapporté pendant une interruption de séance un négociateur de la CGT, Thierry Defresne, selon qui la direction n'a fait que remettre sur la table les 6% d'augmentation de salaire proposée le matin par voie de presse.
Dans les Hauts-de-France, en Ile-de-France et dans le Centre-Val-de-Loire, particulièrement touchés par les pénuries créées par les grèves dans les raffineries et dépôts de carburants, les automobilistes ont continué jeudi leur quête d'essence et de diesel, chassant les ravitaillements de camions-citernes et surveillant les applications. Une pénurie qui fait perdre un temps considérable aux professionnels qui dépendent de leur véhicule: transporteurs routiers, artisans, ambulanciers...
"Depuis quatre-cinq jours, c'est la catastrophe", s'exclame Françoise Ernst, monitrice d'auto-école à Paris. "On ne peut plus travailler."
Les routiers sont "sur le fil du rasoir", dit à l'AFP le secrétaire général de l'organisation professionnelle Otre, Jean-Marc Rivera.
"J'ai des contrats où je dois sortir les poubelles, où je dois honorer des services de prestations de ménage. Et quand on n'a pas d'essence et qu'on a une très grosse tournée, c'est un peu compliqué", raconte Elisabeth Mailhes, auto-entrepreneuse dans le nettoyage, qui n'est pas payée si elle n'honore pas ses contrats.
- Grève générale mardi -
A 17H00 jeudi, 29,1% des stations manquaient d'un ou plusieurs carburants, selon le ministère de la Transition énergétique, à peine moins que la veille (30,8%). Dans le Centre Val-de-Loire, la proportion monte à 44,7%.
L'ouverture de ces négociations, les premières depuis le début de la grève, est d'autant plus cruciale que le climat social s'est tendu après les réquisitions gouvernementales de salariés dans une raffinerie Esso-ExxonMobil (Gravenchon) et au dépôt de Flandres de TotalEnergies à Mardyck près de Dunkerque (Nord).
Ces réquisitions ont "mis le feu aux poudres", selon le patron de la CGT, Philippe Martinez, sur BFMTV, et une grande grève aura lieu en France mardi prochain, dans de multiples secteurs et chez les fonctionnaires: quatre grands syndicats (CGT, FO, Solidaires, FSU) et plusieurs organisations de jeunesse ont appelé à une journée de mobilisation et de manifestations interprofessionnelles.
La SNCF et la RATP seront notamment touchées par la grève, ce qui s'ajoute à un mouvement existant dans des centrales nucléaires.
- "Troubles à l'ordre public" -
Sur le terrain, les premiers salariés réquisitionnés, forcés de travailler sous peine de sanctions pénales, ont permis de libérer de premiers stocks de carburants par oléoduc (7.000 mètres cubes du dépôt de Gravenchon en Normandie en 24 heures) et par la route (25 camions-citernes de Dunkerque jeudi), sans encombre.
La préfecture du Nord a fait valoir que les réquisitions avaient été décidées en raison de "troubles à l'ordre public" dans les stations-essence, où la longueur des files d'attente, jusqu'à deux kilomètres, a entraîné des frictions, et empêche des professions prioritaires d'accéder aux pompes.
Que demandent les syndicats de TotalEnergies ? La CGT revendique 10% d'augmentation au titre de 2022, contre 3,5% obtenus au début de l'année.
La CFDT, non gréviste, demande pour sa part une augmentation de 8% des salaires.
La proposition faite jeudi par TotalEnergies comporte une augmentation de 6% pour les salariés français, mais pour 2023.
Chez Esso-ExxonMobil, les grévistes de l'une des deux raffineries du groupe, à Fos-sur-Mer, qui n'avaient pas été visés par des réquisitions, ont voté pour la levée de la grève, tandis que ceux du site de Gravenchon-Port-Jerome ont reconduit leur mouvement.